Stinky - Of Lost Things

Chronique Vinyle 12" (31:19)

chronique Stinky - Of Lost Things

Est-il encore nécessaire de présenter Stinky? Le quintette nantais a, depuis son premier album Against Tide and Wide en 2015, acquis une petite notoriété (absolument justifiée!) qui les amènera petit à petit jusqu'à soulever la poussière de la Warzone lors de la XIVe édition du Hellfest et même une tournée au Japon, malheureusement reportée pour cause de petite maladie mondiale. Le combo mené par Claire Bousigue a écumé pas mal de tripots pour forger sa réputation et est maintenant suivi de près par une fanbase toujours au rendez-vous à tel point qu'un nouveau pressage vient d'être annoncé à l'heure où sont rédigée ses lignes (ndlr: mi mai), les pré-commandes initiales étant déjà sold-out. Jolie démonstration pour un troisième album. Mais ce dernier est-il à la hauteur? Une ébauche de réponse peut-être esquissée si je vous avoue qu'à l'écoute d' Of Lost Things, je me suis mis à mosher comme un con, seul dans mon salon, confinement oblige.

Analyse.

 

On ne va pas tergiverser trente-six mille ans. Ce n'est pas ici que l'on va dénicher de l'innovation et de l'expérimentation musicale. Par contre, on va trouver de l'efficacité, de la grosse mandale puissante et bien placée, du plaisir de se craquer les cervicales. On appelle ça une valeur sûre. Dès la piste d'entrée, « Revival Fire », le ton est donné. La caisse claire donne le tempo, rapide et nerveux, rapidement rejointe par un chant particulièrement hargneux. Je ne boude absolument pas mon plaisir sur ce point. Hargneux, franc et puissant. Je commence à penser que Claire Bousigue s'est fait greffer des cordes vocales en titane. C'est particulièrement vrai pour « Spring Letter » et « Strangers With Familiars Faces ».

Les riffs sont efficaces (je pense à cette belle réussite qu'est « Struggle ») plaçant l'ensemble dans le registre du hardcore mélodique. On alterne entre gros breakdowns bien lourds et lignes plus aérées et punky, comme « Unloving ». Une chose est sûre, cela fait mouche systématiquement; le tout ayant des effets aussi prononcés que le meilleur des analeptiques. On reste ici clairement dans la droite lignée de From Dead-End Street.

         

Toutes ces bonnes choses nous font oublier quelques menus détails tels que des choeurs cleans un peu abusifs, les incrustations de piano sur « Spring Letter » et la version unplugged de « Rough Diamond » issu de From Dead End Street. Certes, un peu de douceur ne fait jamais de mal, mais j'aurais tendance à dire que cette piste n'a pour seul effet que de nous laisser en plan. Toute l'énergie hargneuse accumulée sur l'album s'évapore subitement, nous donnant simplement l'envie de s'asseoir (on notera ici tout le pragmatisme de mosher dans son salon : le canapé est à proximité). C'est bien dommage ; « Rough Diamond » en acoustique avait le potentiel de briller par elle-même sans avoir à être incrustée sur un album.

 

Toujours est-il qu'Of Lost Things fait particulièrement plaisir. Le cap, toujours délicat, du troisième album est franchi avec brio. Hargneux, féroce et buriné par des années de pratique du mosh part, cet album est un condensé d'énergie à écouter sans modération. Mes cervicales s'en souviennent encore.

 

 

 

photo de Vincent Bouvier
le 11/06/2020

1 COMMENTAIRE

Freaks

Freaks le 11/06/2020 à 23:47:20

De toute première fraîcheur ce skeud ;)

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