HELMET - Seeing Eye Dog
Dès ses débuts en 1989, Helmet a pris le parti de développer un Metal résolument alternatif, comprenez – sortir des chantiers battus, intégrer des éléments « parasites » d’autres genres musicaux. Pari réussi dans un premier temps où des disques essentiels des 90’s (De Strap it on à Betty ) ont essuyé les plâtres de ce style de mélange. Helmet a bâti un son reconnaissable entre mille, une personnalité à part mêlant génie créatif, et bases rythmiques très dures. Les dissonances, le son distordu en clé mineure de Do, les rythmes syncopés stagnants dans une atmosphère lourde assoient le groupe de manière durable sous l’appellation un peu péjorative de « Metal Intello » comme si Tom Araya ou Scott Ian étaient des crétins finis !
Helmet, qui a failli s’appeler Helmut Kohl !, est avant tout le groupe de Page Hamilton. Le groupe a connu d’incessants changements de personnel depuis le départ des Bogdan, Mengede, et Stanier- tout autant fondateurs de la griffe Helmet que l’acerbe guitariste. SEEING EYE DOG est donc le septième album du groupe (en 20 ans). Dès le premier morceau So long, on retrouve les riffs tricotés, perçants, les rythmiques hachées, véritable marque de fabrique du groupe. Tiens, ils ont changé de chanteur ? Un ersatz d’Hamilton tend à vitupérer take off my money… non, c’ est Hamilton himself. Je m’informe auprès du patron de ce vénérable webzine, il me confirme , c’est bien le nouvel Helmet que j’écoute . Welcome to Algiers remet les pendules à l’heure, le groove blanc incandescent rappelle combien le groupe peut être une machine à riffs bien huilée, carrée presque robotique. Hamilton se laisse aller à un solo que l’on jurerait avoir entendu chez Dinosaur Jr, 90’s quand tu nous tiens ! Clairement, l’un des titres forts de l’album. La water met involontairement en avant, ce que l’on constate depuis le début : la vraie faiblesse du chant au point d’être méconnaissable. In person enfonce davantage le clou. Au point d’en perturber l’écoute. Le choix de doubler les voix ou d’y adjoindre des chœurs n’arrangent rien. Sous un déluge de solis intrépides, elles apparaissent au mieux anachroniques, au pire, fausses.
Morphing est une respiration loin d’être anecdotique dans le disque. Il s’en dégage une ambiance sombre proche de Sigur Ros. White city développe une approche plus pop, pour une ligne droite vers And your bird can sing qui sonne pour le coup comme du Oasis (sic) ! Miserable plonge dans le catalogue des Smashing Pumpkins pour être au final un titre bien emballé et le deuxième tour de force de la plaque. Les 6’30’’ de She’s lost qui clôture l’effort débutent sur un riff tout helmetien avant de se caler (autour des 2’50’’ ) dans un format Metal très classique pour se mouvoir dans une profondeur chère à Steve Von Till et de doubler la formule tout au long du morceau.
Seeing eye dog échappe de peu au naufrage. La faute à un chant, des chœurs, proches de l’erreur et toujours en rupture. La classe guitaristique et une formule parfaitement maîtrisée amènent toutefois à revoir l’ensemble d’un autre point de vue. L’album contient toujours son pesant d’estocades millimétrées qui nous ont fait aimer/aduler Unsung ou Betty. Se retrouver à chroniquer et estimer un groupe sur une valeur nostalgique n’a rien d’enthousiasmant ; comme regarder l’étincelle vaciller dans l’œil du chien qui se meurt. |
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[page du groupe Helmet] Support : CD album Tracklist : 1) So Long Année : 2010 Label :Work Song Label Durée : 37 Lieu d'enregistrement : Los Angeles |
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