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Les dossiers Nostromo - Retour sur les rééditions de trois disques cultes !

Nostromo  - Retour sur les rééditions de trois disques cultes ! | COREandCO

Pour revenir aux sources de Nostromo, il faut parler de temps lointains durant lesquels on conversait avec un téléphone filaire, on faisait une recherche sur le Minitel et on regardait Vidéo Gag à défaut de se marrer sur une chaîne Youtube consacrée aux chutes de chatons.

Nous sommes en 1996-97, une partie de la jeunesse européenne s'identifie aux ados d'"Hartley Coeurs à vif", l'autre rêve d'être les Brandon, Dylan ou Brenda de Beverly Hills. 
Certains ont aussi la bonne idée d'éteindre leur TV et d'aller se chauffer les cervicales dans les salles de concert. À cette période là, ça valait sacrément le coup de traverser le Lac Léman car la scène helvétique (Genève et Lausanne en tête) était en pleine émulation. Doucement, la Suisse a vu apparaître des groupes qui ont mis de belles branlées au début du troisième millénaire : Shovel, Shora, Knut, Fragment, Impure Wilhelmina, Unfold et...Nostromo.

Les cinéphiles y voient une référence au vaisseau d'Helen Ripley dans Alien, les littéraires songent au roman de J. Conrad. Plus rares, les amoureux de poisson pensent à la marque de thon en boîte.
Peu importe, les fans de musique vénère pensent aujourd'hui à ce groupe qui de 1996 à 2005 a provoqué quelques bleus.

 

Après 10 ans de séparation, le groupe annonce en 2016 sa reformation et une tournée avec Gojira : un groupe avec lequel les 4 suisses avaient partagé quelques scènes durant leur première vie. Ce retour qui appuie sur la corde nostalgique des mélomanes hurlants s'accompagne d'une remasterisation et d'une réédition de leurs trois albums criards.
"Argue", "Eyesore" et "Ecce Lex". L'occasion de faire un petit retour sur trois disques qui ont marqué leur époque et le grind.

 

"Argue"

 

 

Après un deux titres que quelques collectionneurs gardent bien au chaud chez eux (avec Selfish blues que l'on retrouve sur ce disque), Nostromo enregistre en 1997 son premier album au Studio des Forces Motrices dans sa bonne ville de Genève.
À l'époque, c'est certain : tout le monde se branle de Nostromo. Les infos mettent du temps à circuler, on ne découvre pas un groupe en deux clics et le style demeure confidentiel.
"Argue" est pourtant le bourgeon de la claque que le groupe mettra dans les années suivantes.
On repère direct les genres affectionnés et mélangés : du grind, du hardcore et quelques traces mathcore et de metal.
La basse est alors crasseuse, lourde. Le chant, hyper hargneux se pose sur une guitare qui mitraille alors que la batterie bombarde.
Durant 30 minutes, l'album déroule sur un rythme effreiné (les excitations folles et mémorables de "Next step" ou "The third") : ça joue vite, ça joue fort et finalement, ça manque de variations puisqu'on a tout le temps la sensation de se faire violemment engueuler. Une platitude dont on s'accommode parfaitement quand on est amoureux de musique dite extrême.
Ce tabassage longue durée est aussi l'occasion de vérifier l'étendue des influences bien digérées par le groupe puisqu'aucun genre ne se détache. C'était certain dès sa sortie : "Argue" est un bon album. 

 

 

"Eyesore"
 


 

Les 20 minutes d'"Eyesore" sont l'occasion de vérifier le côté hybride de la musique du groupe.
Aujourd'hui encore le son manque peut-être de patate et de propreté. Enregistré au Smelly Room Studio, toujours à Genève, il ne pourrit pas pour autant les compos de Nostromo qui sont dans une certaine continuité d'"Argue".
Plus longs mais moins exictés, les titres n'en demeurent pas moins agressifs et sont sans doute les plus "déstructurés" de la discographie du groupe. On découvre des phases plus posées (la lourde basse et le passage limite acide jazzy de "Collapse"), des syncopes qui rendent épileptique...et une rage qui passe un cran au-dessus.
Avec "Epitomize" l'ultra-violence s'affine et donne une idée de ce que sera "Ecce Lex".
"Eyesore" c'est aussi une double reprise de "Twist the knife" de Napalm death, évidente inspiration du groupe. La première se retrouve à l'avant-dernière piste...la seconde en guise de titre caché.
Si la première est conventionnelle mais vaut le détour, c'est la seconde qui lâche toute l'essence "punk" du groupe puisqu'elle est uniquement jouée avec une boîte à rythmes, des guitares a capella et un chant craché à partir de borborygmes gras : du génie.


À l'époque on achetait des disques aussi parce que la "pochette donnait envie (un réflexe un peu perdu aujourd'hui) : "Eyesore" a sans doute convaincu, par son visuel, des curieux pour son image coup de poing. Un échauffement pour les yeux avant de s'en prendre plein les oreilles.


 

 

"Ecce Lex"

 

"Argue" et "Eyesore" ont permis aux suisses de se faire un nom, de traverser les Alpes et de tourner en France...puis en Europe. Ils vont alors se lier d'une amitié professionnelle avec les gars de Nasum et en particulier avec le regretté Mieszko Talarczyk.
"Wesh les gatzouilles, viendez dans mon studio, on va faire un truc ensemble !" C'est sans doute, à quelques variations près, ce qu'a dit le chanteur suédois.
De cette collaboration sonore va naître un album devenu mythique pour quiconque aura eu la bonne idée de poser une oreille dessus.

 

Encore une fois, tout commence avant la première seconde de musique. 
"Ecce Lex" que l'on pourrait traduire par "La loi est ainsi faite" est illustré par la célèbre peinture de Victor Hugo : "Le pendu". Ambiance.


Nous sommes en 2002 et le son qui va sortir est un énorme bond en avant pour les musiques extrêmes.

Le sifflement qui annonce le démarrage brutal de l'album en dit long sur l'expérience de 33 minutes qu'est ce disque. On sent tout de suite le fossé entre les précédentes productions et celle-ci. Claire, cristalline, extrêmement lisse : elle pourrait être un blasphème pour les fans old-school si ce n'était pas pour mettre mieux en valeur l'agressivité du groupe.
Mais là encore, Nostromo surprend. On pouvait reprocher sur les deux albums précédents une certaine linéarité dans la violence. Cette fois, il y tout. Un déferlement purement grind de 16 secondes pour le titre éponyme, un interlude bien nommé "End's Eve" (piste calme avant la tempête), tout comme "Turned black" qui débute par une simple guitare acoustique avant de finir dans un fracas sonore. Puis il y a l'OVNI screamo/grind "Sunset motel" dont l'intensité ne ressemble à aucune autre.

 

Nostromo propose des titres bien construits, longs (4 minutes en moyenne).

"Faites une musique qui surchie, pas la guerre" semble dire Nostromo en proposant une batterie toujours aussi épileptique, un chant hurlé qui vient du fond des tripes et un jeu toujours aussi rapide.

La dernière et principale qualité d' "Ecce Lex" reste sans doute sa (relative) accessibilité.
S'il n'est pas difficile de contenter le fan de musique extrême avec une telle intensité, l'album est  aussi écrit de manière à pouvoir toucher tous les fans de toutes les musiques énervées. La production ne manque pas de relief, les compos ne sont jamais linéaires : "Ecce Lex" a quelque chose de "bondissant" (le son de la basse est à la fois rond et brutal) qui l'empêche d'être lassant et il va à l'encontre des poncifs de son genre sans lui tourner le dos.


Certains disques touchent du doigt la perfection. Celui-ci la fiste jusqu'au poignet.

 

 

Rapidement devenu culte, "Ecce Lex" fut suivi par "Hysteron Proteron" l'année suivante. 

Nous sommes en 2004 et le groupe surprend encore son monde avec un disque acoustique qui reprend leurs compos pourtant si vénères. Cet étrange objet musical va prendre lui aussi une stature d'album culte avant que les suisses ne se séparent pour une dizaine d'années.

En 2016 née alors la rumeur d'une reformation : un acte décidément très à la mode...

Des dates en support de Gojira en plus de celle du Hellfest sont annoncées ainsi que la réédition de ses trois premiers disques : les fans aux cheveux aujourd'hui grisonnants sont aux anges mais attendent toujours patiemment l'annonce d'un nouvel album...

 

 

Où acheter les rééditions des albums de Nostromo ? 
Là.

photo de Toukene
le 27/04/2017

Commentaires

pidji

pidji le 27/04/2017 à 10:11:12

Le "Ecce Lex" est pour moi leur apogée, cet album est énorme. Et le "Hysteron Proteron" qui a suivi démontre tout le talent du groupe, capable de retranscrire tout ça en version acoustique...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 27/04/2017 à 11:36:56

ARGUE est un exxxxcelent album : nuance

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 27/04/2017 à 11:38:28

Pour la chtite histoire, z'ont fait un album acoustique car ils s'étaient fait carotter leur matos.

toukene

toukene le 27/04/2017 à 14:41:53

Euh ce n'est pas ce que j'ai pu lire. C'est simplement la conséquence studio d'un live réussi... (Lu dans diverses interviews d'une époque certes lointaine)

pidji

pidji le 27/04/2017 à 16:51:59

Oui comme Toukene, jamais entendu parler de ça ?

daminoux

daminoux le 28/04/2017 à 12:56:25

comme j'ai decouvert le groupe avec Ecce Lex c'est mon préféré. je vais faire sensation au hellfest avec mon sweat a capuche nostromo d'époque

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 28/04/2017 à 18:22:24

Aucune idée où j'ai pu lire ça mais j'ai peut-être confondu avec Nirvana.

GillesGVA

GillesGVA le 04/05/2017 à 12:38:02

OUI je confirme que nostromo a fait un live acoustique à Genève dans le cadre d un festival ( j y etai) suite au retour super positifs du public, ils ont décidé de continuer l expérience avec la sortie d un CD

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 04/05/2017 à 13:05:28

C'est la faute à Marine et à tous ses fakes. Désolé !

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