Heilung - Futha

Chronique CD album

chronique Heilung - Futha

Pas facile de se détacher des poids lourds Wardruna quand on tape grosso merdouillo dans le même créneau : la Pagan Néofolk.

Avec le live Lifa en 2017, les Danois y parvenaient pourtant sans peine par leur approche viscérale et foncièrement barbare.

 

Dans cette troisième prod, un recentrage évident est perceptible.

Non, rassurez-vous, Heilung ne sonne toujours pas comme Skáld, groupe créé de toute pièce par un label à l'univers sale (malgré la présence d'un reconstituteur de la très sérieuse Branche Rouge dans les rangs du combo).

On serait plus du côté des Hollandais d'Omnia ici (Jenny Evans van der Harten, je te fais visiter mon tipi quand tu veux). Mais Heilung n'est pas une simple bande de hippies dreadlockés faisant de la Néofolk pour les radios. Même si vocalement le chant de Maria Franz peut être rapproché de celui de Jenny Evans van der Harten (J'ai un beau bâton de sorcier si tu veux aussi.) sur un morceau comme sur "Norupo" ou "Othan" aux aspects très world music. 

 

Heilung demeure toujours un groupe tellurique, sachant capter les forces naturelles ancestrales. Si, le féminin et le contemplatif règnent sur l'ensemble de l’œuvre, les Danois restent encore inquiétants par les multiples petits interventions des vocaux masculins et les divers instruments percussifs.

L'aspect digital de leur tout premier album s'estompe alors, pour notre bonheur, au profit de sons plus organiques. "Elivagar" se fait donc vraiment flippant et cinématographique alors qu'un vieux shaman moisi du cul nous cause au coin du feu, après nous avoir fait ingérer sa décoction dégueu maison.

Musicalement, le morceau ça n'a presque aucun intérêt évidemment (à part les deux dernières minutes en mode All Blacks) mais niveau immersion, c'est du tout bon, Tonton. "Elddansurin" remporte alors la palme du primitif, les 14 minutes "Hamrer Hippyer", celle de la transe tribale.

 

Sans véritable surprise mais sans déception, Heilung continue son chemin cérémoniel en l'allégeant un peu, tout en ne perdant pas le lugubre de sa spécificité.

Par contre, pas sûr, que la recette fonctionne encore longtemps sans renouveler ses ingrédients.

photo de Crom-Cruach
le 07/10/2019

0 COMMENTAIRE

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements

  • EARTH au Petit Bain à Paris le 19 novembre 2019
  • BRUTUS, DAGOBA, LISTENER et d'autres au Poche à Béthune jusqu'au 10 novembre 2019
  • Hexis + WOES + Expiation au Puzzle Pub Tours le 2 novembre 2019