Behemoth - The Apostasy

Chronique CD album (40 minutes)

chronique Behemoth - The Apostasy
Trois ans après un «Demigod» des plus enthousiastes et redoutables revoilà Behemoth et son huitième album répondant au doux nom de «The Apostasy». L’attente fut presque trop longue, mais totalement récompensée, car ce nouveau rejeton des Polonais est une tuerie de grande envergure, à la fois terriblement dévastateur et attirant. Poursuivant l’évolution musicale vers un death brutal, laissant de plus en plus le côté black pour revenir doucement au classicisme du death, voire du old-school, mais doté d’une très grande inspiration.

Débutant par une intro aux chœurs féminins charmeurs, la mise en ambiance se fait progressivement, et dès le premier vrai morceau, c’est le gros coup sec derrière la nuque. «Slaying The Prophet Ov Isa» envoie la sauce. Les blasts déboulent, les riffs assassins viennent trancher et Nergal, hurleur en chef, vient nous assommer de ses paroles. Doucement s’insèrent de légers cuivres en fond et le tout part dans une ambiance sombre, rappelant nettement les méfaits de Nile. La prod est parfaite, tout ressort parfaitement. Entre des guitares incisives et une batterie dévastatrice, sans oublier l’apparition plus dominante de soli mélodiques et de chœurs, tout est calibré au millimètre près. Le travail effectué par Bergstand est excellent.

Musicalement, le groupe s’est encore amélioré par rapport au précédent album. Si la violence est de mise et n’est jamais délaissée, le groupe tire aussi partie de «mélodies» percutantes. S’il est clair qu’il n’y a pas vraiment de passages mélodiques à proprement parlé, le groupe a su faire de chaque morceau un titre unique et nettement discernable des autres. Soit par l’ajout de clavier à certains moments, ou de chœurs etc…comme par exemple le superbe «At The Left Hand Ov God» avec son intro à la guitare acoustique, et Nergal accompagné de chœur (rappelant les origines black du groupe). Et, à l’instar des américains de Nile, le groupe parvient à mettre en place une ambiance malsaine et terriblement prenante à ses compos. Que ce soit par l’utilisation de samples orientaux, des chœurs ou simplement en ralentissant le rythme histoire de bien peser sur l’auditeur et de l’étouffer. Bien entendu, Behemoth fait toujours son bulldozer et nous offre des titres d’une violence extrême. Ainsi, tel un mur de brique, «Kriegsphilosophie» ou «Be Without Fear» viendront vous exploser les cervicales à coup de riffs incisifs et de blasts démentiels.
On sera même surpris de découvrir un morceau à la limite du doom/death. En effet, «Inner Sanctum» ralentit nettement le rythme, incorpore des nappes de clavier mêlés à la voix de Nergal des fois chuchotée et d’autres fois hurlée (fallait l’oser !!!), des touches de guitares acoustiques etc…le rendu est tout simplement bluffant et inattendu.

Du côté des ratés on pourra évoquer quelques morceaux un peu plus classiques, comme «Libertheme» ou «Arcana Hereticae», qui malgré une qualité certaine, ressortent assez peu du lot et sont moins dignes d’intérêt que le reste du cd. L’album se clôture sur «Christgrinding Avenue», un titre démolisseur de tympans , ne faisant que très peu de quartier, mais avec un final de toute beauté, où copulent riffs death mid tempo, différents petits samples discrets et une voix féminine.

Sans réellement marquer une nouvelle ère musicale pour le groupe, il est clair que «The Apostasy» est un album magistral de Behemoth. Sans renier ses anciens opus, le groupe s’oriente tout de même vers un death old-school, mais de grande facture et surtout, un death où la personnalité du groupe s’exprime à plein régime. Mêlant à la fois ambiance malsaine et noire et une brutalité extrême sans que cela soit indigeste, le groupe confirme son statut de grand groupe.
photo de DreamBrother
le 22/06/2007

2 COMMENTAIRES

Inhuman

Inhuman le 25/06/2007 à 19:35:19

Vraiment un trés bon album.
Plus aucune trace de black mais du death plutôt brutal de trés grande classe.
Bien produit (bien que la version promo soit non masterisée) trés bien foutu.

DaroK

DaroK le 13/12/2007 à 22:27:54

"Not to be, but to become"
Nergal, Behemoth

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