Wolves In The Throne Room - Thrice Woven

Chronique CD album (43:00)

chronique Wolves In The Throne Room - Thrice Woven

Winter is coming.

 

Back in the late 90's et jusqu'à peu, on trouvait régulièrement dans les chroniques d'albums ou de concerts l'expression « ça envoie du bois ». Justement, ce nouvel album des Wolves In The Throne Room, directement il envoie, mais surtout, il sent le bois. Même s'ils s'étaient il y a quelques temps autoproclamés morts et enterrés, ce n'est - quand même pas - d'odeur de sapin dont je parle. En grands pourvoyeurs de la nature et des forêts, comme les Immortal d'ailleurs et bien d'autres, la référence peut paraître fumée. Mais il y a un je-ne-sais-quoi qui peut nous y appeler : les grandes orchestrations éclairs, les guitares acoustiques, le son du feu, la voix grave de Steve Von Till - tel celle d'un vieux druide - de Neurosis sur un titre, l'apparition de notes cristallines « burzumiènnes » croisées à des gouttes de pluie pour annoncer l'averse puis l'orage… Voici donc l'ambiance du nouvel album de ces Neil Young du métal (plus ou moins que Gojira, ou que Drudkh, ou que Panopticon ?...), qui, si elle n'est pas nouvelle pour un Wolves In The Throne Room, me paraît ici davantage appuyée.

 

Donc oui, on reconnaît la tanière des loups américains. Tapissée de peaux de vieux groupes black ; avec ces grosses nappes de synthé à peu de touches sur des morceaux étirés très Emperor ; ces riffs courts et écorchés tournés en boucle « à la » premiers Darkthrone ; ces cris de corbeaux des hordes d'antan ; ces médaillons Bathory dans la pénombre de fumées « post » et « prog » en tous genres...

 

Sur ces 5 titres, 4 ont des allures de labyrinthes allant de 8 à 12 minutes. Aux traditionnels accélérations hypnotiques les changements de mouvements pouvant être très posés, voire en rupture, amènent à un certain « floutage » des séparations entre les morceaux. On ne sait plus vraiment si c'est la fin du morceau, un break, un « entracte », ou le début d'un autre. L'album s'écoute donc comme un ensemble. Mais ayant favorisé l'efficacité, on pourra parfois regretter le manque de recherche dans certains riffs ou arrangements, laissant l'album s'entendre plutôt comme un enchainement de mouvements. Des mouvements par contre plus accrocheurs les uns que les autres. Des riffs, des mélodies, directs et mémorables. On retiendra donc davantage des moments que des morceaux. Des moments qui sont terriblement hypnotiques et qui restent collés aux neurones. Qui sur le moment sont extrêmement bons. Mais cela suffira-t-il à faire durer cet album dans le temps. Il manque peut-être un quelque chose de plus complexe pour les distinguer de la meute maintenant imposante.

 

Avec ce Thrice Woven les loups américains, mi sauvages/mi auto-apprivoisés, nous livrent quand même un très beau et puissant disque d'automne.

photo de R.Savary
le 28/03/2018

1 COMMENTAIRE

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 28/03/2018 à 14:16:10

Panthéiste ? Cosmique ou acosmique ? Stoïque ? Pff ça va causer Spinoza là...

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