Pogavranjen - Jedva čekam da nikad ne umrem

chronique Pogavranjen - Jedva čekam da nikad ne umrem

Quand on vient d'un « petit » pays, metalliquement parlant, comme la Croatie et que l'on monte un groupe, il n'y a pas trente-six solutions pour pouvoir sortir du lot et pouvoir accéder à une exposition internationale. L’option copie-carbone d'un groupe à succès peut faire illusion le temps de quelques titres, mais sur le moyen et long terme, il faut pouvoir proposer une musique originale, ou tout du moins dans une niche peu fréquentée. C'est exactement ce que Pogavranjen a compris avec Jedva čekam da nikad ne umrem (« Je ne peux pas attendre de ne jamais mourir » dans la langue de Tesla). Mea culpa, je ne connais pas les albums précédents du groupe (au nombre de deux), et je ne saurais donc dire si ils se situent dans la même veine. Le style de cette troisième production est difficilement définissable, empruntant à plusieurs genres plutôt underground.



On ressent très bien dès la première écoute les racines du groupe plongent tout droit dans les fjords norvégiens du début 90's, mais il n'en reste pas là et offre un mélange entre post-black, psychédélisme, avant-garde, et progressif. A cheval entre tout cela, l'album s'ouvre sur une intro aussi inintéressante qu'inutile, sauf peut-être éviter de commencer in media res (tiens, je suis très locutions latines aujourd'hui) avant de se développer sur cinq longs titres. Le chaos prend la forme d'un metal planant, répétitif, mid tempo, qui est propre à Pogavranjen, mais qui s'inspire nettement des figures norvégiennes du metal tordu. L'ensemble est bien produit, bien exécuté, mais le groupe manque cruellement de chien et de folie, tout est trop propre et maîtrisé, en particulier pour ce type de musique. Un certain ennui finit par s'installer face à ces morceaux qui se ressemblent trop, avec peu de fulgurances émotionnelles, comme réalisé par des élèves qui s'éloignent pue de leur partition.



La démarche des croates est courageuse, volontairement expérimentale, mais trop sage pour réellement procurer le frisson à l’amateur de bizarreries que je suis. Il y a du bon apprendre dans cette sortie, mais pas de quoi se relever la nuit.


photo de Xuaterc
le 11/01/2017

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