Minushuman - Watch The World Die

Minushuman - "Watch The World Die"
chronique Minushuman - Watch The World Die

Persuadé que Watch the World Die était déjà chroniqué sur le site, je partais pour mettre un petit comm’ en bas de l’article écrit par l’un de mes augustes confrères, histoire [d’abonder dans le sens de l’éloge / de m’opposer avec véhémence contre la descente en flamme] effectué[/e] par ledit collègue. C’est que cet album ne m’est tombé qu’assez récemment dans les oreilles – ces dernières ayant décidemment la mauvaise habitude de louper le train de l’actualité brûlante – et qu'il m'a bien fessé le bottier (et vice versa). Maislà, surprise, « - B4? - Manqué... PLOUF!», coup dans l’eau: point d'article sur CoreAndCo, webzine pourtant à la pointe en matière de musique qui roussit le poil. Je loupe donc le porte-avion, mais gagne en contrepartie une chronique. Parfait, sautons donc sur cette occasion de prêcher la bonne parole aux ouailles encore plus à la rue que ma pomme…

 

C’est donc "back in 2008" qu’est paru l’acte de naissance des aquitains de Minushuman, et ceci en autoprod’, bien que Trendkill Records ait un temps baigné dans l’affaire (certains se rappelleront peut-être les violentes empoignades par communiqués interposés qui avaient alors enflammé le landerneau métallistique français). Et bien que sorti de plus ou moins nulle part et sans grosse structure pour l’épauler, le groupe s’impose immédiatement comme une formation sur laquelle compter, le son, la maîtrise instrumentale et les compositions étant d’emblée ceux d’un groupe établi, du genre qui a déjà 3 albums et 2 EP sous le bras.

 

M’enfin, comment se fait-ce donc?

 

En fait les musiciens impliqués dans l'affaire ont déjà tâté du metal velu dans d’autres formations, Dark Poetry, Athanor, j’en passe et des plus obscurs. Et il semblerait que ces premières armes affutées dans les sombres recoins de l’underground aient été suffisamment aiguisées pour que le bataillon Minushuman puisse monter directement au front équipé des plus rutilantes armures et des épées à 2 mains les plus létales qu’il soit concevable de posséder sur un premier album. Ouaip. C'est qu'on a affaire à des mercenaires aguerris là, pas à de jeunes appelés sachant tout juste dégoupiller une grenade.

 

Là où la fraîcheur du groupe pourra néanmoins se laisser deviner, c’est sur la relative hétérogénéité stylistique de l’album, celui-ci naviguant allègrement entre thrash/death mordant, modern saccades-core, mélo-Göteborgueries et lamentations vikingo-épiques légèrement blackousantes. On passe ainsi d’un « 6th Mass Extinction » qui démarre sur un sprint héroïque punkement thrash à « Empire », qui développe quant à lui des ambiances plus lourdes et sombres. Dans le même esprit, il faudra de bons amortisseurs pour passer du bûcheronnage moderne d’un « Failure » très Klonospherien à – peu de temps après – « Watch The World Die », pur hommage à At The Gate dont il est finalement assez étonnant qu’il ait donné son titre à l’album tant il est sans doute l’un des morceaux les moins personnels de la tracklist. « Failure » ou « Round Circles » s’étirant un peu en longueur, on chipotera également sur la légère dilution dont "souffrent" ces compos, celles-ci ayant pu être un poil plus sexys en maillots de bain si elles avaient suivi une petite cure d'amincissement avant de se rendre sur les plages #5 et #9.

 

Mais si la forme varie un peu et qu’on pinaille sur des détails, le fond reste étonnamment cohérent et extrêmement solide. Le secret de fabrication? Le liant utilisé par le groupe, fait de mélodies très présentes héritées du nord de l’Europe, et de fréquents détours dans le côté dark de la force, ce que le chant thrash/hardcore de Cédric renforce en glissant par moments légèrement vers le black. On appréciera également un don certain pour la création d'atmosphères crédibles et prenantes, le résultat lorgnant notamment vers la B.O. (cf. « Empire » et « Time Zero »). Et si l’ensemble de l’album est de haute facture, on retiendra tout de même « Liquid » – qui rappelle de loin les exactions des regrettés Scarve –, l’excellent « 6th Mass Extinction » précédemment évoqué, le scintillement lead mélodique de « Time Zero » ou encore le très bon instrumental « The New Order ».

 

Vous le savez peut-être déjà, mais ce bluffant début a d’ores et déjà été récompensé par une signature sur Season of Mist, sur lequel est sorti Bloodthrone, suite des aventures du groupe. Mais Sam vous en a déjà dit tout le bien qu’il en pensait ici même. Un excellent démarrage – en trombe oui, c’est comme ça que disent les gens qui savent –, qui me fait regretter d’avoir abandonné le promo du petit 2e. Va falloir que je mette la main dessus tiens!

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte:  un premier album bluffant de maturité, entre thrash moderne, mélodies suédoises et sombres horizons épiques. Et c’est français, oui Madame.

photo de Cglaume
le 09/10/2012

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