Zun - Burial Sunrise

Chronique CD album

chronique Zun - Burial Sunrise

Je comprends le regard à la fois crédule et méprisant du facteur : l’autre jour je reçois une carte postale, vous savez le genre de carte postale avec une photographie du château/mairie d’un petit village où les géraniums sont rouges photoshop et le ciel bleu gauloise. Bref, je retourne la carte, et commence à lire les injonctions me menant à cette chronique.

Je me rends donc chez son frère pour récupérer l’itinéraire qui devrait me mener (vu mon sens aigu de l’orientation…) jusqu’à l’expéditeur.

 

Arrivé chez celui-ci, il me confie un sac de voyage (euh ouais pourquoi pas) ; heureusement que je voyage léger sinon le gros sac aurait fini dans la benne du el camino vert pomme. Je le tasse sous la mono-banquette. Je me prépare à démarrer le big-block quand l’acolyte du moment me tend avec un sourire (qui oscille enter le niais et le narquois) un disque compact en s’exclamant :

- « t’as au moins un autoradio laser dans ton tas de ferraille ? Non je demande vu que tu ne veux pas de fils électriques qui dépassent dans l’habitacle et que ça te condamne au roadbook papelard vu que tu n’as pas de smartphone. »

- « Yep, mais c’est quoi ce disque ? »

- « Oh il est cool la presse l’a adoré, il y a John Garcia qui chante sur la moitié des morceaux et pour le reste c’est Sera Timms, la nana derrière Ides Of Gemini et Black Mare. »

- « tu m’en diras tant... »

 

J’attends que le V8 soit chaud, et j’allume l’autoradio pour écouter cette petite perle, cette merveille, ce bijou, cette splendeur.

OH putain ! la route est droite et chiante, à gauche des champs moches et à droite des champs moches aussi ; je suis en train de rouler sur une route d’où l’on peut apercevoir l’horizon. Je fais une pause pour être bien sûr de ne pas m’être déjà trompé ; après vérification je vais bien bouffer du bitume sur des portions de lignes droites chiantes et chiantes ! 'tain les gars vous n’auriez pas pu mettre un ou deux virages sympathiques en diable, là j’en ai déjà marre, surtout que ça semble durer éternellement.

Il y a bien deux trois courbettes, mais vu qu’elles ne s’enchaînent pas, on a du mal à être excité. Une montée des fois ? Pour varier ? Non, toujours pas. Seulement une ligne droite perdue au milieu de nulle part. Si au moins l’anonymat de la route était cassé par des lieux remarquables ; mais non, toujours les mêmes poncifs. On s’ennuie ferme, on a mis l’overdrive depuis une plombe, on maintient la vitesse constante en faisant un effort pour rester concentré. C’est pas l’envie qui manque de bifurquer pour voir si c’est mieux ailleurs (et il y a des chances que se soit mieux), mais bon, ce qui compte dans ce voyage ce n’est pas la route mais le but. Après je suis grognon mais la route est plutôt confortable, on n'a pas tout perdu, mais si je ne suis pas un fana de l’orangina, j’aurais aimé être un peu plus secoué. Au moins, être ballotté suscite un minimum d’attention, alors que là, j’ai envie de mettre mon cerveau en mode roue libre.

 

Ahhhh, me voila enfin arrivé ! Ce voyage fut laborieux et chiant, d’un ennui profond (si ça vous avait échappé, je préfère insister).

Et la grosse déconvenue : les géraniums sont des bégonias rosâtres, et le ciel bleu est ensemencé de nuages paréidolies.

N’empêche qu’elle s’est précipitée sur moi comme la peste sur le choléra. Je ne sais pas si c’est la route sans intérêt ou ce voyage lassant, mais je suis hyper content de la voir (bon à ce moment on est plus proche de l’auscultation que du reste).

À mon expression elle ne me demande pas si j’ai fais bon voyage, au moment ou je sors son bagage elle passe en revue son contenu. À partir de la je ne me souviens que des expressions « shirt boom-poum rouge carmin » et « Lady In Gold », après j’étais en pls.

 

 

Euh je ne vous ai pas parlé du disque, bah Zun alors.

 

Achat ou pas : une malédiction sur 13 générations, ça te botte ?

photo de Sepulturastaman
le 20/09/2016

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