Le Skeleton Band - Bella mascarade

Chronique CD album (54.18)

chronique Le Skeleton Band - Bella mascarade

Trio montpelliérain,  Le Skeleton Band avait déjà fait son petit effet avec l'excellent Preacher blues aux relents de cabaret enfumé et portant les traces des univers de Tom Waits ou Nick Cave. Son blues-folk-rock fiévreux définissait une identité singulière et remarquable et avec Bella mascarade, le groupe confirme cette option sur treize titres sans défaut.

 

Sur des textes décalés et captivants, dont le recours occasionnel au Français ("Petit téméraire", posé, ou le jazzy "Rengaine rafiot") n'altère en rien la qualité, Le Skeleton Band élabore des trames apaisées, ou faussement tranquilles, voire agitées comme sur "Vagabond rags" qui ouvre l'album, et use d'un panel instrumental élargi qui lui permet une certaine richesse dans l'ornement.

Son univers passionne et transporte, à la manière des productions des artistes cités plus haut, et le groupe a de toute évidence d'ores et déjà trouvé une cohérence affirmée. "Permanent vacation" instaure cette fièvre, cette énergie à la fois racée et débridée caractéristique du groupe, et la douce folie des sudistes, alliée à une acoustique de toute bauté, fait mouche entre autres sur "William Lee Conkey".

 

Quel que soit le tempo adopté, le climat mis en place, qu'il soit encanaillé ("Mistake"), posé ou au mitan des deux, Alex Lee Jacob et ses acolytes réussissent dans leur entreprise et se démarquent, fait important, des autres productions hexagonales, quand bien même celles-ci génèrent d'indéniables qualités. On les aime dans leurs excès comme dans leurs moments de quiétude ("Emêchée la mêche"), dans leur démence créatrice aussi ("New Orleans"), et l'élégance du propos fait le reste, associée bien sur à un jeu racé et dérangé ("Banqueroute").

 

En fin de parcours, jamais le contenu ne s'effiloche, entre "The lamb & the slaughter", délicat mais porteur de cette tension sous-jacente, "Ronflant renfort" et sa batterie assénée puis plus effacée, au "décor" musical merveilleux, et pour terminer un "Sittin' on the top of the world"  fait d'un folk épais et dénudé, qui met lui aussi en valeur une musique chatoyante.

 

Et Le Skeleton Band signe avec ce nouvel opus une œuvre de choix, à ranger auprès de la première, qu'elle complète avec brio, et des oeuvres de Tom Waits et consorts.

photo de Refuse to keep silent
le 11/06/2011

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