Scat Opera - Four Gone Confusion

Scat Opera - "Four Gone Confusion"
chronique Scat Opera - Four Gone Confusion

Il y a des signes indiscutables que l’on vieillit. Si si. Quand on tient dans ses mains un CD au dos duquel il est écrit, en tout petit, en bas à droite, « (P) (C) 1992 Music For Nations », alors qu'on se souvient très précisément avoir acheté, à l’époque, un magazine (Hard Force? Hard Rock Mag? Metal Hammer France?) contenant une chronique dudit album, c’est qu'on risque dorénavant d’être plus préoccupé par le prix de l’essence à la pompe et par ses points retraite que par le nombre de calots Galac’ pouvant être empochés lors de la prochaine récré.

 

Mais tuons dans l'œuf la complainte du vieux con et revenons-en plutôt au quoi, au qui et au qu’est-ce concernant Scat Opera… Bien que vous devriez déjà être au jus, vu qu'on vous parlait déjà du groupe ici-même pas plus tard qu’il n’y a pas très longtemps. Mais allez, exécutons-nous: cette bande de joyeux Funk Métalleux anglais a commis un an plus tôt – en 1991 donc – un vivifiant About Time plein de doigts qui claquent et de basse qui slappe. Même que ça foutait drôlement la pêche, et que ça donnait envie de passer de la bière au skate, puis du surf à la piscine… Sauf que derrière le soleil, les badaboumeries rythmiques et la guitare juteuse, le travail de composition trahissait un je ne sais quoi de je-m’en-foutisme, les titres se contentant de faire tourner en boucle un riff ou deux, tandis que le chant goguenard s’avérait assez vite lourdingue.

 

Alors forcément, après un an seulement, on ne s’attendait pas à ce que les choses changent drastiquement…

 

> PLAY… Le rideau se lève sur « Reminisce In Bitterness ». Toujours cette bonne vieille prod’ d’époque, pleine de sable et de bermudas flashy trop larges. Le groove et la mélodie répondent cette fois encore présents à l'appel, même si on a l’impression que le ton se veut cette fois un peu plus sombre. Et puis le clavier et le refrain arrivent enfin, et tout devient clair: dites donc les zozos, vous ne seriez pas en train de vous inspirer UN TOUT PETIT PEU BEAUCOUP des copains de Faith No More des fois? M’enfin fermons les yeux sur cette criante similitude car le titre est sympa, bien que la basse ne fasse pas des masses de cabrioles. Et le voile gris-sage de se lever violemment sur le riff frelonnant de « Gee Forced », riff qui donne à ce titre une coloration 25% joyeux / 75% fulminant. Le morceau est cette fois encore très axé sur Madame la guitare et ses radotages en boucle mais 1) il ne s’agit pas cette fois d’un ou deux riffs seulement 2) et ceux-ci sont putain de jouissifs nom de nom! Et la partie d’être définitivement gagnée avec l'arrivée de « The Point of Madness », sur lequel la basse reprend enfin sa place, main dans la main avec la gratte, pour retourner faire les marioles sur la croisette, la chemisette au vent et la canette à la main.

 

Ce morceau est par ailleurs l'occasion d’introduire le nouvel invité de l’album, Neil Pearson, qui viendra faire couiner son saxo hystérique sur 2 titres. Mais on ne va pas dérouler ainsi toute la tracklist, ce premier aperçu étant suffisant pour vous faire comprendre que la petite année séparant les 2 premiers albums aura suffi au groupe pour faire mûrir ses habitudes de composition. Alors oui, effectivement, il reste toujours des titres un peu lourdingues très axés sur la répétition (cf. « Think Big » – dont la répétitivité hypnotique va jusqu’à rappeler Voivod en milieu de morceau – et « Men And Their Tiny Minds »). Eh oui, le chant d’Ernie s’avère encore casse-bonbons parfois (cf. le refrain gallinacé de « (I Dig That) Oral Mastication », ainsi que celui de « Sit Down Shut Up and Listen ») et pas toujours hyper inspiré (« Men And Their Tiny Minds »). Mais globalement la chose s’est bien améliorée, et l’écoute de ce second opus donne cette fois bien plus envie de faire la teuf’ que de rouspéter. D’autant qu'en dehors du chanteur, les musiciens ici impliqués sont particulièrement remarquables à leur poste respectif. Mention spéciale au très inspiré Steve qui, s’il lui arrive de balancer des soli un peu autistes (cf. la branlette trop longue et légèrement en décalage sur « Sit Down Shut Up and Listen »), nous sort régulièrement des riffs de malade, comme en ouverture de « Babble On tongue », ou en porte-drapeau de « Old Fuddy Duddy ».

 

Mais ce qui distingue tout particulièrement ce crénom de bon sang d'album, ce sont bien évidemment (« évidemment » pour moi en tous cas) les accès de folie bouillonnante que sont les « Gee Forced » et « Ignoramus », ainsi que les irrésistibles poussées de Swing funky offertes par « Inferiority Complex - I.C. », « Sit Down, Shut Up & Listen » et « Old Fuddy Duddy » – ces 5 mousquetaires offrant le meilleur d’une union improbable entre Infectious Grooves, Mordred et O’funk’Illo. Mais cela ne relègue en rien aux oubliettes le Thrash joyeusement furieux de « (I Dig That) Oral Mastication », ni les expérimentations impatientes de « Babble On Tongue » (on sent qu’il a la fibre Tom Morellesque l’ami Steve!).

 

C'est donc avec une patate grosse comme ça que l’on quitte Four Gone Confusion, en se demandant bien comment l’album précédent avait pu nous laisser sur un avis aussi mitigé. Comme quoi l’expérience, quand cela ne signifie pas assagissement, ça a drôlement du bon! Par contre ce 2e album nous fait regretter plus amèrement encore la courte vie de la formation – ainsi que la disparition récente (2016) de Mark, leur batteur. Mais pour leur rendre hommage et vivre à 100% chaque instant de vos prochaines vacances au soleil, pensez dès maintenant à ajouter ce superbe coup de boost funk-métallique à votre playlist Sea-Sex-And-Fun!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Level Up!! Sur Four Gone Confusion, le puissant flot de soleil, de slap et de Funk qui surgit dans vos oreilles vous fera oublier en un claquement de basse les petits loupés relatifs d’About Time. Ici on parle de Metal de Vacances avec un grand Yeah!

photo de Cglaume
le 03/02/2019

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