Ànteros - ...y en paz la oscuridad

Chronique CD album (35:31)

chronique  Ànteros - ...y en paz la oscuridad

Après son anecdotique single Coventa sortie en 2018 et son chef d’œuvre incontesté qu’était l’album Cuerpos Celestes sorti en 2017, Anteros en a fini de tester notre capacité de résistance à la frustration. Resté sur ma faim et à la fois réenchanté par la sortie de l’esseulé titre Coventa, je me languissais avec ennui du combo Ibérique. Cuerpos Celestes m’avait littéralement retourné le cerveau et la tripaille, j’en attendais donc vraiment beaucoup avec la sortie de Y En Paz La Oscuridad.

 

Profitant de son assise solidement campée avec Cuerpos Celestes, le combo continue d’œuvrer dans un style qui fait la part belle à la transversalité. Du Post-hardcore au Post-Metal, en passant par le Post-rock, Anteros manie et condense avec le même feeling les manifestations esthétiques de tes formations Post-machins trucs préférées. Et cerise sur le steak de veau, l’esprit Skramzy et les vociférations émotives, si précieuses à l’entretien de ton romantisme épidermique, sont toujours au rendez-vous. Voilà en somme ce à quoi en réfère stylistiquement le dernier Anteros. Rien de nouveau sous l’soleil, on prend les mêmes et on suit avec Y En Paz La Oscuridad le sillon brillamment tracé par Cuerpos Celestes.

Pour autant, si la production est aussi léchée et que l’esthétique, le riffing, la structure des morceaux etc., restent calqués sur Cuerpos Celestes, l’impression générale laissée après l'écoute de Y En Paz La Oscuridad diffère de celle laissée par son magistral prédécesseur. Certes, Y En Paz La Oscuridad reste un excellent album mais j’avoue ne pas m’être fait autant chahuter et transporté émotionnellement que sur Cuerpos Celestes. En cause, l'état de grâce d'antan quelque peu disparu et des attentes bien trop importantes.

 

L’album démarre sur « Legado », une ode crépusculaire et organique qui force paradoxalement à la quiétude et à la mélancolie. Des paradoxes qu’aime toujours entretenir Anteros lors d’ambiances partagées entre l’étincelant et l’obscure. Sans être hyper accrocheur et quelque peu dispensable, ce préambule nous promet un album qui restera esthétiquement dans la veine de Cuerpos Celestes. C’est « Espectros », le deuxième titre qui se chargera de nous faire rentrer pour de bon dans cet album.  Titre complet où se côtoient des accords denses et tranchés avec dans les moments d’accalmies, des lignes mélodiques sublimes et éthérées. Titre condensé où tout le savoir-faire des Espagnols est mobilisé. Malheureusement, c’est sur ce deuxième titre que survient ma première contrariété. Le potentiel du pont céleste et joliment amené sur « Espectros » est à mon sens gâché par les accents popisants du chant. Je trouve cette séquence bien trop sirupeuse par rapport à la détonante conclusion du titre. Idem pour le titre « Cenizas », la facilité de son lyrisme et de son riff metalisant m’ont vraiment barbé. Et c'est bien dommage car le dénouement tendu et tout en progression du morceau fonctionne vraiment très bien.

 

Voilà pour mes quelques réserves, on passe maintenant à ce qui m’a plu sur ce Y En Paz La Oscuridad. En gros, tout le reste de l’album. A commencer par « Solo Mar, Solo Tierra ». Un titre densement riffé, comme souvent chez Anteros, et dont on se délecte de bout en bout. Mention spéciale pour son solo qui avec la sobriété de ses bends et de ses larsens arrive à sublimer ce stylisé instant de bravoure. « Sombras » est efficace et brut de décoffrage, son final néanmoins un peu longuet. « …El Pasage », est une ballade Folk-rock du levant qui aurait pu figurer sur Houses Of The Holy de Led zepellin. Ce titre apporte, sans aucune équivoque cette fois, la seule teinte majeure et solaire de l’album. Un mouvement crépusculaire à l’instar de « Legado » mais en quelque sorte inversé. Une ode à l’aurore triomphante. Enfin, « Ultravioleta » est un titre fleuve à la « Oscuridad » qui alterne entre vélocité et lenteur, entre moments calmes et mystérieux, lancinants et indécis, pour se conclure sur un riff lourd de conséquence, ponctué d’un scream fait de rage et de désarroi. 

 

Dans l’ensemble le niveau d’écriture est un peu en deçà que sur Cuerpos Celestes. Des arrangements notamment sur le chant clair dénotent vraiment trop, et ce quand bien même les contrastes sont au cœur de l’identité d’Anteros. Aussi, si l’on restait religieusement suspendu aux riffs et aux ambiances développées sur Cuerpos Celestes, il y a sur Y En Paz La Oscuridad des moments plus flottants, inégaux et à mon sens un brin ronflants. Si le combo semble un peu moins inspiré qu’auparavant et que l’état de grâce moins prégnant depuis Cuerpos Celestes, Y En Paz La Oscuridad n’en reste pas moins un album riche en idées et conséquent émotionnellement. Sa seule faiblesse, et qui altère un peu mon jugement, c’est d’être le successeur du sublime Cuerpos Celestes. Néanmoins, et pour rester raisonnable, Y En Paz La Oscuridad c’est indépendamment de Cuerpos celestes du très bel ouvrage. Le groupe reste brillant et convaincant. La manière qu'il a de dérouler des ambiances clair-obscur, tendres, mélancoliques et à la fois montées sur des ressorts hardcore retentissants est toujours aussi éloquente. C'est certain mes attentes avec Y En Paz La Oscuridad ne sont pas tout à fait satisfaites, néanmoins mon amour pour la musique et le mythe d'Anteros reste indéfectible et inconditionnel.

photo de Freaks
le 04/11/2020

5 COMMENTAIRES

pidji

pidji le 04/11/2020 à 21:41:54

Aaaaaaah je suis un peu mitigé après quelques écoutes... Malheureusement il n'est pas du niveau de "cuerpos celestes" qui était magnifique... Du coup, difficile de ne pas comparer 😞
Mais il y a quand même de bons titres !

Freaks

Freaks le 04/11/2020 à 23:24:19

Les titres sont nettement moins accrocheurs, moins élaborés.. Ca reste sympatoche hein! ;)

nipalvek

nipalvek le 09/11/2020 à 14:43:47

Anteros avec un À. Je me suis fait eu de cette subtilité orthographique. 

nipalvek

nipalvek le 09/11/2020 à 15:03:21

Sinon, ce groupe m'était inconnu. Les post trucs me foutent toujours le bourdon mais pas là. Ca caresse dans le bon sens du poils,  cette quiétude mélancolique fait du bien en fait

Freaks

Freaks le 09/11/2020 à 20:09:35

J'avoue, j'ai un peu fait mon flemmard pour l'accent.
SI tu as aimé l'ambiance de cet album, jettes toi sans plus attendre sur Cuerpos Celestes, c'est encore un cran au dessus ;)

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