Zalem - Stigma

Zalem - "Stigma"
chronique Zalem - Stigma

Zalem ou plus exactement Z A L E M est l'incarnation du groupe intello. Le groupe qui "pète plus haut que son cul", dans lequel chaque musicien nous étale son Bac+15, ses 30 années de conservatoire alors qu'il n'est âgé que de 28 ans et qui est sans doute fan de Pink Floyd  et Magma tout en lisant Télérama qu'il trouve à chier mais auquel il a toujours été abonné.

C'est peut-être un peu ça Zalem avec un digipack  fort soigné, incorporant des dessins stylés IIIe République ou Bas Moyen-âge, des titres aux noms scientifiques à rallonge ou en latin, des morceaux de 10, 12, ou 32 minutes (!).

C'est aussi une étiquette "(post)-rock-progressif", un double album de 90 minutes pour une première sortie.

 

Tout est donc réuni pour se retrouver confrontés à une vaste blague musicale prétentieuse...

Culpabilité confirmée sur quelques passages de "Fives hours twenty minutes and a few light", "Twin sal" et sur "Pandemonium redux"...car au milieu de ces pistes, quelques récitations du poète Denis Péan de Lo'Jo s'invitent afin de briser leur mutisme (à noter les présences de samples cinématographiques sur "Hypnotic oblivion"). Nous reviendrons sur le cas du chant à part de "Panorama Ephemera".

Quant aux autres compositions : elles sont innocentées.

 

Et si derrière cette image pré-fabriquée par quelques indices se cachait un groupe "comme les autres" ?!

 

-Comme ces groupes qui débutent par une introduction ambiante qui se poursuit sur la 2e piste ? 

Oui, Zalem est de ceux-là.

 

-Comme ces groupes qui basent leur structure sur le même modèle progressif que la majorité à savoir : un départ calme / un petit break / une explosion / un decrescendo / une nouvelle explosion et une conclusion calme, posée. 

C'est un peu ça.

En tout cas il y a une réelle volonté de faire parler les instruments, d'emmener loin l'auditeur.

"Stigma" est un voyage chimérique, parfois spatial. Le piano peut être léger sur la 5e piste, le violoncelle peut assombrir le ciel en un passage d'archet.

 

"Stigma" demande des heures d'analyse, des heures d'écoutes attentives, mais ce n'est jamais à contre-cœur. Un peu trop lourd peut-être, il demande une grande concentration pour son contenu (un peu trop) massif.

Les deux cd's sont comme deux jumeaux schizophrènes : tous deux composés de 6 titres ("Panorama Ephemera" est à part encore une fois), chaque piste de la même durée que l'autre cd. Une manière de faire le même voyage en empruntant d'autres chemins...chaotiques en différents endroits.

 

Que l'on ne se méprenne pas, si les créations muettes de Zalem lorgnent souvent sur le post-rock avec quelques envolées ou des arrêts sur des instruments classiques, nous sommes aussi dans un rock dur, violemment et intensément expressif.

La violence ne rend pas "Stigma" moins complexe. Il prend d'ailleurs tout le sens de son nom de baptême : cet album marque, maltraite même. Le groupe a semblé bon de rappeler, dans son livret, le sens de ce terme en latin pour ceux qui douteraient de leurs connaissances étymologiques...et qui n’en douteront plus après la découverte du groupe.

 

Les ambiances comme celles de "Dancing with paranoia" sont des créations minimalistes pour un effet maximal avant son grand final.

Zalem réserve 32 minutes (dont 6 minutes de silence) pour sa dernière piste "Panorama Ephemera". Indescriptibles elles sont juste différentes. 

Nous sommes dans une forme de "post-métal-hardcore-rock progressif malade" : entre hurlements et murmures graves, entre arpèges virevoltants et gros riffs durant 18 minutes. La 2e partie de la piste est une forme d'apocalypse sonore s'achevant par des samples de cris agonisants. 

 

Zalem réussit le pari fou de créer une œuvre complètement démesurée, sans nous offrir le moindre repère (du moins au premier abord), peut-être même sans le moindre sens mais...paradoxalement...sans (trop) écœurer.

Bien sûr "Stigma" demande une certaine prédisposition à avaler des œuvres musicales particulièrement bourratives.

Il sera sans doute difficile de se créer une grande base de fans, par contre, si l'idée de Zalem est de ne pas être "comme les autres" ou de se faire remarquer : c'est réussi avec cette prise de risque rarement rencontrée. La dernière fois c'était avec Alkalys est son étonnant "Chœur Delys".

 

"Stigma" mérite d'ailleurs le même traitement : Génie ou imposture ? Créativité débordante ou collage musical ? Masturbation intellectuelle ou concept sincère ? Seuls les auditeurs de ce double-album pourront juger...

photo de Tookie
le 25/11/2011

1 COMMENTAIRE

ezio

ezio le 25/11/2011 à 23:15:59

Je suis l un des heureux qui possède ce petit chef d oeuvre autant sur le point musical que sur l ambition de ce groupe qui tourne depuis pas mal d années déjà .
En tant qu'auditeur libre je souligne la richesse de l 'écriture , la puissance des mélodies utilisées , la mélancolie et l émotion qui sort de cet album et le coté audacieux me plait vu ce que le groupe propose j en redemande encore .
Je conseille donc aux âmes qui aiment se perdrent la ou d autres seront surement surpris ce double album qui mérite vraiment le débat puisqu il fait parler de lui , musicalement ..

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