When Icarus Falls - Aegean

When Icarus Falls - "Aegean"
chronique When Icarus Falls - Aegean

L'émission de Fred et Jamy n'est plus.

Alors, cultivons nous en nous amusant avec When Icarus falls.

 

La chute d'Icare est un récit mythologique.

Celle d'un homme qui s'est trop approché du soleil, dont les ailes faites de plumes et de cire fondent et dont la chute est punie par la noyade. Bruegel l'avait superbement mis en image dans un tabeau lumineux dans lequel l'indifférence prédomine face au drame humain qui se joue.

 

When Icarus falls, ne peut laisser indifférent. Sa musique post-hardcore colle parfaitement à cette tragique enfoncée dans les eaux. L'H²O s'étend sur l'album jusque dans sa dénomination : "Aegean" étant le nom latin de la mer Egée ou encore "Achéron", fleuve qui conduisait jusqu'au Styx, le cours d'eau amenant vers les Enfers les innombrables corps inanimés.

Cette époque antique colle à l'album au travers de titres comme "Hadès", ultime rencontre des âmes damnées : la mort telle qu'on la craignait il y a 2000 à 2800 ans est omniprésente dans cette sombre demie-heure.

 

Nombreux sont ceux qui ont déjà abordé cette thématique ou l'angle historique dans leurs albums. Mais les derniers soupirs insufflent de l'inspiration aux musiciens attirés par les ténébres.

Les bourreaux utilisent le piano à la première seconde : "A step further", traduisible par "Une marche de plus" sonne comme le pas lourd d'un condamné qui monte sur l'échafaud. 

 

Commence alors un voyage jusqu'à "Hadès". Alors que les suisses s'obstinent à regarder sous terre, nous, auditeurs ne pensons qu'à ceux qui vouent un culte à la Lune. L'influence des suédois est inévitables. 

Sans doute est-ce en regardant le reflet de l'astre nocturne que s'inspirèrent les guitaristes helvètes, tant leurs harmonies rappelent celle des pères de "Salvation".

 

Les périples sont parfois longs, et tortueux, celui-ci est clairement noir. Parfois effrayant comme lorsque retentissent les tambours de la renversante "What we know thus far".

Bien d'autres noms comme Isis nous traversent l'esprit, l'atmosphère froide, sombre est néanmoins si travaillée que When Icarus falls apporte sa pierre à l'édifice du genre.

 

Durant cette chute entre le soleil et la terre qui dure plus de 43 minutes, on voit un paysage qui, de loin, ressemble à tous les autres. Ce n'est pas en balayant d'une écoute qu'on découvre entièrement ce périple morbide. C'est en le décortiquant qu'on en vient à être particulièrement touché par la voix d'outre-tombe, qu'on laisse son corps vibrer aux sons lourds et agressifs de la section rythmique  et que les secondes défilent à la vitesse qu'elle décide d'imprimer. Sans cela l'album serait bien fade.

L'accueil d'Hadès dans ses enfers est à la hauteur de sa réputation : tout est fait pour nous empêcher d'en sortir...[durant 10 minutes (l'Art a des limites humaines quand même)].

 

Du post-hardcore tout ce qu'il a de plus classique, mais extrêmement raffiné. Seule la nouvelle prière du Culte de la Lune ("Vertikal") peut stopper la chute d'Icare dans son irresistible plongée abyssale.

photo de Tookie
le 29/03/2013

4 COMMENTAIRES

Mi

Mi le 29/03/2013 à 14:30:30

HO² : le nombre d'électrons de valence des trois atomes impliqués dans l'affaire interdit clairement l'existence d'une telle molécule. Je réclame un non-lieu sur cette chronique.

Tookie

Tookie le 29/03/2013 à 19:07:57

Ma dyslexie et/ou mon incompétence scientifique ne méritent pas la déclaration d'inutilité publique de cette chronique réclamée par ton commentaire !
Mes oreilles elles se portent bien et sont formelles : cet album est bien cool !

Mi

Mi le 30/03/2013 à 15:09:49

J'avoue qu'il est plutôt sympa, je suis assez d'accord avec ta chronique :) Peut-être un peu monotone quand même (l'album hein, pas ta chronique!). 7 ou 7,5.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 30/03/2013 à 18:55:53

Un peu de culture en début de chro, bordel de merde, ça change de certaines vulgarités.

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