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Les dossiers HELLFEST 2011 - Report vendredi 17 juin

HELLFEST 2011 - Report vendredi 17 juin | COREandCO

Légende :

 

 
Pidji
 
Swarm
 
carcinos
 
Cglaume
 
Viking Jazz
 
 

 

HANGMAN'S CHAIR

Terrorizer tent / 10h30

[ Viking Jazz] Premier concert du week-end avec nos chers parisiens qui vont enfumer de gras et de fuzz la Terrorizer Tent de si bon matin. Nouveau line-up, nouvel album qui ne fait pas l’unanimité, voyons voir ce que donne le combo et ses prestations live. Quelle surprise, et quelle baffe ! Un son de gratte épais comme du saindoux (bien plus puissant à mon goût que sur Leaving Paris) qui met en valeur les riffs bluesy des deux premiers albums du groupe et un chant juste et assuré sont les ingrédients parfaits pour la recette ultra calorique de nos frenchies.
Une bonne prestation qui met tout le monde d’accord par sa rondeur et son groove et qui assure à l'avenir pour le groupe qu'il peut peser lourd sur la scène internationale. Un set qui montrera la force du quatuor sur les planches et qui réconciliera les détracteurs de leur dernier effort avec un bonne mandale velue dans la tronche. On en redemande !


[ Carcinos ] Arrivé parmi les premiers (et surtout grâce au temps gagné par le pass presse), je m'attendais à ne voir personne assister à l'ouverture de la Terrorizer tent par le quatuor Parisien. Et pourtant, beaucoup avaient répondu présent au rendez-vous. Et je suis prêt à parier qu'aucun n'a été déçu. Depuis que HxC dispose d'un line up stable, ils peuvent jouer sur de plus grosses scènes, dont celle du Hellfest. Si je préfère malgré tout la voix de l'ancien chanteur Keo, je ne renierais absolument pas la qualité du dernier et de sa présence. Un excellent chanteur qui n'en met pas une seule de côté. Je préfères aussi les titres de l'ancien album, mais je comprends tout à fait que la quasi totalité du set lui préfère le dernier. Ceci dit on a tout de même eu le droit à un superbe "no rest i've found". Un son remarquable, un groupe mature taillé pour la scène, des compositions pertinentes, bref une très bonne entrée en matière.

 

KLONE

Main Stage 2 / 10h30

[ Pidji ] Partit tôt exprès pour voir Klone démarrer ce festival, je n'entendrai malheureusement que "Army of me", la reprise de Bjork, qui clôt leur set. En effet, pas mal de monde a eu la même idée que moi : arriver à 10 heures pour récupérer son pass. Du coup, plus de 30 minutes d'attente, et je n'ai plus qu'à me morfondre en écoutant le groupe jouer, alors que je suis dans la file d'attente. Grrrrrr.

 

SUICIDE SILENCE

Main Stage 2 / 11h40

[ Cglaume ] Quoi de mieux pour commencer un festoche qu’un groupe de d’jeunes ricains bien vénères ? Suicide Silence évolue dans un metal/deathcore tatoué bien typique du genre, mais pas non plus trop gruikeux… Et je dois dire qu’en live, avec de gros moyens (et jugé sur une moitié de set seulement), ça réveille et met plutôt de bonne humeur, même sans connaitre un traître morceau de leur discographie. On se dit par contre assez vite que sur CD, il y a moyen que ça soit très rébarbatif. D’autant que pour en rajouter dans le cliché, le groupe nous présente un nouveau titre, « Fuck everything », assez fortement marqué Biactol metal. Dans le genre « When you’re 555, then I’m 666 », ça se pose là. M’enfin le vieux con qui vous parle ayant naguère pris son pied sur le « Fuck You » d’Overkill, il serait bien mal placé pour railler la démarche…

 

ARCHITECTS

Main Stage 1 / 12h15

[ Viking Jazz ] Si les anglais venaient défendre outre-Manche avec conviction leur dernier album en date The Here and Now (après avoir annulé l’an passé leur venue à Clisson), la pluie battante qui les a accompagné durant leur set n’a pas dût les dépayser. Malheureusement les conditions météo ont joué en leur défaveur et c’est avec un son tout bonnement pourrave que le combo à déroulé sa prestation devant un public plus trempé que motivé. Si les morceaux les plus pêchus des deux derniers disques passent relativement bien le cap de la scène sans trop de surprise (autant bonnes que mauvaises d’ailleurs) le véritable coup de force d’Architects c’est ses parties mélodiques. Le chanteur assure ses lignes parfaitement (malgré quelques libertés) et la sauce prend plutôt bien sur les passages clairs et plus envolés ("Learn to Live"). Dans un registre similaire je pense qu’Underoath aurait plus fait le poids dans un festival comme celui ci, peut-être que la Main Stage 1 était disproportionnée et que l’horaire ne leur permettait pas de proposer un set aussi efficace que leurs albums.

 

MALEVOLENT CREATION

RockHard tent / 12h15

[ Cglaume ] Il est temps d’aller se ressourcer à l’école du death floridien en compagnie de Malevolent Creation. Avant que ne commencent les hostilités, c’est le moment des retrouvailles fortuites avec Black Mass - le plus chtarbé des fans de Whourkr -, puis avec un Cobra Commander déjà passablement cuité. Et c’est parti pour 40 minutes de death à l’ancienne bien costaud, même si ce n’est pas encore LE concert qui fera monter l’adrénaline dans les zones rouges de l’adrénalinomètre. M’enfin le groupe envoie la sauce bien comme il faut, ce qui permet à la joyeuse troupe Core&co-ienne d’entretenir son taux d’alcoolémie le long d’une bonne séance de zouk viril de circonstance.

 

KRUGER

Terrorizer Tent / 13h30

[ Pidji ] Je pensais arriver à temps pour le début du set de Kruger, mais l'interview d'Eyehategod a duré plus longtemps que prévu. Résultat : le groupe a déjà commencé depuis un quart d'heure quand je me pointe devant la Terorizer, blindée à cause du temps, mais sûrement aussi grâce au groupe. Car il faut avouer que Kruger a balancé un excellent concert ! J'en attendais pas grand chose pour tout avouer, mais le jeu des lumières et de l'énorme nuage de fumée sur le groupe, associé aux compos les plus virulentes des suisses font un effet monstre. Le côté "je m'en foutisme" du chanteur quand il parle au public ("bon bah on vous en fait une dernière") est totalement contradictoire à sa prestation, vraiment bonne. Les passages plus calmes sont vraiment enivrants et lorsque ça repart, ça donne l'effet d'une bombe dans la tente. D'ailleurs, c'est moi ou le son est plus fort cette année ? Une bonne surprise en tout cas.

 

DODHEIMSGARD

RockHard tent / 13h40

[ Cglaume ] L’appeau à lapin jaune est simple à confectionner. Il suffit qu’il imite le cri du nawak metal barré ou du gros décibel avant-gardiste de façon grossière, et le petit animal rapplique en courant. C’est donc l’appeau Dødheimsgard qui m’aura attiré pour une 2e séance de RockHard Tent, le groupe norvégien pratiquant un black metal aventureux ayant fait se pâmer une critique internationale assez unanime. J’avoue que mon aversion pour le black metal l’aura emporté sur les quelques épices avant-gardistes jetées en pâture au public, cette découverte du groupe en live m’ayant plus donné l’impression de voir un groupe de snob panda metal qu’un combo vraiment intéressant. Néanmoins je reste conscient qu’une étude approfondie de la discographie récente du groupe reste nécessaire pour se faire une vraie impression de ce dont il est capable … Mais ça ne m’aura pas empêché d’abandonner la partie au bout de 3 morceaux.

 

CHURCH OF MISERY

Terrorizer Tent / 14h40

[ Viking Jazz ] Les amateurs de serial-killer sont venus pour en découdre, et la prestation du chanteur possédé mettra la banane à toute l’assemblée venue vibrer sur le stoner doom des nippons. Malgré une intro foirée (le pourtant très efficace "El Padrino") le groupe n’en démort pas et propose un set bien ficelé façon bondage (quoi qu’un peu redondant pour certains) avec des morceaux issus de leur dernier album House Of The Unholy et du Second Coming surtout. Groove surpuissant, guitare bien grassouillette et basse qui vrombit jusqu’à la mort avec son fuzz de moto et sa wah wah de l’enfer. Le son est bon et même si le chanteur fait n’importe quoi et que quelques pains se glissent ici et là, Church Of Misery fait passer le tremblement de terre qui les a dernièrement touché pour une fillette. Ho yeah !


[ Carcinos ] Le gros bordel. A commencer par le gigantesque El Padrino, envoyé comme un kamikaze en pleine salle de concert. J'ai entendu certains dire que ce concert, c'était n'importe quoi. Je tiens à préciser que quand t’arrive à faire le guignol mais qu'en même temps tu tiens la barque, c'est tout sauf n'importe quoi. Ok, "El Padrino" avait pas été super embouché, mais quand je pense à la performance d'Ozzy à côté... Donc, Church of misery, énorme et rock'n roll, pas mal foutoir mais super fun, un quatuor qui sait se déchaîner, un très bon moment passé en compagnie des nippons ni mauvais.

 

KRISIUN

RockHard tent / 15h25

[ Cglaume ] la Rock Hard Tent, quel bel endroit quand même pour aller se protéger de l’averse sévère qui commence à bien nous ruiner ce début de fest’! D’autant que la perspective de se secouer la couenne au son du brutal death ensoleillé de Krisiun a de quoi réjouir les plus mouillés des festivaliers. Gros bras, gros riffs, gros blasts, bref: c’est une grosse tranche de brutal Samba que nous délivre la bande à Moyses, avec notamment une sympathique séquence « Messiah's Abomination », « Hatres Inherit », ainsi qu’un nouveau titre, plus mid et groovy qu’à l’accoutumée. Enterrement de vie de garçon du plus die hard des fans de Krisiun oblige, c'est dans un pit à feu (les clopes) et à sang (surtout) que je m'en vais retrouver le collègue reptilien au milieu de la fosse pour profiter à plein de la fin du set, manquant pour l'occasion de peu de me prendre un gros pain. If it ain't dangerous, it ain't metôôôl!!

 

MAXIMUM THE HORMONE

Main Stage 2 / 16h20

[ Cglaume ] première grosse erreur du Hellfest: ne pas avoir sprinté de la Rock Hard Tent vers la Main Stage 2 afin de ne rien manquer du concert de Maximum The Hormone. C'est en effet ce que je me suis dit à la fin du set de ces cinglés de japonais que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam, mais qui ont réussi à littéralement me happer dans leur trip alors que je passais nonchalamment devant la scène, en route pour le carré VIP. C'est que le groupe pratique un métal hyper bigarré qui respire la bonne humeur communicative, plein d'accents funky, de groove, de passages punk à roulettes comme de folie grind, pour au final évoquer vaguement une version nipponne de System Of A Down. Le bassiste assure un set grandiose, le chanteur est une puce sous speed, la batteuse est un p'tit bout de femme hyper charismatique qui réussit l'exploit de manipuler sans mal une foule de métalleux qui pourtant ne maîtrisent a priori pas franchement la langue des samouraïs. Et le groupe s'avère au final tout simplement ma plus grosse découverte du fest', et une sacrée bon sang de grosse claque jouissive.

 

EYEHATEGOD

Terrorizer Tent / 17h05

Eyehategod 6 [ Viking Jazz ] Qui veut du caca servit à la pelle sous fond de riffs aussi groovy que puant l’alcool, de lourdeur (ce dernier morceau tonitruant à s’en faire péter le cou) et de voix éraillée par la fumette et les poumons encrassés par le bayou ? Eyehategod en avait à revendre ce vendredi sous la tente Terrorizer et à distribuer de la sodomie sonore à grand coup de fuzz (un des meilleurs sons du festival particulièrement mauvais cette année) de tubes et de crasse. C’est toujours avec la pêche que le combo de NOLA vient nous faire boire sa sueur, sa pisse et sa douleur (merci Katrina) afin de nous enivrer de son sludge des plus infecte, gras et morbide. Un grand moment de saleté que les tentatives de reprises/hommage à Anal Cunt (amputé par la mort de son chanteur récemment) n’auront pas entachées du bon goût qu’on leur connaît. Un nouveau morceau pointera même le bout de son nez, histoire de renifler les immondices qui sévissent encore en 2011 et qui alimentent la verve du groupe.


[ Carcinos ] Vu de loin, mais il me semble évident qu'ils ont tenus à faire un set différent de celui de leur dernière venue en 2009. Plus massif, plus noir surtout, Eyehategod a plombé l'ambiance de manière magistrale. Et c'était agréable de voir ce eyehategod là, qui ressemblait beaucoup plus à l'image que j'en attendais, contrairement aux allures de "sludge à papa" de 2009.

 

THE EXPLOITED

Main Stage 2 / 18h10

[ Cglaume ] 18H10, c'est l'heure de la No Future attitude ! C'est sûr que les petites scènes des clubs et les squats sont plus coutumiers de ce type d'assauts teigneux, mais sur la grosse scène d'un festoche, voir The Exploited, ça le fait! Un test de micro (sur le crâne de Wattie, c'est mieux) et hop, "Let's start a waaaaaaar!". Et c'est parti pour presque une heure de pogo non stop. OK, Wattie ne semble plus vraiment possédé par une envie de nous écharper vivants, mais malgré l'âge, le bonhomme a encore une grosse pêche, et on prend vraiment plaisir à ce déferlement de décibels bêtes et méchants. "Fight Back", "Troops of Tomorrow", "Fuck The USA", "Beat the Bastards"… On en aura pris pour notre grade!

 

KARMA TO BURN

Terrorizer tent / 18h20

Karma To Burn 2 [ Swarm ] Je les avais raté en 2009 mais visiblement j’avais pas manqué grand chose au vu de leur maigre prestation sur Main Stage (les vidéos en attestent). Quid de Karma To Burn 2011 sous la Terrorrizer alors ? Et bien, les enfants, c’était juste terrible !... En les voyant pour la première fois, je réalise enfin ce que la fameuse pose de Rich Mullins signifie. Cette grande gigue de bassiste se retrouve en effet en station grand écart, fixé devant son retour, et cale sa basse tranquille entre ses maigres cuisses. Très franchement, le voir jouer est déjà un véritable plaisir. Du reste, la playlist est parfaite, n’oublie quasi aucun disque, n’oublie aucun tube non plus (Aaaargh ! Je me lasserai jamais de « 8 »).
Du reste, le son est énorme, les lights sont énormes (comme souvent sous cette tente, quelle que soit l’heure de la journée), la setlist est énorme, Karma To Burn est grand, merci.

 

VADER

RockHard tent / 19h15

Vader 2 [ Swarm ] Petit détour hors de la Terrorizer pour vider quelques bières mais aussi pour me faire repousser quelques boutons devant Vader sous la RockHard. J’aurais pas mal hésité avec Down, qu’en plus je n’ai jamais vu mais va savoir pourquoi, vraiment envie de revoir les polonais après la merdouille qu’ils nous ont fait la dernière fois. Donc, même si ce n’est que pour quelques morceaux, j’espère que cette fois, je pourrais me réconcilier avec mon adolescence de death metalleux bas du front.
Vœu exaucé : non seulement, le set est carré, puissant et foutrement en place, mais en plus j’aurais eu droit aux vieilleries que je voulais : « Sothis », « Wings », « Carnal »… « Vicious Circle » manquait à l’appel mais ils on du la jouer après mon départ à tous les coups.

 

YOUNG GODS

Terrorizer tent / 19h35

young gods 1 [ Swarm ] J’ai visiblement raté un bon quart d’heure du set des dieux suisses quand j’arrive enfin à me faufiler dans la fosse avec les photographes (peu nombreux) déjà en place. Le faible nombre de ces derniers est pour moi une très bonne nouvelle : je vais pouvoir rester en première ligne pendant tout le set des Gods … Enfin, toute la fin du set, héhé !
Toujours pas spécialiste de la discographie du groupe, je reconnais quand même le surpuissant « Kissing The Sun » entre deux autres titres plus trippants et progressifs. Pour rappel, le set des Young Gods l’année dernière (même tente) s’était soldé par un problème technique majeur en plein milieu du concert qui avait interrompu le st au bout de quatre chansons… D’où l’invitation à rejouer cette année (fort bienvenue).
Du reste, tout est aussi bon que l’année dernière d’autant plus que le set aura une fin cette fois. La prestation scénique de Franz Treichleir est toujours bluffante… Partagé entre un ultra charisme Reznorien et un androgynisme avéré, il ne cesse de sauter partout, de courir, d’haranguer, d’onduler au rythme des vagues sonores que ses compères déversent sur le public. Les lights, elles aussi, sont incroyables… Franz nous lâchera en interview qu’ils sont très très content de leur lighteux, tu m’étonnes ! Surtout quand t’apprends que les suisses ont pas eu le temps de monter leur propres lights (qu’ils ont pourtant avec eux dans leur camion) et que le dit lighteux en question ne fait avec ce qu’on lui donne, point.
Un des grands moments du Hellfest cette année… encore !

 

MESHUGGAH

Main Stage 2 / 20h10

Meshuggah 8 [ Viking Jazz ] Autant en 2008 mon groupe fétiche ne m’avait pas déçu, autant cette année le die hard fan que je suis à souffert d’un set de Meshuggah fâcheux. Pourquoi cette déception ? Tout d’abord un son de trou du cul qui viendra vomir en façade de la main stage 2 après le premier morceau gâchera une partie de mon plaisir. Ensuite, un choix de setlist très orienté « metal » qui me déplaît fortement. Avec des morceaux tirés exclusivement d’un ObZen très light à mon goût, et du pourtant parfait Nothing, le groupe à occulté une partie massive et sombre de sa discographie, à savoir Chaosphere. Même l’ambitieux Catch 33 ne s’est pas vu représenter. Même le traditionnel « Future Breed Machine » du Destroy Erase Improve en guise de finish ne me satisfait pas (peut-être à cause de la distribution de viennoiserie de la part d’un des gratteux ?). Pire, les morceaux les plus rentre-dedans (qui à mon sens n’ont rien à faire dans le répertoire du groupe suédois) comme « Combustion » (quelle horreur) et « Bleed » viennent polluer leur prestation qui était jusque là suffisamment légère en titres intéressants (surtout le choix des titres de ObZen). Même l’attitude n’est plus aussi robotique qu’avant, des petites interventions de sir Kidman aussi inopportunes qu’agaçantes n’arrangeront pas leur cas. Ce n’est plus ce que c’était... LA désillusion du week-end.

[ Cglaume ] C’est peu de temps après que le set de Down se soit fini – du moins en apparence – dans la joie boueuse et la bonne humeur virile sur la Main Stage d’à côté que le set des suédois de Meshuggah démarre. Alors autant je peux comprendre que les profondeurs fangeuses et les volutes douteux du sludge / stoner crouteux mettent les amateurs de whisky en transe, autant pour ma part, c’est la mécanique froide, déstructurée, répétitive et hypnotique des cyber-magiciens de Umeå qui me met dans cet état. D’ailleurs après le bain de boue de Down, la transition est brutale, et même une pluie torrentielle n’aurait pu rompre la magie se dégageant de la prestation du groupe. Principalement axée sur les albums Obzen (4 titres) et Nothing (3 titres), la setlist du groupe ménagera quand même un peu de place aux fans des débuts en lâchant un "Future Breed Machine" (extrait de Destroy Erase Improve) qui nous permit en fin de course de nous extirper de cette transe froide et magique où s’étaient engouffrés nos cerveaux.

 

IGGY POP & THE STOOGES

Main Stage 1 / 21h05

[ Cglaume ] Bon alors perso, Iggy Pop ça se résume à quelques titres, « The Passenger », « Lust For Life », « I Wanna Be Your Dog » (grâce à la reprise faite par Slayer sur Undisputted Attitude) et « In The Death Car » sur la B.O. de Arizona Dream. Bref, j’étais vraiment là en touriste, pour voir ce que pouvait donner une légende du rock/punk sur la scène d’un festival metal à quasiment 65 balais. J’avoue que le début du set m’aura un peu barbé, à tel point que, fatigué par une longue journée, je retournais au zoo VIP. Sauf que la fin du show – aperçue alors que j’attendais l’Ange Morbide devant la Main stage 2 – m’aura déjà plus convaincu, l’animal se lâchant complètement sur « I Wanna Be Your Dog », mimant le chien dans la fosse aux photographes, batifolant avec le public et finissant en nous montrant son popotin et en s’en prenant au matériel qui ne lui avait rien fait. J’avoue que sa prestation m’aura au final plus convaincu que celle du vieux papy cramé du ciboulot qui se produira 2 jours plus tard sur la même scène en quasi-fermeture du festival...

 

MORBID ANGEL

Main Stage 2 / 22h10

[ Swarm ] Vous allez dire que je vous rabats les oreilles avec mes histoires de photo mais, pour cette année, c’était la première fois (et surement la dernière) que je faisais la queue pour des photos sur les mainstages. La longueur de la queue, la politique d’accés à la fosse très stricte et très différente de celle des tentes auront raison de ma motivation ainsi que de la moitié du set de l’ange morbide.
Cependant, pour ce que j’en aurai finalement vu, le « nouveau » line up fonctionne à merveille. Le plaisir de retrouver Vincent à la basse avec tout ce que ça comporte d’arrogance, de suffisance et de mode vestimentaire douteuse est en soi un petit plaisir masochiste. Dire qua sa voix m’avait manqué est aussi un euphémisme. Petit bémol cependant sur un batteur qui n’égale pas Sandoval, en tout cas sur ces fameuses compos qui ne sont donc pas les siennes. La setlist, quant à elle, se voit donc bien amputée de trois disques car, contrairement à Yeung qui n’a pas le choix, Vincent refuserait de jouer des titres issus de la glorieuse période pendant laquelle il branlait du sampler avec sa gonzesse.
Mis à part ces quelques considérations, le set de Morbid est juste comme j’aurais voulu qu’il soit : massif, carré, ténébreux, possédé et ma foi, plutôt violent aussi. Le son est incroyable, les solis d’Azagtoth se font aisément la part du lion dans le magma sonique des death metalleux et la voix de Vincent, donc, est glaireuse et haineuse comme jamais. Même les nouveaux titres passent pas trop mal l’épreuve de la scène malgré tout le mal que je peux en penser sur disque. Chouette moment avec les chevelus !

[ Cglaume ] Ca y est, il est 22h10, c’est enfin l’heure tant attendue DU concert de la journée, celle d’un Morbid Angel reformé, contesté et provocateur, celle de la mise au point. Et j’avoue ne pas avoir été déçu, même si je n’aurais pas craché sur une plus grande prise de risque, avec l'interprétation de l’un de ces nouveaux morceaux les plus osés, histoire de bousculer un peu l’auditoire. En même temps, devant la rafale de tubes issus des 4 premiers albums, que faire d’autre qu’avaler l’hostie musicale, à genoux, les yeux fermés ? Jugez un peu du best of (dans le désordre): « Immortal Rites », « Angel of Disease », « Chapel of Ghouls », « Maze of Torment », « Where The Slime Lives », « God Of Emptiness », « Rapture »… Que du Bonheur! Même s’il est vrai qu’on aurait aimé que Mister Vincent se passe de ces séances de « Hey! Hey! » pas vraiment dans l’esprit de la musique du groupe… Les américains auront toutefois consacré un peu de place à leur petit dernier avec 3 titres dont « Nevermore » et « I Am Morbid ». A noter également l’arrivée en fond de scène d’un Phil Anselmo tout excité sur « Chapel of Ghouls » (on se rappellera que le gus avait déjà interprété le titre sur scène avec le groupe par le passé)…

 

CLUTCH

Terrorizer tent / 22h10

Clutch [ Viking Jazz ] Peut-être LE concert du festival. Comme toujours, la fraicheur de Clutch l’a emporté sur l’attitude « métal de méchant » ou « hardcore de dur à cuire » des autres groupes à l’affiche. Un super son (quoi qu’il manquerai une seconde guitare par moment) des supers tubes tirés de leurs derniers albums (mention spéciale aux titres blues/country du Strange Cousin From The West qui donnent un élan particulier au groove et à l'ambiance électrique du show) une attitude ultra positive de leur chanteur qu’on sent vraiment imprégné de sa musique, bref un concert de feu. Reprit en cœur par le public très très nombreux sous la Terrorizer les refrains tubesques des titres joués ce soir fond l’unanimité et font hocher toutes les têtes, sourire toutes les bouches et lever toutes les mains. Je ne m’avancerais pas à dire que personne ne regrettera d’avoir raté Morbid Angel qui passait en même temps sous la RockHard, mais on en était pas loin.


[ Carcinos ] La grosse baffe. En même temps je m'y attendais. Mais quand même. Les Clutch restent fidèles à eux-même, et quand on les voit sur l'affiche, on peut leur faire confiance. Une valeur sûre, en quelque sorte. Un des meilleurs concerts du fest. De toute façon, quelques soient les titres choisis pour la setlist, pour moi il n'y aura que des tubes. Clutch a donné sa baffe, tout le monde pouvait aller se rhabiller.

 

ROB ZOMBIE

Main Stage 1 / 23h15

[ Carcinos ] Pour une fois qu'il passait de l'autre côté de l'Atlantique, je n'allais pas rater un tel monument du metal ! Flanqué de Jonnhy 5 à la guitare (ancien de Marilyn Manson), j'attendais avec impatience ce festival d'horreur grandguignolesque. Je fus déçu. Oh y'avait quand même trois paires de nibards qui se balladaient de temps en temps sur scène (et qui se faisaient kidnapper à plusieurs reprises... Genre on les re-libèrent après... Pas convaincu du script pour ma part !), il y avait aussi de la gymnastique entre les plateaux, du costume... Mais de loin, tout cela faisait bien trop carton pâte. Je pense que de plus près, j'aurais été bien mieux convaincu. C'est dommage, au vu de toutes les réalisations du zombie, j'espère qu'il pourra revenir jouer en France, en salle, sans doute cela aura bien plus de réalisme. Niveau musique, oui c'était bien, mais trop de samples pré-enregistrés détruisent l'aspect "live" et son côté improvisé, ou encore revisité.

 

MELVINS

Terrorizer tent / 23h30

The Melvins 9 [ Viking Jazz ] "Lysol" pour commencer un set des Melvins, vous en rêviez ? Moi oui ! Malheureusement, le super groupe ne sera pas servi par un super son, et le public d’abrutis de dégénérés qui sévira aux premiers rangs gâcheront bien comme il faut mon plaisir. Alors pour parler bien, les deux batteries sont toujours aussi farouchement impressionnantes (et ridiculisent Kylesa) la prestance de Buzz demeure incontestable et les chœurs de voix sont à tomber par terre. La setlist tournera un peu partout avec un peu de Stoner Witch, de Lysol donc (avec les deux premiers titres et le trop rare « Sacrifice » entre autre), Houdini (le classique « Hooch ») du dernier album en date et pleins d’autres que je n’ai pas eu le temps de situer au fur et à mesure que je m’éloignais de la scène durant le set pour finalement ne pas pouvoir apprécier un traditionnel « Boris » final en dehors de la tente, remplacé par le classique « Night Goat ». A voir en salle absolument sur au moins 1h30 de show avec un et un set complet (il manquait des titres du Senile Animal malgré tout) et un son digne de ce nom. Ce grand nom qu’est The Melvins. J’aurai peut-être mieux fait d’aller voir Possessed en attendant..

[ Swarm ] Même si je ne suis pas fin connaisseur de la discographie du groupe, autant dire que la venue des Melvins au Hellfest était pour moi un des principaux arguments de ce festival… Juste voir ce qu’énormément de gens considèrent comme un des plus grand groupe de scène de leur génération.
Pour ceux qui ont pas suivi donc, je recommence mon cirque habituel, à savoir faire la queue avec les photographes sauf que le ton a bien changé ici aussi : maintenant, on trépigne, on double, on bouscule quitte à pigner les reflex déjà brandis en bandoulière et une fois devant la scène, festival ! Tous ces connards (oui, désolé) de journaleux avec leur gros appareils qui se tassent autour de Buzz pour décrocher LA photo, c’est un peu pathétique, surtout quand tu réalises que t’en fais partie. Ça bouscule, ça se fout dans ton champ, ça occupe une bonne place sans jamais la céder. Résultat : énervement, photos à chier et gâchis du premier tiers du set.
C’est fort dommage parce qu’effectivement, les Melvins ne vont pas nous rater quant à eux. Tout dans le set, en passant par le jeu de scène, le son, les costumes, l’attitude et les compos elles même est juste parfait. Les quatre diables nous en foutent plein la mouille et alternent malicieusement leur gros stoner gras et enlevé avec des compos plus sludgy et instrumentales. Quelques délires expérimentaux me conforteront dans le fait que les Melvins jouent le jeu et nous livrent un très chouette pot pourri de ce qu’ils savent faire… Et croyez moi, ils le font comme personne ! Le duo de batterie quant à lui est juste redoutable et me réconcilie d’emblée avec cette nouvelle mode très souvent inutile (et très souvent détestable) de caler deux grosses batteuses sur scène (voir dimanche avec Kylesa). Peut être le concert du Hellfest, oui madame !

Voir le concert des Melvins en intégralité :

 

IN FLAMES

Main Stage 2 / 00h50

In Flames 6 [ Pidji ] Il faut l'avouer, In Flames est devenu une grosse machine de scène. La main stage leur convient parfaitement, et le groupe assure un set rodé et carré comme il faut. Alors non je ne suis pas fan du groupe (loin de là), donc je ne pourrai pas vous dire quels titres ils ont joué ; mais leur "pop metal mainstream" ne passe pas trop mal en fin de journée de festival. Le chanteur à la tête de coreux avec sa casquette vissée sur la tête bouge dans tous les sens, les effets electro font mouche, rien ne déborde et ça reste très lisse, mais bon. Au moins on pourra se coucher sans en avoir trop les esgourdes.

 

MAYHEM

RockHard tent / 1h00

Mayhem[ Swarm ] La fatigue aidant, je me retrouve complètement fasciné par la mise en scène orchestrée par les norvégiens. D’habitude, les jets de flammes, les grands drapeaux et autres accessoires autres que des instruments de musique me collent des boutons. Mais là, ça fonctionne : un grand autel, des ossements partout (dont un crane brandi en permanence par Attila… De vrais ossements humains paraît-il), un chouilla de pyrotechnie, pas de doute, on a droit au grand jeu là.
Je tiens à préciser ici que si ça fonctionne bien, c’est précisément parce que la musique de Mayhem sera totalement effrayante ce soir. Piochant dans toute la discographie du groupe, la setlist est diabolique et enchaine parfaitement de vieux tubes comme « deathcrush », « freezing moon » ou « I am thy labyrinth » avec des trucs plus expérimentaux issus de Ordo ab chao ou de Grand Declaration oh War. Outre le son de batterie triggé à l’extrême (c’est à dire beaucoup trop, merci Hellhammer), le son est plus qu’acceptable avec une mention spéciale concernant le chant, bien en avant. Ce fameux chant d’Atilla est d’ailleurs l’élément central du malaise qu’occasionne Mayhem sur scène ce soir… Dégueulasse, furieux, rampant, habité, sarcastique, incantatoire… On passe par tous les stades de l’épouvante auditive et c’est chouette. Ravi aussi de voir que ce très cher Attila défonce gentiment les parties de Maniac, héhé ! Bref, très chouette concert auquel je repense en fermant les yeux sous ma tente quelques minutes plus tard… Premier jour plus que concluant si l’on oublie le temps de chiotte !

 
photo de Pidji
le 30/11/1999

Commentaires

Ukhan Kizmiaz

Ukhan Kizmiaz le 23/07/2011 à 09:47:52

IP : 81.243.55.118

Et donc Iggy, Exploited, Melvins, Vader, et Young Gods... les papys font de la résistance.

Marm?tte

Marm?tte le 23/07/2011 à 11:01:51

IP : 2.8.224.36

Bonne journée dans l'ensemble surtout avec Kruger, Karma to burn(surprise du jour) ou encore clutch. Meshuggah fut pour moi une grande deception, la set list de 2008 étant gravé dans mes souvenirs, celle de cette année a assurement oublié les fans.

el gep

el gep le 01/08/2011 à 02:36:37

IP : 86.73.215.125

Putain de nom de diou, la vidéo super qualité des Melvins au Hellfest, c'est la baffe et je vous conseille soit de vous fâcher avec vos voisins en mettant à donf' sur votre chaîne soit d'écouter au casque (à blinde aussi), matez-ça si vous n'étiez pas (comme moi):
http://vimeo.com/26757739

Pidji

Pidji le 01/08/2011 à 09:07:02

IP : 80.13.242.208

Et d'ailleurs, j'intègre la vidéo dans le report, enjoy !!!

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