Xciii - Enlighten

Xciii - "Enlighten"
chronique Xciii - Enlighten

Il y a encore quelques années, le metal français n'était pas réputé pour sa folle originalité. En particulier en matière d'avant-garde, teintée ou issue du BM, et je parle là de la vraie avant-garde, celle qui est en avance sur son temps, pas celle qui fait "pouët pouët" déguisée en Bozo. Ce terrain de chasse était laissé presque exclusivement aux norvégiens. Heureusement que des Orakle, Vindsval ou encore Camille Giraudeau sont venus jeter un monolithe dans le fjord et ont ouvert la voie à un certain nombre de formations. Celle qui nous intéresse aujourd'hui est XCIII, 93 comme pouvait l'écrire Ovide. Il ne s'agit pas d'un hommage au département qui a vu naître Kickback, mais une référence au poème n°93 des Fleurs du Mal de Baudelaire « A Une Passante ». Nettement plus bucolique.



Attaquons par où le bât blesse de ce second album des français: la production. L'équilibre entre tous les instruments est plutôt réussi, l'auditeur parvient à tout distinguer, y compris la basse, qui joue parfaitement son rôle d'appui, même si l'on peut reprocher aux claviers d'être un peut trop discret. Ces derniers mériteraient de gagner en originalité au niveau des sonorités, souvent passe-partout. Mais, ce son général... On est à la limite de l'horripilant. Enlighten donne l'impression de sortir d'une boîte en carton, avec une batterie en contre plaqué (seules les cymbales sonnent à peu près correctement). Les guitares électriques sont ultra synthétiques et manquent de mordant et d'épaisseur.



Heureusement que des années à infliger à mes esgourdes (comme dirait Pidji) des productions de fond de bidet m'ont permis de ne pas me laisser arrêter par ce genre de détails. Du coup, il serait dommage à cause de cela de passer à côté des qualités purement musicales de l'album. Et elles sont nombreuses. D'aspect plutôt classique au premier abord, le metal spatial et atmosphérique de XCIII dévoile son lot de richesses mélodiques, mené en cela par un chanteur au large spectre vocal. Il passe aisément de hurlements BM à des murmures suaves en passant par un chant clair limite pop des sixties ("Pseudobezoar"). Parfois un peu léger quand il s'énerve, il est cependant l'habillage idéal d'une musique qui, si elle inspirée par le Arcturus de The Sham Mirrors, fait preuve déjà d'une forte personnalité. Les musiciens ne tombent pas dans le plagiat irréfléchi et apportant par exemple une touche de mélancolie héritée du post-rock, ou encore une note de trip-hop.



Difficile au final de passer outre cette mise en son rébarbative, qui dilue les efforts des niçois pour propose une musique passionnée et déjà très mature. Je ne demande pas que Bob Rock se penche sur leur sort, mais une production un peu plus solide et agressive permettrait au groupe de réellement dévoiler son fort potentiel.


photo de Xuaterc
le 12/12/2016

4 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 12/12/2016 à 12:46:54

"... et je parle là de la vraie avant-garde, celle qui est en avance sur son temps, pas celle qui fait "pouët pouët" déguisée en Bozo"

Vas-y comment tu parles à ma soeur-qui-nawak-l'beurre !!?!

Xuaterc

Xuaterc le 12/12/2016 à 13:00:39

Elle a qu'à répondre à mes textos, elle m'a quand même laissé en plan suite à une excellente soirée au Pinky Patton

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 12/12/2016 à 13:23:14

Kickback défonce Baudelaire, à sec.

korbendallas

korbendallas le 13/12/2016 à 12:05:46

Kickback c'est des branleurs !

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