Bandant ! Vraiment bandant ! Un coreux aussi radical que Chris Spencer (
Unsane) allié à des musiciens issus de mythes comme
Oxbow et
Einstürtze Nebauten (avec Niko Winner et Ari) ne peut-il que faire des merveilles ? Avait-on la moindre chance d’être déçu par
Celan, l’hypothétique alliance du noise le plus haineux allié à l’indus le plus conceptuel, le tout associé au post blues (oui, j’invente aujourd’hui) le plus décadent ? Je ne connais pas la réponse à cette question mais je sais que, pour le coup, je suis tout sauf déçu.
Alors, oui,
Unsane, ça saute directement à la gueule sur la plupart des compos de ce merveilleux premier album. De
All this and everything à
Wait and see en passant par
One minute, on reconnait immédiatement la patte de Spencer avec ses hurlements si familier, ses riffs bluesy sur-plombés et les ambiances urbaines et violentes qu’il aime à nous dégueuler depuis presque 20 ans dans sa principale formation. Mais non, ce n’est pas tout, loin s’en faut ! Si la musique d’
Unsane est brute et sans concession (ou si peu), Les chansons de
Celan sont plus nuancées, plus arrangées et beaucoup plus variées. De cette ultime alliance sort donc en effet une bête à trois tête on l’on ressent clairement l’apport des trois superstars (ah oui, il ya a 2 ex-
Flu.ID dans la galère aussi… connais pas) : Du bon gros blues hardcore avec des mélodies bien gaulées, des ambiances décalées et des arrangements électroniques vraiment plaisants.
Mais tout cela va tellement plus loin encore une fois ! Bien plus qu’une simple addition de talents, Celan nous prouve avec Halo que les musiciens embarqués dans l’histoire font leur propre musique, assez indépendamment de leurs aspirations passées. Effectivement ils savent mettre de l’eau dans leur vin pour obtenir la quintessence des compos de
Celan : la voix de Spencer sait se faire plus mélodique, les guitares de Niko Winner se montrent moins tordues, les bidouilles et les claviers d’Ari sont moins froids et tous servent les morceaux avant tout… Bref, dans
Celan, tout respire l’unité et la cohérence. Mais ce n’est pas pour autant que l’on se retrouve avec un album monotone et convenu, bien au contraire ! Tout ici est dans l’alternance et dans la nuance. On passe, en effet du noise brut de
A thousand charms à la puissance mélodique, émotionnelle et dense de
Sinking ; sans oublier non plus les mandales indus (
Weigh tag), les magnifiques plages ambiantes (
Washing Machine), les moments de chaos sonore sombres et poisseux (
Train of though,
Its low), les ralentissements cataclysmiques (
Wait and see) sans oublier un final très post rock, tout en mélodie, en progression et en sensibilité (
Lunchbox). Au final, on se retrouve avec un album parfait, où l’on trouve à boire et à manger, un festin qui s’avère de plus en plus divin à chaque écoute. Incontestablement une œuvre majeure et, à mon sens, l’album de l’année à ce jour (si vous trouvez une autre chronique de moi où je dis la même chose, dites vous que c’est normal et que je ne suis qu’un homme après tout).
Sam le 01/07/2009 à 14:06:15
Mmmmmmm... Intéressant tout ça, faudra que j'y jete une oreille OMOKU