A Shape - Iron Pourpre

Chronique CD album (45:18)

chronique A Shape - Iron Pourpre

Des travaux new-yorkais compilés par Brian Eno en 1978 – No New-York – à l'estimable sélection du feu-sous label All Blacks BV – Serial Killer Volume 1 – parue en 1993 ; en passant par tous les albums réalisés par Sonic Youth durant ces 15 années, on peut mesurer la force d'attraction, voire l'obsession pour certains à défendre le rock bruitiste, amoché, souvent accrocheur.

La sortie cet opus de A Shape, nous ramène invariablement vers le meilleur de la Noise, en France pour le coup.

Si la Noise s'est développée partout, c'est dans l'Hexagone que l'on retrouve un savant mariage entre dissonances, harmonies, puissance et une vraie ouverture d'esprit.

Les fameuses 90's nous auront apportés quand même des Condense, Deïty Guns puis Bästard, Sloy, Virago, Drive Blind et Portobello Bones pour les plus notables.

À une encablure de ce G6, Prohibition, Purr et Heliogabale, pour les plus aventureux.

Heliogabale dont on retrouve la chanteuse Sasha Andrès aux commandes du quatuor.

 

Iron pourpre est le deuxième album de la formation qui accueille un nouveau batteur Anthony Serina et des invités de haut-vol. Le guitariste Philippe Thiphaine sur l'excellent « Echoes » ; morceau épique où les 2 anciens Heliogabale croise le fer rouge avec plaisir ; et Quentin Rollet  - Prohibition - qui enrichit la deuxième partie de l'album avec son jeu au saxophone et quelques lignes de Korg Monotron sur le très Sonic Youthesque « Random Error ».

 

À lire ces premières lignes, on pourrait penser que l'on se retrouve avec une amicale d'anciens combattants, le regard tourné vers le passé. Si dans les sons et les ambiances, on s'y retrouve, ce serait faire oeuvre de mauvaise foi de cataloguer cet album de la sorte. Après tout, la plupart des groupes chroniqués dans cette bonne maison ne font pas autre chose, ils le font autrement. Ici, outre les trouvailles guitaristiques, l'aplomb du binôme basse-batterie, on retrouve une âme forte et marquée.

A Shape se démarque des aînées par des compositions solides, inventives et libres.

 

Armés d'une poignée de morceaux épiques et puissants « Black Mamba », « Echoes », « Crave », « Trans » en terminus ; A Shape prend un malin plaisir à se fondre dans les couches riches de leur électricité dévoyée. Parfois groovy dans les rythmes pour mieux porter des guitares rugissantes, froid et clinique pour mieux porter les fêlures susurrées par Sasha qui se meut parfois en spectre d'une Lizzy Mercier-Descloux – On les verrait bien reprendre « Herpes Simplex » - avant de rugir comme une Lydia Lunch « Echoes » à nouveau comme pièce maîtresse.

 

Iron purple en ressort comme le choc d' un accident de circulation. Au loin, on voit les fumées, des liquides chauds s'écoulent des moteurs qui tournent encore, chevrotent, quelques pièces de métal rougeoient toujours sur le sol humide. Le froid et là, le temps est pluvieux et les 4 rescapés, au bord de la route, saignent et frottent leurs contusions cachées dans leurs manteaux noirs.

Ils restent dignes le regard au loin, le sourire aux lèvres.

photo de Eric D-Toorop
le 21/10/2020

2 COMMENTAIRES

pidji

pidji le 21/10/2020 à 16:22:38

Agréablement surpris par ce disque, une belle découverte !

Alain caron

Alain caron le 03/11/2020 à 11:52:14

Je suis satisfait

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