Combos - Steelo

Chronique CD album (25:00)

chronique Combos - Steelo

 

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En réaction à cette citation, je vous joins cette lettre ouverte à Russell Crowe :

 

"Ô mon Russell, le punk c'est tout sauf du désarroi. Certes, ça peut être de la picole et parfois un peu de castagne, mais ça, même quand t'étais une méga-star, tu pouvais pas t'en empêcher : je pense que t'as ça dans le sang et que le punk n'était qu'une vague excuse à ton comportement "jemenfoutiste".

Mais revenons-en au punk. Il aurait fallu que dans ta jeunesse tu croises des mecs comme ceux de Combos. Je sais, dans ta Nouvelle-Zélande natale ou même à Sydney (là où t'as grandi et commencé ta carrière), t'aurais pas croiser CES gens là. Déjà parce qu'ils ont 25 ans de moins que toi, mais aussi parce qu'ils sont Norvégiens.
Pas au bon endroit et pas au bon moment. Ok t'as pas de chance (si on excepte le fait que tu sois millionnaire).
 

Il n'empêche qu'il en faut des mecs comme ceux de Combos. Pas qu'ils révolutionnent quoique ce soit, mais ils torchent les 26 minutes de Steelo avec une variété et une aisance qui dépassent tes capacités d'acteur studio. (Je plaisante, t'es vachement bon, je t'adore mec).
On peut être punk et faire du punk-hardcore et ne pas exprimer son "désarroi". Au contraire ! Le titre d'ouverture "Boom Shakalaka" exprime un sentiment de super-puissance, d'aisance*. Un peu comme quand t'as fini le visionnage de "Master and commander" ou que t'avais dégommé quelques gladiateurs dans l'arène.
En plus de donner la patate, "Boom shakalaka" reste en tête, donne envie de bouger. Et ce n'est qu'une mise en bouche.

Une fois l'allure donnée avec une accélération digne de ta Maserati qui passe de 0 à 100 km/h en 3.4 sec, Combos ne ralentit pas et déroule son punk-hardcore avec une capacité à caser un refrain réussi, un riffing super efficace. Le groupe joue même à sortir de son style de prédilection sur quelques ponts ("Meme supreme"), modifie quelques sonorités ("Make money take money") quitte à se la jouer moins noise et plus pop. À l'inverse sur le pourtant très catchy-punk-HxC "Mad beef" on se retrouve avec un passage quasiment "black-metal". Sans doute pour répondre à une exigence gouvernementale de protection de l'identité culturelle norvégienne de placer un élément black-metal dans chaque production musicale du pays.

Les scandinaves ne font pas pourtant la nique à leur personnalité en étant plus bas-de-front comme sur le morceau-titre "Steelo" ou cette bonne vieille association batterie / basse sur "All about the wex".

Synthétiquement, Combos dépoussière sans réinventer une forme de punk-hardcore-noise qui t'explose à la face : les titres n'excèdent pas les 4 minutes, il n'y a quasiment aucun temps de repos et finalement, tous les petits écarts à l'étiquette qu'on leur a collé ne sont que des fantaisies pour nous maintenir en éveil et ne pas sombrer dans l'ennui d'un petit album impersonnel. 
Elle est là la force de Combos : malgré sa jeunesse (parce qu'on ne va pas se le cacher, on sent l'empreinte juvénile sur ce disque), le groupe a déjà une vraie personnalité et dégage un vrai bon "feeling". 
 

Alors, Russell, avec ton petit regard de chien battu qui m'attendrit à chaque fois que je te vois jouer ou sourire, je repense à ton passé punk : aux torgnoles que t'as collé avec tes énormes paluches, à tes insultes haineuses hurlées avec ton haleine houblonnée. Bref, à ce désarroi dont tu parles. Et j'suis un peu malheureux pour toi, parce que si t'as eu la chance de pouvoir exercer ton métier et de rencontrer le succès, tu ne seras jamais heureux : t'as pas connu l'insouciance artistique de Combos au moment où t'en aurais eu le plus besoin.
Ce dynamisme, cette énergie sont celles d'une jeunesse qui s'est collée des centaines d'heures de musique "coup de poing" dans la gueule et en a régurgité une petite demi-heure brillante. Du Guronsan en galette, du Red Bull sans les effets indésirables et l'enrichissement d'une multinationale, de la Kétamine...ben, euh, sans la mort.

Combos c'est bien, c'est super, c'est top. J'sais pas comment te le vendre plus que ça.
Combos, ça peut te rendre un homme (ou une femme) malheureux (-se) et/ou en colère...heureux (-se) d'être nerveux (-se)


Ha et sinon Russell, j'suis pas toujours d'accord avec toi, mais t'as quand même pas dit que des conneries, surtout en matière de zytologie."


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*Merci à Urban dictionary et ses inépuisables ressources qui m'aident à chaque fois à comprendre des langages qui m'échappent depuis ma plus tendre enfance.
(d'ailleurs, voici les significations de Steelo...) 
Rha les jeunes et leur langage de la street !


 

photo de Tookie
le 09/07/2020

4 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 09/07/2020 à 12:25:33

Chronique joliment troussée !! :)

Freaks

Freaks le 09/07/2020 à 14:20:19

On peux partir de Russel crowe et dérouler sur du Boom Shakala! Boom Boom Shakalaka!! Tookie ne se refuse vraiment rien... ;)

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 10/07/2020 à 19:33:30

Superbe chro (comme d'hab dirai-je) pour une énième resucée de Ramones. Préfère Ramones, c'est plus carré et drogué.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 10/07/2020 à 19:34:33

Par contre aucun poil de cul de HxC sur le titre en écoute...

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