Repuked - Pervertopia

Chronique CD album (45:14)

chronique Repuked - Pervertopia

« Et ça death old school, encore et encore

C’est trop, ça refoule, d’accord d’accord…. »

 

Il n’a pas tort le Frannn-ci-sseuh: on n’en sort plus de ce flot de raviveurs d’une flamme qui était forcément plus vive à ses débuts, quand les amplis crachotaient de la gadoue, que les amateurs de death n’étaient que poignées communiquant par Postes interposées, et que les cassettes 90 minutes trop usées restaient bloquées dans le lecteur, provoquant le tap-tap-tap caractéristique d’une chaîne HiFi usée ne réussissant plus à obéir aux injonctions d’une touche PLAY contrariée.

 

C’est donc Repuked que l’on accueille aujourd’hui à l’Ecole des Fans spéciale « Trve & cracra ». Alors, il est venu avec son papa et sa maman le morveux? Ils sont où dans la salle, fais voir…?! Alors maman ça doit être la dame aux origines manifestement suédoises, qui fleure bon les premières demo tapes enregistrées dans les caves de la proche banlieue de Stockholm… Et papa je suppose que c’est le monsieur qui ressemble à Chris Reifert, là, et dont le look me laisse penser qu’il ne conçoit pas une soirée réussie sans un bon bain de boue avec ses potes zombies… Et alors, qu’est-ce que tu vas nous interpréter mon petit?

 

Forcément, avec un tel patrimoine génétique, le rejeton ne risque pas de nous régurgiter des covers latino des tubes de Desireless, mais plutôt une version necro-punk du mélange résultant logiquement de ses origines américano-suédoises. Papa et maman laissant manifestement la porte de la chambre ouverte quand ils décident de jouer au docteur (légiste, le médecin), le petit garnement en aura profité pour enregistrer le résultat de leurs ébats sur ©Mon Premier Magnéto K7 de chez ©Playskool. Puis il aura réenregistré le résultat à travers ©Mon Premier Talkie Walkie de chez ©Hasbro, au fond de la remise, à côté d’une machine à laver en marche, avant de réarranger le tout afin que ça sonne encore plus crapoteux et purulent.

 

Bon, on se moque, on se moque, mais est-ce vraiment mérité? Pas tant que ça à bien y regarder, car Pervertopia est finalement bien sympatoche. Parce que finalement, même si ça ne sent pas franchement le neuf, ces vieilles ambiances de série B/Z des années 70s/80s pleines de Créature du Marais et de Maniac Cop réussissent à réchauffer nos petits cœurs d’horror movies freaks. Et quoi de plus cool pour sonoriser une soirée entre potes que cette grosse tartine de death bourdonnant, tantôt doomy et gluant, tantôt anarchiquement furieux, et sans cesse hanté par une chorale de goules, de sorcières édentées et de troll zombifiés assurée par l’ensemble des 4 membres du groupes? Pas prise de tête pour un sou – et certes tout aussi peu original –, Repuked propose de quoi contenter les plus indécrottables (au sens propre) nostalgiques, tout en offrant en bonus des passages à la limite du black chaotique, en posant des atmosphères aussi humides qu’un bandage de grand brûlé, et en jouant habilement d’une lead brumeuse et criarde qui égrène quelques mélodies rares mais chouettes flirtant parfois avec le registre épico-glacial (sur un « Morgue Of Whores » pas mal gaulé du tout).

 

OK, tout ça s’essouffle un peu sur la durée, mais on se régale sur un « Gag! » teigneux mariant avec bonheur assauts punky et coulées fangeuses proches du point mort, ou encore sur un « Orgasmic Death Deliverer » direct, mélodique et finement ambiancé. Et puis on finit de la plus logique des manières sur « Toxic Constipation » (endorsed by ©Fuca), adieu tripant en forme de long générique de fin en complète adéquation avec l’esprit "Tales From The Crypt" du bousin.

 

Bref, une prod’ marécageuse + des zombies postillonnants + du necro-death régressif + du glaire doomeux + de la bœuterie punkousante = prosper-yop-la-boum si vous êtes dans le trip fossoyeur de l'extrême, et bôôarf si vous êtes plutôt dans l’orthodoxie djent. Faites vos jeux, rien ne va plus…

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte:  un magma bourbeux entre les prémices du death scandinave et les premiers bubons de Chris Reifert, pas original pour un sou mais aussi crassement jouissif qu’une soirée Nekromantik / bière / Massacre à la Tronçonneuse…

photo de Cglaume
le 11/01/2012

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