Your Own Film - Forever lost

Chronique CD album (65:00)

chronique Your Own Film -  Forever lost

Je t'avais déjà parlé de Your own film il y a un peu plus de deux ans, pour son premier album "01" après bien des années de gestation. Douze (!) pour être précis.

Le groupe revient déjà, en 2016, après un EP instrumental, sans nom, dispersé au gré du hasard, que quelques chanceux ont eu sur leur route (au détour d'une promenade dans la contrée picarde amiénoise par exemple ou d'un peu de repos heureux sur un banc quelconque).

Il s'agit cette fois d'un LP...d'un "très Long Play" puisqu'on en a pour 65 minutes de musique.
Et celui-ci n'a rien d'instrumental...

Enfin, et surtout, Your own film s'aventure vers un univers assez éloigné de celui crée sur "01".


Alors que le précédent hurlait un désespoir très électrique, celui-ci transpire une mélancolie plus post-rock.

Ces 65 minutes reposent sur le timbre fragile et déchirant d'un chanteur qui sait en l'espace de quelques mots, susurrement, cris, plaintes, plonger un morceau et son auditeur dans une noirceur sans fin.
Cela ne l'empêche pas d'avoir l'aide de choeurs ("Tender", "The foreigner") ou d'une voix féminine douce ("King"; "Blue"; "I don't mind").
Parce que si cette voix est aussi singulière que charismatique, elle ne manque pas d'user sur la longueur.
 

13 morceaux, qui hormis, une petite pastille de 2min20, durent plus de 5minutes en moyenne. Voilà qui fait plutôt copieux à avaler. Il vaut toujours mieux avoir "trop que pas assez", j'te le concède.
A l'aide tantôt d'une guitare electrique, tantôt d'une guitare folk, les morceaux déroulent sur un rythme assez lent, qui, malheureusement, traîne parfois en longueur.

Cela n'empêche pas l'album d'être touchant, prenant, dans une ambiance froide, grâce à ce son parfaitement lisse, d'une grande propreté.
Prises individuellement, les pistes sont d'ailleurs toutes prenantes. Il est juste dommage que la longueur, l'accumulation desserve l'expérience d'écoute..

Surtout que le groupe n'a pas besoin de grand chose pour atteindre l'auditeur : cela peut tenir en quelques notes sur un piano, un violoncelle ou quelques accords mélancoliques, mais les créations de Your own film captent l'intérêt, et laissent toujours pantois. 

 

Le groupe ne souffle pas la joie de vivre. Mais après tout, derrière les idées tristes et torturés, se trouvent aussi les sensations d'"être".
C'est ce que cet album respire et transpire, non sans imprimer un certain esthétisme, dénué de toute fioriture.

photo de Tookie
le 19/04/2016

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