Hier - Rhizomes

Hier - "Rhizomes"
chronique Hier - Rhizomes

 

Voici un groupe qui a toutes les chances de remporter tous les suffrages s’il se décide à participer à un jeu-concours, dont les règles, iconoclastes, reposeraient sur le maintien le plus longtemps possible de l’anonymat intégral (ou légèrement partiel), sur la volonté de rester secret (sans en faire toute une histoire) et, pour le challenge, frappé le plus fort possible pour sa première sortie. Vous l’avouerez, ce serait un peu con comme jeu, mais pour qui aime les paradoxes, il n’en est pas à un près, un de taille qui plus est.

 

Ma rencontre avec Hier (subtil, hein !) démarre par ces quelques mots « Salut, comme promis voici un exemplaire de notre premier album Rhizomes.  Dans l’attente d’une chronique, je vous prie d’agréer l’expression de mon respect le plus profond.  J (Hier) ». Quelques semaines plus tard, je reçois dans mes mails « Les Chroniqueurs ont de quoi faire » assez péremptoire en plus d’être, de fait, prémonitoire. Parce que voyez-vous, chez Hier, il n’y a pas d’escalator et même pas la moindre rambarde de sécurité, lorsque l’on s’apprête à gravir les marches de cet escalier pour rejoindre le noir intense la haut. La pochette ne dit d’ailleurs pas de quel bois ils sont faits !

En parlant de visuel celui-ci fait très fort, les bois jetés en pleine figure ont un impact d’emblée.  L’humidité qui s’en dégage est tangible. Ensuite un symbole tribal reprend le nom du groupe (quelqu’un a dit Einstürzende Neubauten ?)… on entre dans un trip, c’est certain. Mais là où l’on s’attend à du malsain, c’est du romantisme à fleur de peau qui nous donne rendez-vous.

 

Musicalement, Hier puise dans l’œuvre d’un Sunny Day Real Estate et même dans les efforts solos de leur chanteur Jeremy Enigk , l’émotion est de rigueur, elle est rigoureuse d’ailleurs ; autant que dans les disques de Shudder to think et quand le propos s’alourdit, de Tool ou Neurosis en version ultra light comme vous voulez. De sorte, Rhizomes forme un tout plutôt qu’une addition de titres.  Un tout porté par une voix plaintive mais obstinée et  déterminée, clairement une identité remarquable pour le groupe et ce premier album.

 

On sent que le groupe a voulu apporté beaucoup de soins pour ce premier enregistrement, on ne négligeant aucune piste. D’ailleurs, ce sont sans doute des vieux briscards qui ont pétés des cordes et trouer des peaux dans d’autres groupes, dans d’autres monde avant de venir se calfeutrer dans Hier.  C’est précieux, certes, mais c’est une musique de mecs, n’allez pas croire à un disque métrosexuel qui se chercherait entre pull saumon et barbe de 3 jours. Ici la sueur s’assume.

Dans un format résolument post… on a affaire à des gens décidés. On pourrait leur reprocher de s’adresser qu’à eux-mêmes, mais plus probablement que si ils jouent dans une cave, la porte doit rester grande ouverte.
Premier disque envoûtant pour un groupe intriguant.

photo de Eric D-Toorop
le 07/09/2012

16 COMMENTAIRES

medulla

medulla le 07/09/2012 à 10:09:44

whouaaa!
on est chroniqué

cyanhist

cyanhist le 07/09/2012 à 12:55:39

au passage: Hier est en concert les 21/09 au Divan du Monde en première partie de plein de trucs, rdv 19h :)

merci pour cette chronique !!!

onapaduvoulafaire

onapaduvoulafaire le 07/09/2012 à 15:08:55

Venez tous voir Hier demain !

medulla

medulla le 07/09/2012 à 16:13:31

SVP venez nous voir, on va vraiment se sentir seul sinon...

Encore merci pour la chronique, ça fait vachement plaisir!



BOBO

BOBO le 07/09/2012 à 16:27:12

Mais oui les mecs ! Vivement le divan du monde

sousou

sousou le 08/09/2012 à 14:09:59

encore merci à la personne qui a pris le temps de s'interresser à HIER
super chronique ça fait mega plaizzzzzzz
promis on va continuer d'assumer la sueur ;)

cyanhist

cyanhist le 09/09/2012 à 01:08:34

je profite de la connexion ouverte (je ne suis pas cyanhist) pour donner mon avis sur Hier et leur premier album. Je ne suis plus de cette génération, j'apprécie bcp le style très décalé, à contre courant, anti société de conso avec tous ses clichés associés. Cette marginalité, malgré tout structurée par ses propres codes rappelle la liberté d'être et de penser comme l'identité majeure de l'homme (et de la femme). Cela me renvoie à la nostalgie de mes jeunes années.
Je ne donne pas la note suprême de 10, il faut laisser à Hier une ouverture vers les champs de l'impossible.

Ukhan

Ukhan le 09/09/2012 à 11:55:37

Ceci dit si vous portez des pulls saumon, ça n'enlève rien à la pertinence de votre musique ^^

cyanhist

cyanhist le 09/09/2012 à 13:18:33

ça me rassure parce que justement... ;)

Chabine

Chabine le 11/09/2012 à 00:31:57

Ca fait plaisir tout ça...

chef-chef

chef-chef le 11/09/2012 à 11:20:09

ah je vous jure j'ai pas dit dit Einstürzende Neubauten ...je sais meme pas le dire d'abord

Tookie

Tookie le 11/09/2012 à 12:22:42

ça a l'air très sympa tout ça mais...où as tu entendu du Sunny day real estate ?!

ukhan

ukhan le 11/09/2012 à 15:17:07

@ Toukene - Album Diary - 1994 - des riffs de la 3-5 et 7 ^^

pidji

pidji le 11/09/2012 à 15:30:17

'tin, SDRE... "The Rising tide" résonne encore dans mes oreilles... Quel album... Mais ce n'est pas le sujet ;)

Tookie

Tookie le 11/09/2012 à 15:46:54

@Ukhan : Bah, je ne suis toujours pas convaincu haha ^^

cyanhist

cyanhist le 11/09/2012 à 18:05:48

https://www.facebook.com/events/227204010739875/?ref=notif&notif_t=plan_user_invited

date au Divan du Monde validée, venez mettre la guerre sur scène avec nous !!!

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