Witchcraft - Black Metal

Chronique CD album (33 min)

chronique Witchcraft - Black Metal

Peut-être que d’aucuns se rappellent de leur passage sous la Valley à l’occasion du Hellfest 2013, en tout cas moi me rappelle-je de leur performance +++ à Oslo, lors du dernier Inferno Fest. Sur la scène du Rockefeller en ce jour du 18 avril 2019, les Suédois de Witchcraft ont claqué un très bon set de Heavy Rock teinté de doom et de psyché qui dénotait alors d’une programmation purement Black/Death.

 

Rien de tout cela est au menu de leur 6e album (le 3e chez Nuclear Blast). En fait, au menu de SON 6e album, puisque le 1er mai marque la sortie du travail acoustique du seul Magnus Perlander. Le mastermind de Witchcraft a créé ce groupe en 2000, en vue de réaliser un tribute à ses idoles du moment : Roky Erickson et Bobby Liebling (du groupe Pentagram). Quatre ans après la sortie de Nucleus, cet opus, étrangement et fort abusivement intitulé Black Metal, est l’unique rencontre du frontman et de sa guitare pendant 7 morceaux et 33 minutes. Seule une présence plus que clairsemée du piano dans "Sad Dog" vient casser bien timidement ce tête-à-tête.

 

En agissant de la sorte, Pelander a remédié d'autorité à la forte instabilité ces dernières années du line-up, qui était parvenu bon an mal an à se fixer, avec Tobias Anger (2 Ton Predator, All Hell) à la basse et Ragnar "Rage" Widerberg (Shadowquest, Witherscape) à la batterie. Le leader avait lui-même lâché la guitare pour se concentrer sur le chant après leur (son?) album de 2012. Avant de reprendre la gratte depuis.

 

Magnus "j'suis le mastermind de Witchcraft" Perlander

 

On nous promet ici un mix – séduisant à première vue – entre Bill Callahan et Elliott Smith. Le résultat final, minimaliste sur bien des aspects, et d’abord du côté de la prod’ (ouch, y a-t-il vraiment eu un mastering ???), nous renvoie une musique brute et fragile, qui fait écho aux mots simplistes et désuets choisis par Magnus Perlander pour dépeindre notre existence même. Ses capacités vocales, bien réelles, ne sont pas fondamentalement en cause ici. Ces paroles sont finalement trop sèches et inégalement investies (pas mal par contre le sifflement des « s » de "Elegantly Expressed Depression"), au regard de l’ambiance lente, dépressive, parfois élégante et joliment décatie que le musicien s’est évertué à construire dans cette proposition acoustique. C’est ainsi que les moments marquants de "Free Country" sont ceux-là même où, à trois reprises, Perlander met sa voix de côté pour se concentrer sur sa guitare, qu’il utilise alors à bon escient grâce à une composition soignée. Pour le reste, mon adhésion n’a pu être ni franche, ni entière : plaisants "A Boy And A Girl" et "Sad Dog", mais lassant "Sad People", longuet "Grow" et over-assommant "Take Him Away".

 

N’est pas Gary Jules, qui veut.

 

Black Metal - je ne m'y fais décidément pas du tout à ce titre trompeur - est-il les prémices d'une « nouvelle direction », d'un « nouveau territoire » ? Bordel, je n’espère pas ! Je l’aimais bien le Doom Rock/Metal psyché de ces Suédois !

photo de Seisachtheion
le 02/05/2020

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