Voivod + Bio-cancer le 30/09/2018, Le Ferrailleur, NANTES (44)

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Après le rituel noir de Batushka et le night-club de Carpenter Brut – dont je ne vous parlerai malheureusement pas – enchaînés coup à coup, il est temps de lever les voiles de la Bretonnie. Non pas pour rentrer chez moi mais pour continuer un peu mon périple. C'est qu'il aurait été dommage de s'arrêter en si bon chemin ! C'est ainsi que je reprends fièrement la route en direction de l'ex-fief de la Bretagne, à savoir Nantes pour se prendre une bonne petite dose de sirop d'érable avec les Canadiens de Voivod. De quoi retrouver une prestation plus conventionnelle par rapport à ce que je me suis prise dans les dents ces deux derniers jours sur Rennes. Enfin, c'est vite dit dans le sens où on ne peut pas dire que la musique des cultissimes Québécois donne dans le thrash conventionnel. Ce qui peut déranger... mais aussi plaire ! C'est qu'après tout, la tournée est là pour fêter les 35 ans de carrière du groupe, un chiffre de longévité fort honorable. Et même si je ne suis pas la plus grande connaisseuse du répertoire des Canadiens, j'admets volontiers qu'ils méritaient de perdurer ainsi... Et vu le dernier album qui vient de sortir, The Wake, fort solide, on espère que que ça durera encore pas mal dans le futur.

 

Pas de place pour l'originalité avec les Grecs de Bio-Cancer chargés d'ouvrir les hostilités. A noter que les « sorcièèèèèèèères du marais » de Hexecutor (qui remplace au dernier moment Voight Kampff forcé d'annuler pour cause de deuil d'un de ses membres) passait avant, préambule que je n'ai malheureusement pas pu voir. Au vu du parterre peu fourni vis-à-vis de la seconde entrée, je doute par ailleurs que les Rennais se soient retrouvés dans une ambiance follette. Parce que pour Bio-Cancer, ce n'était pas vraiment la joie d'un point de vue public. Les quelques pèlerins restant farouchement en retrait comme si le nuage de Tchernobyl les guettait pour s'amasser sur leurs pauvres organismes dès lors qu'ils passeraient la frontière invisible des bords de scène. Je n'en suis pas particulièrement choquée : des quelques concerts nantais que j'ai pu faire, je n'ai pas forcément eu l'impression d'avoir affaire à un public très chaud patate niveau curiosité et accueil des premières parties. Mais là, pour le coup, j'admets que ça battait les records. Malgré tout, cela n'a pas empêché les Grecs d'assurer son show. Mais avec un tel public parsemé et timide, difficile que la sauce prenne beaucoup : pour du thrash vénère et sans finesse à la Municipal Waste, ça rend quand même mieux avec un peu de déchaînement de fosse. D'autant plus que le propos de Bio-Cancer est tout sauf original à tel point qu'il en est rapidement oubliable sur galette mais ne manque pas de capital efficacité pour changer la donne sur les planches et bien se défouler. En tout cas, les Grecs auront essayé, nul doute qu'ils ont fait tout ce qu'ils ont pu sans jamais perdre de bonne humeur, en vain... Et c'est bien dommage !

 

Non, à priori, la non-finesse et l'agressivité, ce n'est vraiment pas ce qu'attendent les gens investissant le Ferrailleur ce soir. Rapidement, les derniers retardataires arrivent sur les lieux. Les squatteurs de terrasse et de bar se ramassent également dans la salle, visiblement plus motivés (et connaisseurs) par le gros du morceau. Certes, on est loin d'un sold-out mais la foule demeure plutôt bien garnie compte tenu du style si particulier de la tête d'affiche et qu'on soit quand même le dimanche du dernier weekend du mois. Et il y en a de toute génération confondue, des jeunots dans la fleur de la vingtaine aux quarantenaires qui ont été bercés par Voivod depuis leur adolescence. Nous avons même de la jeune graine pré-pubère et Yvette, 78 ans, dans son fauteuil roulant, des cas que Voivod ne manquera pas de mettre en avant en cours de concert. Un concert qui s'est montré, par ailleurs, excellent ! Certes, l'heure n'était pas aux pogos et autres circle-pits – il aurait fallu le vouloir quand on voit le répertoire – ce qui n'a pas empêché que la fête a battu son plein avec une ambiance bon enfant. Sans que les Canadiens n'aient eu besoin d'en faire des tonnes tant il est resté très sobre en terme de mise en scène. Mais avec beaucoup de gouaille et de panache en terme de communication, donnant en ce concert un air de bonne franquette en salle des fêtes vraiment savoureux. Parce que voir un groupe de cette trempe aussi sympathique, amical et accessible, ça fait vraiment plaisir et l'on ne boude pas son plaisir à scander des « Joyeux Anniversaire » à tour de bras entre deux morceaux et autres facéties du frontman. C'est qu'il aurait fallu danser la Chenille et le tableau aurait été complet !

 

Mais comme l'on n'était pas forcément dans l'anniversaire des 50 ans de Jacqueline – ni des 79 ans d'Yvette – il y a quand même eu de la musique. Bien mise en son en plus de cela ! Et là, pour le coup, Voivod nous a bien fait plaisir en piochant parmi les plus belles pièces de sa large discographie, même si l'ère Newsted est farouchement écartée. Des plus vieux (damned, des morceaux de Killing Technology !) au tout dernier bébé, il n'y a pas de jaloux, pas de fausse note de choix, sans oublier le sempiternel hommage à Piggy qui ne semble jamais perdre de son poignant au fil des années qui passent. Et les entendre en live m'a clairement fait regretter de ne pas forcément m'être plongée plus sérieusement dans l'intégrale de leur discographie tant l'inventivité est de mise, surtout compte tenu des vieilleries par rapport au contexte de l'époque à mille lieux de ce que pouvait bien pondre la concurrence sur la scène thrash. Et tout file à vive allure, dans la joie des oreilles et l'allégresse d'une communication omniprésente (tant pour le chanteur, bavard, que le bassiste qui distribue des checks par palettes). Bref, un moment de partage et de communion à la musique on ne peut plus simple mais efficace. Quand bien même l'on pestera sur le fait de rester sur sa faim tant on en aurait bien repris une tranche jusqu'au bout de la nuit. A la revoyure Voivod, ça ne fait aucun doute !

 

 

Bonus : Voivod + Bio-Cancer à Vitrolles (13) le 28/09/2018 par Al Maazif. Parce qu'une soirée n'en fait pas forcément une autre.

 

Arrivée à 20h à la salle Guy Obino (Vitrolles) où le live a été déplacé, on se met direct dans l’ambiance en croisant un Snake (Voivod), occupé aux derniers préparatifs dans le parking. A l’entrée une trentaine de personnes d’une moyenne d’âge un peu plus élevée qu’à l’accoutumée (30-60 ans) attendent l’ouverture des portes, dont une journaliste de La Provence (le costard et la carte de presse qui dépasse hé hé). Les portes sont vites ouvertes et pendant que les premiers achètent leur ticket vert fluo aux couleurs du show (plus classes que les préventes que j’ai prises un peu trop rapidement), les seconds avancent vers le bar et les stands en attendant l’arrivée de Bio-Cancer sur scène. Away (Voivod) qui passe par là se fait vite attraper par quelques fans pour signer des autographes au passage pendant qu’on entend le Reign In Blood de Slayer en musique de fond. Finalement la soirée démarre autour d’une heure de retard avec une centaine de spectateurs.

 

Les grecs de Bio-Cancer et leur revival Thrash font leur entrée, arrivant un par un en courant sur la scène avant de balancer la sauce tirée de leurs deux albums, avec quelques solos en bonus d’un Thanasis (guitare) bien mis en avant par l’éclairage. Le public est assez peu réactif en dehors de quelques headbangs et devil signs, jusqu’au troisième titre (« Obligated to Incest ») où un petit circle pit s’improvise, bientôt rejoint par Lefteris (chant). Les musiciens font pourtant part d’une énergie bien communicative relançant fréquemment le public, Lefteris bondissant de la batterie aux enceintes pendant que les autres zicos se démènent sur leurs instruments. Finalement on passe une heure et une dizaine de titres bien Thrashy malgré le chant et discours difficilement audible, qui confirme que le groupe est plus taillé pour la scène que pour le studio où il a plus de mal à se démarquer au milieu de la horde de revival de ces dix dernières années.

 

Puis après une bonne longue pause et plus d’une nouvelle centaine d’entrées, les Québecois de Voivod entrent sur scène pour les 35 ans du groupe et leur premier passage dans le Sud-Est depuis 2012. Comme dit Chewy (guitare) : «Il a 1300 ans, il vient d’un (non il n’y a pas de faute, c’est en cousin) autre planète, c’est un reptilien ». Snake (chant) malgré le temps garde sa fonction de troll en chef, faisant le clown, dansant sur du Reggae entre 2 titres pendant que le public chante joyeux anniversaire au groupe et essayant de jouer de la guitare et de la basse en même temps. Le son du micro est toujours limite mais le fait que ce ne soit pas du growl pose moins de problèmes qu’en première partie de soirée. Chewy et Away (batterie) restent surtout concentrés sur leurs compos, ce qui n’empêche pas le premier de mettre l’ambiance en pogotant sur l’ensemble de la scène et rameutant le public sur un jeu d’éclairage psychédélique. Leur nouveau bassiste Rocky surprend en bien, très proche du public et passant quasiment autant de temps à checker des mains qu’à jouer.

 

C’est essentiellement le répertoire 80’s et post 2012 qui passe (en tant que fan de la période Newsted ça m’a un peu manqué qu’il n’y ait pas un « We Carry On » ou autre « Polaroid » mais bon), avec un « The Prow » et « The Lost Machine » qui se faufilent à mi/fin de concert, alors que la période Forrest demeure également aux abonnés absents (mais il faut bien faire un choix). Le dernier titre « Voivod » est comme à leur habitude un hommage au regretté Piggy (ex-guitare), suivi par un « Overreaction » en rappel. S’ensuit, pour finir la soirée, une séance de dédicaces sur le stand de vente pas prévu pour ça, avec tout le monde qui cherche des marqueurs ainsi qu’un groupe très disponible et souriant restés humble malgré leur statut (on ne peut pas en dire autant de tout le monde malheureusement) et un gamin qui arrive à récupérer la setlist (il m’en manquait, merci bonhomme!). Un live au final bien sympathique, qu’on espère revoir à la prochaine sortie d’un des deux groupes.

 

 

Setlist

 

  • Post Society
  • Ravenous Medicine
  • Obsolete Beings
  • Technocratic Manipulators
  • Into My Hypercube
  • I Conspiracy
  • The Prow
  • Order Of The Blackguards
  • Fall
  • Always Moving
  • The Lost Machine
  • Voivod
  • Overreaction (Rappel)
photo de Margoth
le 17/10/2018

Les photos

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2 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 17/10/2018 à 10:20:24

Haha, la « sorcièèèèèèèère du marais », ça va leur coller à la peau aux p'tits gars d'Hexecutor :D

cglaume

cglaume le 17/10/2018 à 10:30:18

Belle setlist en tous cas !!

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