Swans - Leaving Meaning

Chronique CD album (91:14)

chronique Swans - Leaving Meaning

Ne rien dire et attendre, ne rien attendre et dire...

 

Leaving Meaning est donc la dernière incarnation en date des Swans.

Pour les distraits, 15 ans de carrière entre 1982 et 1997 ; pour moitié sur des K7 au son dégueulasse, qui finalement cernaient bien le propos, et une descente de trips vers une country folk aussi saumâtre qu'auto-centrée (Angels of Light).

Puis retour aux affaires en 2010 et rappel à l'ordre avec un vénéneux My Father will guide me up a rope to the sky (ouch) précédant un triptyque incroyable et mythique The Seer (le Bon), To be Kind (la Brute), The Glowing man (le Truand).

Trois ans plus tard, M Gira réactive une nouvelle fois la bête.

 

Michaël Rolfe Gira a 65 ans et probablement 10 vies derrière lui qu'il tente de résumer sur ce nouvel effort.

Parce que Leaving Meaning, tout Swans qu'il est, transpire l'effort, la justesse, l'émotion (plus « matérielle » que d'habitude). L'album se veut collégial et accueille dans sa conception, un line up hétéroclite pour lequel Gira s'exprime :

« Leaving Meaning est le premier album de Swans qui sort depuis que j’ai dissout le lineup de musiciens qui constituait le groupe entre 2010 et 2017. Swans est désormais composé d’un casting de musiciens renouvelé, sélectionnés pour leurs qualités musicales autant que leurs personnalités, choisi en accord avec ce que je pense être l’esprit du groupe, dans lequel j’aimerais que soient les chansons que j’ai écrites soient représentées. En collaborant avec moi, les musiciens, à travers leurs personnalités, goûts et qualités, contribuent énormément à l’arrangement des morceaux. Ce sont tous des gens dont j’admire le travail et dont j’apprécie tout particulièrement la compagnie. »

 

Ne rien dire et attendre, ne rien attendre et dire...

 

On devine tout au long de l'écoute que chacun des convives essaie de s'approprier un bout des 10 vies précitées. Et forcément avec des fortunes diverses.

 

Leaving Meaning est un album, vous l'aurez compris,  inégal, qui dégage parfois un sentiment d'inachevé. Un comble lorsque l'on compte des titres qui dépassent les 10 minutes et les 2 CD enquillent une heure et demi de musique.

À défaut de nouveauté, c'est un sentiment contemplatif qui submerge l'auditeur averti devant cet ensemble de pièces rapportées. Bien sûr, certains titres « The Hanging man », « Sunfucker », « Some new things » renvoient au monumental triptyque alors que d'autres « Annaline » ou l'extrait annonciateur « It's coming, it's real » versent dans une suffisance maladroite et anecdotique.

C'est l'un des problèmes majeurs de cet ouvrage, la langueur satisfaite de certains passages qui confinent à l'ennui.

 

Parmi les invités, on retrouve, The Necks, Anna et Maria von Hausswolff, Baby Dee, Ben Frost, et Hawk and a Hacksaw et bien sûr les Angels of Light (spirituellement du moins).

 

Ne rien dire et attendre, ne rien attendre et dire...

 

Leaving Meaning se présente donc comme une superposition de différentes compositions. Des morceaux qui se regardent du coin de l'oeil, se mesurent, se frôlent, s'enchevêtrent trop rarement que pour créer un Tout.

 

Ceci dit si Swans est mort,... Vive Swans... parce que quand même, tout ce qui a construit la légende de ce groupe hors normes et hors formats depuis presque 40 ans se retrouve dans cet album... maladroit.

photo de Eric D-Toorop
le 07/12/2019

1 COMMENTAIRE

gulo gulo

gulo gulo le 09/12/2019 à 09:15:43

Le Saint Triptyque doit être la période de Swans qui me fait le plus Chier (juste après la période lapins, faut pas déconner), et j'ai adoré ce nouveau, qui me semble une version plus flamboyante de My father naninana.
Gospel, soyeux comme pas deux (It's coming it's real, nom de nom !), effrayant comme dans le temps (The Nub, wow), avec des clins d'oeil à la période inustrielle et hallucinée (My phantom limb, succulente)...
Une réussite brillante, qui paraît durer quarante minutes.

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