Wolfbrigade - The Enemy: Reality

Chronique CD album

chronique Wolfbrigade - The Enemy: Reality

Que faire quand on est des darons du rock suramplifié suédois depuis plus de 20 piges et qu'on a pondu un album ultime dans le genre Crust Metal, il y a deux ans ?

On va voir la méthode Wolfbrigade.

 

Finissant d'honorer ici son contrat de trois albums avec Southern Lord et débuté avec Damned en 2012, le wolf pack balance d'abord une pochette jaune pétante made in Johan Erken, matinée de figures morbides. Pour bien marquer la rétine et pour mieux signifier que le gang a depuis un moment les deux bottes dans le Metal.

Deux ans, ça fait peu pour certains et beaucoup pour Memoriam. Alors, on peut être méfiant, là, en affichant une moue dubitative concernant le contenu musical de cette 10 ème sortie.

 

C'est mal connaître Wolfbrigade que de douter. Car le canis lupus s'adapte vite, franchissant, à l'aise, les clôtures pour mettre le dawa au milieu des moutons. Et je gage que cette nouvelle attaque organisée du troupeau, leur ouvrira les portes de nouvelles bergeries.

 

"Humans are a narcissistic breed, incapable of real change. This album is a way for us to deal with the fact that we are one of a large pack, submitting to the same societal norms as everyone else. No matter how much we would like it to be different. We are all on the same crazy trip."

 

Wo, wo, wo, les gars ont encore un propos de gauchiscme ou quoi ? On n'est pas là pour se créer un furoncle au cerveau avec des textes un poil dénonciateur et carrément lucides, hein ? On est d'accord, alors causons de rage primitive.

Wolfbrigade nous fait d'entrée sauter sur la table de ping pong comme le roi Kong à qui cet abruti de colonel Preston Packard, brise les balles. Votre femme n'appréciera donc pas l'écoute du bourrin "Sum All Vices".

Mais si elle aime Motörhead, comme la mienne, peut-être que The Enemy: Reality trouvera fugacement grâce à ses yeux injectés de sang, rapport à la table ruinée. Car tout ici respire le slip de Lemmy et sa vision de la musique. Comme d'hab me direz-vous. Et bien non pour de vrai, là.

Bon les deux premières rafales, vous les prendrez en mode Punk HxC. Pourtant, au détour d'un break, on se surprend à sentir une fragrance Metal oldschool qu'on ne connaissait pas avec les Suédois.Pas facile à capter, car le titre d’ouverture et son suivant vont vite et se fond très syndicales dans leur construction, malgré des leads so 90's sur le second.

On attend toujours le hit d'un album de Wolfbrigade. Ici, ce sera "The Wolfman", un scud absolu, avec son intro perceptible sur 67 autres morceaux de la horde, et qui nous prend aux bollocks comme un bombardier marqué d'un as de pique.

Okay, ça y est la fille à son daron a pigé, « on dirait du Motörhead en plus speed papa ».

Sa daronne prend une moue résignée devant cette adversité consacrée. "Hammer To the Skull" lui fera relever un sourcil pourtant. Ce morceau baignant dans le Swedeath le plus velu la fera encore grimacer par la suite.

Dommage. "Narcisstic Breed" se pose en intermède hystérique, pas génial quand on connaît la discographie des Suédois sur le bout du membre. Pourtant le solo speed metal et la mauvaise humeur thrash imprègne le titre.

Le mid-tempo, les Loups n'y sont pas coutumiers. Mais le Entombed an Roll, "Nightmare On Wolves" nous fait opiner du chef et décapsuler une nouvelle roteuse pour proclamer, de façon fugace, notre dégoût de la race humaine. Pas de remplissage, les deux titres suivants sulfatent en 2 minutes et des brouettes. "Human Beast" constitue un second mid-tempo sinistre et ravageur qui prouve que les Loups nous tiennent en haleine même sur la longueur.

Et puis, "Hunt The Hunter" conclue la grosse tarte que constitue The Enemy : Reality, en mode trad. Alors que d'anciens patrons du même coin comme Raised Fist semblent désormais faire de la pop vaguement énervée (Anthems s'annonce pas super), Wolfbrigade terrasse, tabasse et concasse, en Core.

 

Abou al-Baghdadi, juste avant de se faire mitrailler la tronche, aurait lever son pouce en disant à un de ses proches: « Le dernier Wolfbrigade, c'est de la musique de mécréants mais c'est la gueeeeerre ».

Il avait bon goût Abou.

photo de Crom-Cruach
le 18/11/2019

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