Under The Conflicts - Nanar Nation

Chronique CD album (42:53)

chronique Under The Conflicts - Nanar Nation

Il y a des albums dont la chronique ne devrait pas être rédigée par CoreandCo mais plutôt par AlloCiné ou SensCritique. En tout cas, c’est le cas pour le dernier album de Under The Conflicts, groupe vendéen de hardcore/punk formé par des 5 amis qui sont pas là pour bouffer de la brioche.

Après une introduction électronique démentielle digne d’un générique entêtant de série des années 90 et qui met parfaitement dans l’ambiance, le groupe lâche les chevaux dès le premier titre et continue pendant les 42 minutes de l’album. Justement intitulé Nanar Nation,  il n’a qu’un objectif: mettre en musique un hommage à nos nanars cinématographiques préférés avec une B.O. hardcore/punk.
Pour ce faire, le groupe nous délecte de samples extraits de ces direct-to-DVD qui ont fait la fierté des Editions Atlas. Ca passe bien, on regretterait presque qu’il n’y en ait pas plus d’ailleurs. Mention spéciale pour la réplique culte de Cobra, la référence n'est pas nouvelle et sans surprise mais elle fait toujours sourire. Mention d'honneur pour celle sortie de Dead Snow qui a fait faillir mon coeur de fan de cet exceptionnel nanar qui sent bon...euh...le vieux frigidaire. Bref, toutes ces références de qualité, ça a tapé dans l’oreille du chroniqueur que je suis: fan autant de films (de merde) que de hardcore (pas de merde) et à la recherche d’originalité.

 

Les compos sont pêchues, bien construites, avec son lot de riffs vraiment efficaces et accrocheurs, sans chichis et classiques. Les morceaux virevoltent avec énergie du punk moderne à fond la caisse aux tournures hardcore plus bas du front. La qualité d’écriture est indiscutable et le potentiel live des morceaux est énorme ("Forrest Warrior"). L'ensemble a ce côté très frenchy des groupes de métal moderne des années 2000 et aura un effet de petites madeleines de Proust pour les au-moins trentenaires. En outre, le groupe n’hésite pas à ajouter quelques gimmicks sonores pour pimenter ses morceaux de quelques exotismes surprenants ("Zumbacore").
Enfin, Under The Conflicts s’est plié à l’exercice dangereux de la reprise et en propose une de "L’Aventurier". Bien que j’en ai, comme beaucoup, largement soupé de ce morceau de la bande à Sirkis, je trouve qu’il trouve particulièrement sa place ici étant donné qu’Indochine ont gagné malgré eux (merci les Inconnus) la place de groupe nanaresque (nanarnesque?)  officiel de la scène rock française.

 

Le grain de voix hardcore haut-perché, hargneux ("Dead Snow") est maîtrisé typique du style, avec des screams puissants. L'anglais des textes est plutôt bien préservé de cet accent franchouillard qui sent un peu trop le camembert et pas assez le burger, un sacré bon point.Côté instru, les guitares hardcore/punk sont en place et ne boudent pas les riffs énergiques. La basse est bien ronde, soutenue et soutenant et le batteur déborde d’efficacité et de poigne.Bref, tout le monde est en place, ça joue, ça envoie, on sent la cohésion, les mecs qui se connaissent bien et le rendu est donc très bon.
Niveau son, c'est évidemment très DIY et autant pour l'artwork, ça passe nickel étant donné que c'est raccord avec la thématique de l'album autant pour le mix, c’est...très très dommage. Vous voyez ces albums qui sonnent parfaitement mais qui proposent des morceaux moyens voir nuls? Et bien là, c’est exactement l’inverse, les morceaux sont excellents mais la qualité du mixage n’est pas au rendez-vous et ne remplit pas son rôle de vernis. C’est tellement dommage et hyper frustrant. Soyons clair, c'est propre, largement écoutable, et on n’est clairement pas dans la démo fait avec trois bouts de ficelles mais il manque de ce petit plus sonore, ce gros son bien fat que les gros productions amène dans une galette de ce style. Le kick est un peu écrasé, un peu plastique, les guitares manquent de corps et sont un peu chimiques, trop dans le fond et bien que leur son est loin d’être dégueux, les leads ne sortent pas assez ("Dead Snow"), le son de la basse manque du côté woof et le mixage global, un peu voilé, manque de glu, d'unité.

 

Mais comme il vaut mieux une prod moyenne pour d’excellents morceau plutôt que l’inverse, Under The Conflicts convainc sans peine et mérite largement sa note. Puisse le destin la prendre en compte pour leur offrir plus de moyens pour la suite, car avec ce premier album, le groupe déborde dors et déjà dans tous les sens, prouve qu'il a de l'énergie, des capacités, de l'inspiration et sait faire les choses sérieusement sans se prendre aux sérieux.

 

On aime bien: le concept, les morceaux, la cohésion totale du groupe, le potentiel live
On aime moins : le mixage

photo de 8oris
le 22/10/2020

2 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 23/10/2020 à 08:48:42

Lu et approuvé par Ze Craignos Monsters

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 23/10/2020 à 18:56:00

Fais pas ton JPP !

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