Absinthe (provisoire) - Alejandra

Chronique Maxi-cd / EP (59:57)

chronique Absinthe (provisoire) - Alejandra

Absinthe (provisoire) est un groupe que l'on peut qualifier de "très dûr à chroniquer". Bah oui, ça arrive ; on écoute le cd, et on se dit "merde, comment je vais bien pouvoir parler de ce groupe ?"... Alors commençons facilement avec une petite description : le groupe en est à son deuxième album, a 6 ans d'existence et a déjà partagé la scène aux côtés de GODSPEED YOU ! BLACK EMPEROR, THE EX ou encore CHEVAL DE FRISE.

Ce second album donc a mis du temps à émerger car il a été enregistré en décembre 2004, mais n'est sorti que récemment sur le label DISTILE RECORDS (déjà responsable des sorties de LOOKING FOR JOHN G et SWIMS). Voilà pour la présentation globale, parlons maintenant du contenu. Le style principal est post-rock, même s'il y a du chant et des cris de temps en temps. Mais ce serait très réducteur de s'arrêter à cela ; car le groupe a un côté psychédélique très prononcé, et très barré. Pour preuve, l'album ne comporte que 4 titres, mais dure 1 heure. Dès le premier morceau, il faut s'accrocher pour ingurgiter les 28 minutes 43 sans broncher. On démarre tout doux, avec un texte parlé (qui ne démarre qu'au bout d'une minute), on croit que ça va partir mais le tout est retenu ; puis au bout de 5 minutes ça décolle avec une batterie énervée accompagnée de guitares qui ne le sont pas moins. Les riffs sont bons, intenses, et ça dure 4 minutes avant de redescendre lentement mais sûrement. C'est un peu ça, ABSINTHE (PROVISOIRE) : des chutes aussi longues que les envolées rythmiques, accompagnées de passages aériens, mélodiques, mélancoliques, sombres, haineux, bref, rien de tel pour alimenter sa dépression nerveuse. Alors forcément, difficile de rester attentif tout au long de l'album ; surtout que par moments on a du mal à comprendre ce que cherche à prouver le groupe.

Malgré cela, d'autres passages beaucoup plus intéressants sont là (les plus électriques pour ma part mais les plus calmes sauront trouver leur public aussi) pour dynamiser cet album, le titre que je préfère ici étant "Love song for a dutch bitch" (17 minutes). Mais accompagné des 3 titres précédents, le tout sonne un peu trop dans un trip "math-post-rock" (ah on vous l'avais encore jamais fait celle-là, hein ?) qui part trop dans tous les sens pour que j'aie vraiment du plaisir à revenir sur ce disque et tout écouter en entier. malgré tout, le fait de n'avoir que très rarement (jamais ?) entendu un groupe de ce genre en France mérite vraiment qu'on leur prête une attention certaine; en gommant certains défauts le groupe pourrait accoucher d'un OMNI exceptionnel.

photo de Pidji
le 20/12/2006

1 COMMENTAIRE

Radioshack

Radioshack le 10/11/2012 à 22:04:28

Belle chronique même si je ne suis pas forcément d'accord sur certain point. Tout d'abord Absinthe (provisoire) n'a rien à voir avec du math-rock, ça reste du post-rock (oui, même s'il y a du chant, les groupes instrumentaux sont souvent, à tort, étiquetté en post-rock, alors qu'on retrouve comme grand symbole de ce genre des groupes tel que Sigur Ros) progressif à la GY!BE (& cie avec A Silver Mount Zion, Fly Pan Am), Rome Buyce Night et j'en passe. Sinon, pour ma part, Absinthe n'a rien à nous prouver, leur truc c'est d'improviser, de sortir leur tripes, sans se poser de question, et c'est surtout (à cause?!) de ces raisons qu'on a du mal à rentrer dedans, peut-être. Ce groupe atypique, mélancolique, organisé autour de 3 guitaristes et d'une batterie (pas de basse pour eux) est une des rares formations françaises à savoir captiver un certain public. Cet album vaut bien plus que ce que l'on pense et surtouts les premières écoutes, et dévoile toute son intimité dans une atmosphère très sensible, fragile, l'hiver, ou quand on a un coup de blues; la magie et la beauté se dévoile complétement. Ils sortent leur troisième triple album (III) en 2011 avant de se séparer la même année. Alejandra restera l'album culte de ce groupe à part. Merci pour cette chronique, qui cerne un groupe dans l'ombre mais pourtant intéressant.

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