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Les Reports The Goaties + Slaughterhouse Brothers / Espace Jean Vilar - Ifs (14) / 14/09/2017 (Report)

The Goaties + Slaughterhouse Brothers, le 14/09/2017, lieu : Espace Jean Vilar - Ifs (14) - report du concert | COREandCO

Les Reports The Goaties
The Goaties

Les Reports Slaughterhouse Brothers
Slaughterhouse Brothers

Il n'y a pas forcément besoin de faire dans le sophistiqué pour passer une bonne soirée. C'est bien connu : c'est souvent les choses les plus simples qui sont les meilleures ! Pour un concert, ça peut être pareil. Point besoin d'aller faire des centaines de bornes, ni même une grosse salle, encore moins des putains de gros groupes archi-connus. Parfois, il y a juste besoin d'aller dans la ville d'à côté, dans un tout petit local associatif ressemblant plus à une salle des fêtes qu'à une véritable salle de spectacle, avec une affiche 100% locale. En ce jeudi 14 septembre, c'est exactement ce que j'avais envie de faire. Parce que squatter les bars afin de profiter des soirées étudiantes et ainsi appuyer mon statut d'ado attardée, c'est cool mais il faut savoir parfois varier les plaisirs. Exit la terrasse enfumée et blindée jusqu'à la moelle de toute cette nouvelle génération d'universitaires fraîchement envolée du cocon parental de mon repère hebdomadaire favori – parce qu'il vaut mieux attendre que la dure réalité dissipe leurs bouffées délirantes à grand renfort de mauvaises gueules de bois et bourses vides dès la seconde semaine du mois – et partons en quête d'adrénaline sonore. D'autant plus lorsque c'est pour la bonne cause étant donné que tout l'argent des entrées et des consommations a été reversé à Baclesse.

 

C'est aux Slaughterhouse Brothers d'ouvrir le bal. Nullement de la même famille comme peut le laisser à penser son patronyme, ces Caennais nous livrent un blues rock teinté de saveurs 60's / 70's plutôt sympathique. Tout du moins, en condition de scène. D'autant plus que pour une petite salle associative plutôt modeste, le son reste très correct. Les titres s'enchaînent et on se laisse facilement entraîné par leur musique. Certes, elle n'ira pas réinventer la poudre mais il faut reconnaître que les bougres sont en place et savent titiller juste ce qu'il faut les plans aussi efficaces que maintes fois éculés. Un bon point qui n'est pas sans cacher une conséquence fâcheuse : si ça passe sur les planches grâce à des ziqueux à la fois au point, sympathiques et authentiques, il y a fort à parier que c'est pile poil le genre de truc qu'on ne retiendra pas de manière aussi positive sur disque. Les influences sont à la fois nombreuses et assez mal digérées. Tellement nombreuses et transparentes qu'on a parfois un peu de mal à savoir où le groupe veut en venir en terme de ligne directrice et, surtout, de personnalité. Malgré tout, ne soyons pas non plus trop durs : qu'il aillent lorgner sur les lignes vocales de Placebo, dans les guitares wah-wah-tisantes vaguement hendrixiennes, au yéyé'n roll à la Elvis Costello ou vers du planant floydien, les frères de l'abattoir le font bien et, à défaut de convaincre dans les conditions plus intimistes du huit-clos auditeur/galette, passent bien le cap de la scène apéritive.

 

Après la mise en bouche, on ne s'accapare pas d'entrée superflue puisqu'on passe directement au plat de résistance. Même s'il y a fort à parier que ce nom ne vous parle pas si vous n'êtes pas de la région, The Goaties jouit quand même de sa petite réputation sur le plan local. Pas forcément pour sa discographie rachitique car uniquement composée d'un album, Sueur Froide (2014), et d'un EP récréatif fraîchement sorti de presse, mais surtout sur le fait que le trio donne pas mal de concerts sur Caen et alentours, que ce soit par le biais de première partie, de tête d'affiche, de tremplin ou de festival. Faciles et ouverts à toutes les positions telle une nymphomane en chaleur en somme ! Ayant déjà eu l'occasion de les croiser une fois il y a un petit moment de cela lors d'un concert particulier et gratuit dans lequel le groupe avait mis les petits plats dans les grands : plus de costumes, plus de jeu théâtral, plus punk, plus trompette/guinguette et des invités. Et franchement, même si on est loin d'être dans le délire visuel jusqu'au-boutiste du shock rock à la Alice Cooper et de l'horror punk à la Misfits, il fallait admettre que The Goaties, malgré leur jeune âge, envoyait sévère. Tant sur son « punk des collines » bien foutu, dynamique et attachant que sur ses ziqueux à l'énergie et communication intarissables. C'était l'occasion ce soir de les voir en configuration classique, c'est-à-dire, en trio, sans trop de chichis visuels et devant une assistance bien plus réduite, à savoir entre 100 et 200 personnes à vue de pif.

 

Après un petit discours d'une organisatrice nous remerciant de nos dons, c'est un trio un brin costumé et maquillé en blanc qui ne s'est pas dégonflé face à ce contexte bien plus drastique qui entre en scène. Joviaux et visiblement heureux de « s'être faits de nouveaux copains » en parlant des Slaughterhouse Brothers, les trois bougres ne tardent pas à s'exécuter, avec application et bonne humeur. Et ayant été bercé trop près des murs punk dans ma petite jeunesse, je dois bien admettre avoir davantage apprécié ce contexte tout en simplicité. Plus rentre-dedans en terme d'énergie musicale, le répertoire des Goaties s'inscrivant dans la lignée de l'authenticité 70's du mouvement en se permettant quelques retournements stylistiques aussi putassiers que bien amenés (« Mon Gibier » et son intro punk partant inopinément vers un riff principal complètement reggae en guise d'exemple), on a vite fait de secouer sa crinière et se trémousser. Et même si l'assistance est considérablement maigre par rapport à une salle qui aurait pu loger aisément le double, on peut toujours compter sur sa petite bande de groupies présente en toute circonstances afin de motiver les troupes dans l'égosillement et le pogotage intensif. Même si les Normands n'ont nullement besoin de pratiquer la traite des fans afin de mettre l'ambiance. Entre les paroles des chansons majoritairement en français totalement absurdes, quelques hits bien efficaces tels « Cold Sweat » ou « Pô Encore » entre autres et les nombreuses interventions pleines d'humour, on ne peut que finir par se laisser séduire par ces bêtes de scène. Entre un guitariste qui n'hésite pas à faire une démonstration de gym en plein milieu d'une chanson dans la fosse et un bassiste « vachement content d'être là car comme ça, je suis sûr qu'il y aura des sous pour me soigner si des fois je chope le cancer demain », on ne peut que s'amuser de tant de pitreries et de facéties. On n'est pas sans penser à une sorte d'Ultra Vomit version punk, aussi délirant et grotesque qu'il se montre paradoxalement bon et professionnel en terme de prestation et de technique, surtout au vu du jeune âge des protagonistes (la petite vingtaine un brin passée). Notamment sur le « Joue-Moi Du Violon, T'Auras Des Cousins » final où Joseph troque sa basse pour une trompette qui s'accorde parfaitement à une clôture de show efficace avant rappel, aussi simple soit-elle dans son utilisation. Bref, les Goaties nous livrent une excellente prestation sur laquelle personne ne semble s'être ennuyé une seconde. En espérant les voir sortir un nouvel album long format aussi sympathique que le premier et qui leur permettra d'accroître davantage leur notoriété et sortir ainsi des frontières régionales !

photo de Margoth
le 03/10/2017

Commentaires

cglaume

cglaume le 03/10/2017 à 12:15:44

C'est que ça donnerait envie d'aller applaudir Maurice et ses Wisigoths dans une grange de ma cambrousse natale tout ça ! :D

Freaks

Freaks le 03/10/2017 à 14:47:57

Je trouve que localement les Goaties monopolisent un peu trop l'attention. Voilà ce qui arrive quand on est monté en épingle par la SMAC du coin. Ça me navre un peu le coté exclusif et caution Punk de ce groupe. Je crois qu'ils sont passés à coté de quelque chose ;)

Margoth

Margoth le 04/10/2017 à 12:57:10

Ah et j'ai oublié de dire que la bière n'était pas dégueulasse : locale, bio et pas chère.

Freaks, c'est vrai qu'ils sont très présents... peut-être justement parce qu'il n'y a pas tellement de concurrence. Tout du moins, dans le côté bas-normand (la haute-normandie est bien plus fournie). Sur Caen, les bons petits groupes metal/rock ne sont pas légions et en terme associatif, ça ne vole pas bien haut en ce qui concerne l'organisation de concerts. Ce qui est un peu con car la ville a des salles et bars propices d'accueillir mais les acteurs ne semblent pas forcément très motivés à le faire (tout du moins, pas dans le rock/metal en général) comparé à d'autres villes. Alors autant dire que les SMAC du coin, tellement frileuses, ne sont pas prêtes d'encourager un groupe de metal extrême, elles préfèrent largement s'occuper de combos de pop/rock sucrés jouant sur plus sur la bogossitude que sur la musique ou de rap (The Goaties, à ce niveau fait office d'exception, on reconnaîtra au moins ça).

Freaks

Freaks le 05/10/2017 à 15:03:15

Tu n'as pas forcément tort Margoth.. Les assos sont peu nombreuses sur Caen mais par contre c'est qualitatif (Assomoir, pétroleuse, l'étourneur) Pour ce qui est de Goaties, j'aime pas les success story, si modeste soit elle ;)
T dans la région de Caen du coup?

daminoux

daminoux le 06/10/2017 à 14:27:13

Il y aussi un probleme de public a caen.... j'ai fais plusieurs concerts a la petroleuse un lieu plutot sympa malheusement loin du centre ville. et chaque fois malheusement il n'y a personne dans le public.

Freaks

Freaks le 06/10/2017 à 18:17:02

C'est dommage car pour certains événements (Strabisme, concerts de soutiens...) il y a du monde mais ce n'est malheureusement pas la norme. le lieu souffre aussi de son image Anarcho-Punk conspirant dans l'ombre ;)
Le 18 il y aura du monde Daminoux ;)

daminoux

daminoux le 07/10/2017 à 10:57:45

j'espere aussi. en plus l'affiche est vraiment bien. c'est vrai que le lieu a un coté trop politisé et loin de centre ville.

Margoth

Margoth le 08/10/2017 à 18:56:36

Oui, j'habite à Caen actuellement. Après, je pense que le problème dans cette ville est un tout : manque de groupes, manque d'asso, manque de public (connaissant une tranche des metalheads, ils ne sont malheureusement pas forcément ouverts ni même curieux d'aller sur des concerts à l'aveuglette juste pour le plaisir de la découverte), manque de transports en commun, manque de com', etc...

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