Trans VZ - Progress/Regress

Chronique CD album (30)

chronique Trans VZ - Progress/Regress

Ah que c’est bon de retrouver ses repères parfois. Je ne connais pas TRANS VZ, même pas de nom, mais l’écoute attentive de Progress/Regress et quelques recherches confortent mon impression. Je pourrais vous faire l’inventaire complet des figures tutélaires de l’alternative rock des années 80 et des années 90 pour étayer mon propos. Vous risqueriez de confondre inspiration turgescente et plagiat éhonté. Je me risque volontiers à vous citer Gang of Four et Jesus Lizard, The Fall et Brainiac aussi.  Mais la figure paternelle qui pose son regard bienveillant sur le trio italien se nomme Talking Heads. Nous avons donc affaire avec ce premier album complet – après 2 EP- à un manifeste post-punk pur jus.

 

Ça groove et c’est saccadé, les riffs sont tranchants comme des scalpels, la basse vrombit et la batterie éclate autant qu’elle sautille.  Les doubles vocaux, précis, habillent de mélodies enragées les 10 plages de l’effort. Un mot sur la pochette, que l’on jurerait tirée de l’œuvre de Frank Kozik.

 

Hormis Three Second Kiss, je dois bien reconnaître que mon lexique roman, ombrien pour être précis - le groupe nous vient de Terni - est des plus sommaires.  « Jimmy (the jukebox) » utilise donc toute la grammaire des têtes parlantes tout en gardant son propre vocabulaire. «I’m not sure » se démarque par une configuration un peu plus folk, rafraîchissant, un temps avant l’explosion bruitiste de bon aloi et toujours ces voix de têtes. « The All seeing eye », on jurerait toujours David Byrne au meilleur de sa forme. Il faut attendre « Headache for dinner » pour mesurer l’ampleur des influences du trio latin et finalement se rendre compte qu’ils parviennent aisément à se défaire des liens trop étroits pour pleinement exister par leur musique. Le titre éponyme se risque à des incursions plus noisy du meilleur acabit.  En fin de route, on trouve le cavalier « I’ve lost my horse in Ohio » bâti sur une rythmique sautillante assurée par une basse costaude, on a affaire à un brûlot de l’après-punk dans la construction. La différence de ces compositions, la chaleur et une certaine forme de bonne humeur qui s’installe le long de cette demi-heure bien sympa.

photo de Eric D-Toorop
le 17/12/2010

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