Zoebeast - Zoebeast

chronique Zoebeast - Zoebeast

Quand on a la quarantaine, l'été est synonyme de bedaine dénudée surplombant le bermuda, de barbecue de compète débordant de merguez, et de rosé bien frais pour oublier la calvitie naissante. Un peu comme dans une BD de Margerin, voilà voilà, faudrait pas vieillir tiens. Mais quand on a la quarantaine en 2019, l'été signifie aussi Les Négresses Vertes, « Voila-l'été-enfin-l'été », « Sous-le-soleil-de-Bodega » et, forcément, « Zoebeast Zoebeast la Mou-ou-ouche »!

 

… Quoi? Un blâme? Pas même un avertissement avant?

 

Sauf que même s’il collera parfaitement à l’ambiance pack-de-24-sous-la-pergola, le 3e album de Zoebeast dont il est aujourd’hui question ne doit pas rester cantonné à un usage purement estival. Car le Death / Grind / Crossover Thrash’n’Crust enthousiaste des Russes conviendra en toutes saisons et toutes circonstances – enterrement de Papy et Université d’été de Civitas exclus. C’est que peu de changements notables sont à relever depuis le réjouissant Gore Dancefloor sorti en 2013. Et vu avec quel panache celui-ci avait dynamité la morosité ambiante, on est bien content de pouvoir à nouveau compter sur la même énergie et le même capital sympathie!

 

« Sympathie? Réjouissant? Il cause du nouveau présentateur de Motus ou quoi le lapin? »

 

On est d’accord: le champ lexical où l'on puisera le plus abondamment lors de la rédaction d'un papier sur Zoebeast intègre plutôt les termes « grumeleux », « grassouillet », « gruik-gruik » et « groovy ». Sur cet album auto-intitulé (au bout de 18 ans de carrière, le groupe est majeur et affirme donc enfin haut et fort son identité), on n’est pas là pour pique-niquer avec les scouts: on mange son jarret de sanglier à la main après avoir découpé la bidoche à la tronçonneuse et en s’essuyant le gras qui coule dans la barbe d’un revers de manche. Le tablier souillé protège mal la chemise de bucheron qui elle-même n’empêche pas le cuir tatoué de rôtir au soleil, pas plus que le bandana et la casquette Rompeprop n’empêchent la nuque de rougir.

 

Et le festin nouveau auquel nous sommes ici conviés est plus appétissant que jamais, qu’on se le dise! Parce que l’énorme basse de ZDRCSD grésille comme une poêlée de lard au saindoux. Et que le cocktail de l’extrême proposé par ces joyeux margoulins n’est pas devenu moins varié qu’auparavant, toujours situé qu'il est entre Crossover Thrash urbain (avec chœurs de babouins), Grind bicéphale à la Brutal Truth, slammoshin’ tractopelle Death metal, et Punk/Crusteries sauvagement jouissives. Sans oublier des fanfaronneries qui ne tombent jamais dans l’excès Prout’n’Porn – contrairement à nombre de leurs condisciples – et qui permettent de sourire benoitement le temps d’un « Incredible Chilean Adventure » agrémenté d’orgue et de vieux réflexes Punk’n’Roll, d’un « Station » qui commence au saloon, ou d’un « Disco At The Village » qui mélange délicieusement borborygmes Death et mièvreries à la Aqua (on pense également au « Splatter On A Bluegrass » d’Emiliano Sicilia).

 

Mais il n’est pas non plus nécessaire d’aimer les clowneries pour apprécier pleinement ces 13 courts morceaux (2 minutes en moyenne) brûlants comme du charbon arrosé de jus de chipo’. Parce qu’il n’y a pas tellement trace de second degré sur les bœuteries panachées que sont « Ordinary Issue » ou « Spice ». Sur les 2 minutes 30 de l’hyper énervé « Jaques Chirac Ugaren on Musique » on se prend des giffles Crust non stop (ou presque – pause Disco à 1:22, puis solo à la Van Halen). Sur « Rubbing Corpse I Feel No Fear » c’est le plus crouteux des Napalm Death qui déboule, avant de partager l’espace sonore avec de vieux thrasheurs anars. Et comme ces Russes ne sont pas des talibans de l’ultra-extrémisme métallique à la Last Days of Humanity / Brodequin / Devourment, pas non plus besoin d’avoir les oreilles pleines de purin pour apprécier leurs morceaux baignant dans le groove et les bonnes petites mélodies bien punky (exemple parmi d’autres: « Andreika », qui frôle le registre épique). Les loustics ont même calé quelques solos de-ci de-là, parce qu’après tout ça marche bien chez Driller Killer, alors why not?

 

Rien de vraiment neuf, donc, sur Zoebeast. Non: l’album est tout aussi bonnard que son prédécesseur, la barbecue party tout aussi conviviale et réussie que la dernière fois, et les blagues de Riton toujours d’aussi bon goût. Je m’inscris donc d’ores et déjà pour la prochaine édition!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: gras, énervé, groovy, fonceur, rabelaisien, rigolard mais aussi mélodique quand il le faut et carrément accrocheur, le mélange Death / Grind / Thrash / Crossover / Crust de Zoebeast fait toujours autant mouche. Tout est bon chez ces cochons!

photo de Cglaume
le 29/07/2019

1 COMMENTAIRE

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 29/07/2019 à 18:07:22

Gras du bide, oui, mais ultra catchy ! JE VOTE POUR (même si de prime abord, j'étais suspicieux sur l'appellation)

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