Necrocomiccon - Hot Dog Cart Hunger

Chronique CD album (26:49)

chronique Necrocomiccon - Hot Dog Cart Hunger

Internet est un réservoir inépuisable de fondus du bulbe.

Et parmi les légions de métalleux sévèrement siphonnés qui errent parmi ce vaste HTM-Hell, Necrocomiccon mérite d'occuper un poste de haut gradé.

 

Pas sûr, par contre, que les ceusses planqués derrière ce patronyme croustillant assument vraiment leurs actes. Parce que c'est la croix renversée et la bannière pour trouver des infos sur ces gugusses. Il semblerait toutefois qu'il vaille mieux utiliser le singulier pour parler d'« eux », ce Black Metal Komedy Clvb n'abritant a priori qu'un seul musicien (… à confirmer quand même), Bill Henderson, le boss d'Azimuth Mastering. Il faudrait donc parler ici de One Man Show... hum, Band, voire même d'un projet ponctuel, plutôt que d'un véritable groupe.

 

Hot Dog Cart Hunger est le premier sketch... rhaaa, 'scusez : le premier album de cette joyeuse engeance. Et il n'y a pas besoin de brainstormer longuement avant de réaliser qu'il aurait tout aussi bien pu s'intituler Transylvanian Buster. En effet, sur ces 11 premiers titres, Necrocomiccon expose on ne peut plus clairement le but de sa quête : emblackiser joyeusement de grands tubes des années 80s. Parmi lesquels le thème de ce sommet du cinéma pop-corn qu'est SOS Fantômes. Pour arriver à son but, le comiccon use de moyens modestes, d'une prod' assez crue (… on est donc plus dans le raw que le sympho Black), d'une batteur qu'on nommera Raymond BAR, d'une ghoule aux cordes vocales bien nekro, de formats très courts... Pour un rendu souvent un peu trop synthétique. Mais doté de guitares tout à fait compétentes. Et d'un sens de l'humour d'un goût très sûr, sans crottes de nez collées sous la table, sans rires gras ni prouts malodorants (… comme c'est malheureusement trop souvent le cas parmi les groupes de Blague Metal).

 

Avouons-le : la réussite de ces onze réinterprétations s'avère assez variable.

Il faut dire que le tempo et la bonne humeur dégagée par certains des morceaux ici revisités sont assez antinomiques avec le grain et la touche « Dark Throne » visés. Ainsi « Danger Zone », connu pour figurer dans la B.O. de Top Gun, est clairement trop « léger » pour le job, et loupe donc logiquement le coche. Le relookage d'« Eye of the Tiger » – titre qu'on aurait pourtant imaginé taillé pour l'exercice – n'est guère plus probant, celui-ci s'avérant trop mélodique, trop bordélique, trop joyeux, trop « jogging sur la plage » pour bien faire. C'est vrai qu'on n'espérait pas grand chose d'« In The Air Tonight », et celui-ci confirme qu'il est en effet bien trop langoureux pour finir au fond d'un fjord norvégien balayé par le blizzard. Dernier de ces rendez-vous manqués, le « Final Countdown » de la Commission Européenne se voit revisité en mode synthé & gratte acoustique, puis dans un registre Metal mollement mou... On se demande bien pourquoi Necrocomiccon n'a pas essayé de le corpse-painter plus intensément : je reste convaincu qu'il y avait moyen de mieux faire...

 

En revanche d'autres titres s'en tirent bien mieux... Quoiqu'on sente qu'il y avait le potentiel pour en tirer encore plus. C'est par exemple le cas du morceau-titre, qui s'en va titiller Gozer en croisant les effluves sur la toute première piste. Celle-ci commence gloomy & creepy, ainsi qu'il se doit... mais finit franchement trop « cool Raoul » pour convaincre pleinement. Dans le même esprit, on est à deux doigts d’applaudir la reprise du « Everybody Wants To Rule the World » de Tears For Fears... Mais le tempo comme le ton restent trop guillerets pour remporter complètement la mise.

 

Par contre on n'a que peu de choses à reprocher à la version beumeuh de la roucoulade « Careless Whisper », qui se pare naturellement des atouts du grand Nord. Dans ce cadre glacial les mélodies de George Michael accompagnent la morsure du froid hivernal comme des corbeaux un cortège funèbre : avec à propos et naturel. On n'aurait pourtant pas parié un radis sur le résultat ! Le « I Just Died in Your Arms » de Cutting Crew s'en sort également avec les honneurs, quoique le rythme soit plus celui d'un Heavy Black viking torse-poil que celui d'un Gorgoroth en rut. On tombe également des nues en découvrant à quelle sauce « Somebody's Watching Me » s'est fait manger, le titre à l'origine très synthétique s'avérant ici bien méchant, bien Punk, presque impalednazarenien (… il est juste dommage qu'il se ramollisse le temps du refrain). Le dernier sourire entendu arrive avec le conclusif « Never Gonna Give You Up », Rick Astley se reconvertissant pour l'occasion dans un Heavy Black acide et conquérant, à mille lieues des intentions initiales du jeune (... ex-jeune !) Britannique.

 

Alors certes, ce genre d'exercice est plus destiné à rigoler avec les potes en grignotant des cahuètes, ou à s'ambiancer avant un concert, qu'à rentrer en communion avec les plus cornus des Dieux du Metôôl. Il permet cependant de passer un sacré bon moment, et animera avec à propos vos soirées « Blind Tests Tordus ». Alors pourquoi le bouder – d'autant qu'il est accessible pour la modique somme de 0 euro sur Bandcamp !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte : Phil Collins, Rick Astley, Tears For Fears, Yes, George Michael, Ghostbusters, Top Gun, Rocky III... Tous les posters placardés sur les murs de votre chambre pendant les années 80s ont été ressortis de leur malle pour décorer Hot Dog Cart Hunger, soirée costumée organisée au beau milieu de la Foire du [Dark] Trône à l'occasion de laquelle ceux-ci se font relooker à grand renfort de corpse paints et de pendentifs à tête de bouc.

 

 

photo de Cglaume
le 31/03/2024

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