
Style : Fusion ultra groovy
Année : 1992
Tracklist :
01. IntroLabel : Epic
S’il n’est pas rare que les side-projects en restent au stade du one shot – l’équivalent du petit coup vite fait plus ou moins bien fait lors d'une soirée trop arrosée –, il arrive néanmoins que ces aventures artistiques extraconjugales perdurent, quitte parfois à mettre en péril la solidité du foyer musical régulier. Avec Infectious Grooves, Cyco Miko et Roberto Trujilo réussissent à prolonger leurs séances de galipettes funky-délirantes tout en continuant à tenir leur rôle au sein de la maison mère Suicidal Tendencies. Ainsi 2 ans après « The Plague ... » sort « Sarsippius' Ark », deuxième album foutraque qui va aller se hisser encore un petit peu plus haut que son prédécesseur dans les charts du Billboard US (à la 109e position).
Sauf que malgré le statut officiel de 2nd album du groupe, l’arche de Sarsippius ressemble plus à un super EP rempli ras la gueule de goodies croustillants qu’à un nouvel album ayant nécessité un vrai travail de composition et susceptible d’offrir du nouveau artistiquement parlant. En effet quand on fait le bilan du contenu de cette 2e galette, on se retrouve avec l’équivalent musical d’un bon vieux hachis Parmentier qui aurait été mitonné à partir de fonds de casseroles divers et variés. Jugez plutôt: 2 chutes de studios des sessions de « The Plague ... », deux versions démo de titres figurant sur l’album précédent, 2 covers, 2 titres live … Ne restent au final que 4 vrais nouveaux morceaux enregistrés sur 2 sessions studio distinctes. Une compil’ faite de bric et de broc, vous avez tout compris… Le tout est ficelé à l’aide d’encore plus de mini-sketchs que ce à quoi le groupe nous avait précédemment exposé, Sarsippius – plus que jamais la mascotte/star du groupe – ayant ici le rôle d’un véritable M. Loyal. Et cette fois encore on en apprend toujours plus sur la sphère Sarsippius: le fait que notre Reptilian Lover ait finalement réussi à faire ses backups (sur « Don’t Stop, Spread the Jam »), son guitariste, son manager, ses exploits défécatoires … On découvre même – ô joie ineffable! – son nouveau tube de basic onomatopeous funk metal: « Spreck! »… Mais forcément, après un « The Plague ... » gorgé d’une fusion funky aussi juteuse qu’inventive, on a un peu l’impression que ce 2nd opus manque de substance …
Allez, brandissons fourchette, couteau et scalpel et analysons en détail ce que les funkaholics associés nous ont mis dans l’assiette ce coup-ci. Si l’on met de côté les clowneries de Mr Sulemenagic Jackson the 3rd, ainsi que les morceaux live – sympas, surtout « Do The Sinister », mais pas non plus démentiels – ainsi que les versions démos – « Infectious Grooves » est anecdotique, et « You Pick Me Up » est pas mal, mais nous rappelle trop « Therapy », sans l’égaler –, que nous reste-t-il? Les cover songs, oui, bravo élève Pidji, je vois que ça suit au premier rang! Et on ne peut que s’incliner devant le talent de nos loustics qui se réapproprient ces classiques (Du Led Zepelin et du David Bowie quand même!) pour en faire d’efficaces armes de groovification massive. On appréciera ensuite à sa juste valeur le pack « Turtle Wax » / « Don’t Stop, Spread the Jam » / « Three Headed Mind Pollution », mais on constatera quand même que si ça funkise toujours à mort (Cette basse! Ces guitares blindées d’effets wah-wah!), le groove est un peu plus mou (« Turtle Wax »), l’aspect « petites teignes rigolardes et dangereuses » est franchement émoussé, les vocaux ne sont pas toujours bien folichons (« Don’t Stop, Spread the Jam ») et c’est parfois un peu trop binaire (« Three Headed Mind Pollution »).
Heureusement, en plus des deux reprises franchement bien gaulées, le grand Groove Infectieux nous offre 3 nouveaux titres sacrément enthousiasmants. « Slo-Motion Slam » tout d’abord, où l’on retrouve la rage de la rue et cet ouragan métallique typique de la météo ST-ienne (allez donc ramassez vos tuiles après la tornade soufflant une 1ere fois à partir de 1:08). « These Freaks Are Here To Party » ensuite, incarnation métallique du mot « cool », qui bénéficie également du backbone guitaristique ST. Et enfin – et surtout –, « Savor Da Flavor », tube monstrueux et proprement infectieux dont on se demande bien comment il a fait pour ne pas trouver le chemin du tracklisting de « The Plague ... »!!??
Si vous avez suivi avec attention la vivisection ci-dessus, vous aurez compris que « Sarsippius' Ark », est un gros melting pot pas forcément hyper cohérent mais au gros potentiel sympathie, au sein duquel figurent 3 titres indispensables (chacun ses goûts, mais je vous défends de ne pas penser la même chose au moins de « Savor Da Flavor »!), 2 covers excellentes, et puis tout plein de bonus allant du très sympa à l’anecdotique. « Sarsippius' Ark » est donc un super EP à rallonge plutôt qu’un excellent album... Il s’est d’ailleurs avéré être une mise en bouche idéale pour faire patienter les fans une année de plus, dans l’attente d’un « Groove Family Cyco » de légende.


cglaume le 20/06/2010 à 21:21:15
IP : 91.163.20.137
Juste un très heureux hasard !! :))


fuzo le 21/06/2010 à 11:05:50
IP : 89.3.39.195
Pour les p'tits chanceux (dont je fais partis), le groupe passe juste avant la presta de Converge aux Eurocks' ! Non arrêtez là, je vais crever de bonheur. C'est trop !!!


vkng jzz le 21/06/2010 à 18:16:10
IP : 79.85.28.129
super prestation au hellfest, comme suicidal l'an passé, sans surprises mais gros pied. en plus, ils ont fait la reprise de led zep ! sinon pas le meilleur album du combo
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Matt666 le 20/06/2010 à 20:12:56
IP : 79.82.252.121
Tiens donc, n'y aurait-il pas un lien entre cette chronique et leur excellente prestation au hellfest vendredi ??