Helms Alee - Night Terror

Chronique CD album (35:55)

chronique Helms Alee - Night Terror
Bon, c’est clair, je suis infichu de commencer une chronique de Helms alee sans penser d’abord à Harkonen. Ça m’énerve parce que c’est pas la première fois que je chronique le disque d’un groupe comportant dans ses rangs un ex-[groupe qui arrache tout …toute subjectivité mise à part]. A chaque fois, je peux pas m’empêcher de faire des comparaisons et d’établir une pauvre généalogie de comptoir. Plus fort que moi. Et bordel, à chaque fois quasiment je me plante parce que les vais bons musiciens - entendez par là ceux de tueries comme Botch, Helmet, Quicksand, Jawbox ou Harkonen (pour ne citer que des bons groupes (ayant eu des bons musiciens (montant d’autres bons groupes)))- ont mieux à foutre que de rejouer éternellement la même chose, même si on reconnaît leur touche. Du coup c’est cool, je suis surpris mais ça ne m’empêche pas de passer pour un con.

De Harkonen donc, on retrouve Ben Verellen et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on le reconnait lui et son inimitable voix. Idem pour ses gros riffs à base de power chord sous-accordés. Alors, oui on reconnaît Ben Verellen, oui ça nous rappelle Harkonen, mais c’est pas pour autant que Helms alee se limite à ça. Déjà, ne parler que de Verellen, c’est oublier qu’il est (très bien) entouré d’un batteur et d’un bassiste tous deux d’origines féminines et que ce charmant petit trio livre avec Night Terror une musique hyper originale, variée et pourtant tellement simple et directe. Chez Helms alee, tout a l’air de venir naturellement pour s’écouler lentement dans nos oreilles. Mais on est tout de même bien secoués, passant de longues plages planantes à des secousses monstrueuses de puissances. De même, les voix féminines et les voix masculines font toutes deux preuves d’une variation d’amplitude hallucinante. L’utilisation des deux chants hurlés et chantés (avec tous les degrés intermédiaires que cela présuppose) y est d’ailleurs pour beaucoup dans l’homogénéité des compos de Night Terror. On pense à ce sujet un peu aux divers projets de Julie Christmas mais à la place de l’hystérie polymorphe de cette dernière, on obtient ici un effet hypnotique et addictif… Avec pourtant pas mal de points communs finalement.

Coté musique, ça colle. Les compos d’Helms alee se font lourdes et puissantes mais savent tout de même s’élever dans des contrées plus aérées, lestées de la violence et de la colère dans laquelle elles retourneront, inexorablement. Mais tout ceci est bien formel. A ce stade, je vous décrit un disque comme il y en sort 50 par an, point barre. Mais c’est sans compter avec le sens de la mélodie et du refrain ! Car le trio n’est pas juste là pour sortir un bête album de noise, de post hardcore, de post rock ou [collez ici votre style de musique à la mode préféré], il est aussi question de pondre le riff absolu, la mélodie la plus touchante, la plus passionnante… Bref, de jouer à celui qui composera la meilleure chanson. Et à ce petit jeu, il est clair que les filles et le garçon de Helms alee sont assez doués. A l’écoute de titres comme Grandfather Claws, A weirding Away, Rogue’s Yarn, et puis merde, finalement toutes les chansons du disque, on finit par être fatigué à force de se manger des frissons. Le seul reproche que je ferai à Helms alee est finalement d’assez mauvaise foi : l’accusation d’avoir des idées trop simple, trop directes… Peut être la jalousie de pas avoir moi-même joué dans Helms alee... Beau et jouissif.
photo de Swarm
le 27/02/2009

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