Dälek - Precipice

Chronique CD album (46:28)

chronique Dälek - Precipice

Plus jeune, j’étais plutôt très partisan de Dälek. C’était une époque où les cd s’achetaient encore un peu au pif ou sur les conseils d’un disquaire pointilleux, quelque part dans un Paris dont je découvrais chaque semaine des petites merveilles culturelles. Depuis, ma foi, le temps est passé, j’ai vieilli, la capitale m’a lassé et surtout… J’ai vu Dälek en concert.

 

De cette prestation au sein des Trinitaires de Metz, je retiens surtout la première partie, Moodie Black. Le projet fut une vraie révélation pour ma part, d’autant plus face au concert très morne et peu inspiré de la tête d’affiche. La déception fut telle que j’avoue avoir eu du mal à réécouter le moindre disque du personnage pendant quelques années… Oui, c’est à ce point-là, oui je suis un peu sensible avec les groupes que j’aime, et c’est comme ça !

 

Precipice apparut donc comme une excellente occasion de panser mes blessures et faire table rase du passé. Sans avoir été  particulièrement désagréable à l’écoute, j’avoue ne pas avoir beaucoup de souvenirs des deux albums sortis depuis la déconvenue live de 2014 mais qu’importe… Je me suis lancé dans cette nouvelle livraison avec une certaine confiance et ouverture, comparable à celle que l’on peut avoir en retrouvant un vieil ami perdu de vue au fil du temps… Et je dois avouer que… J’en ressors parfaitement satisfait !

 

Les trois premiers titres ont suffi à me convaincre, puisque l’ensemble des ingrédients ‘’habituels’’ suffit à faire prendre la sauce rapidement. Que ce soit les instrus à l’ambiance travaillée, forte de cette volonté noisy et sombre, ou le flow parfaitement maitrisé, tout en groove sobre… C’est un régal dès les premiers instants. Pour tout vous dire, quelques titres plus loin, j’en suis même venu  à douter des raisons qui m’avaient éloigné du projet. Est-ce que j’avais eu tort ?

 

S’il me semble impossible de répondre à cette question avec exactitude, je peux toutefois affirmer une chose : vous n’auriez pas tort de vous pencher sur ces 10 nouveaux titres. ‘’Holistic’’, fermant la première moitié de l’album, est une preuve de son bon équilibre artistique. Minimaliste, peut-être, mais d’une justesse implacable. Et c’est justement celle-ci qui rend l’écoute presque ‘’rafraichissante’’ ! C’est-à-dire que dans un monde où Kanye West existe, il est quand même plutôt plaisant d’avoir des figures hip hop un peu plus proche de la musique en elle-même. Ca parait évident mais… Il est toujours bon de le rappeler !

 

En arrivant aux trois derniers titres, dont l’excellent ‘’A Heretic’s Inheritance’’, tout s’est encore un peu éclairci me concernant. Il m’a paru soudainement impossible que l’album se plante dans ses derniers instants, tout me paraissant d’une bien trop solide cohérence pour soudainement faiblir. Fluide jusque dans ses derniers instants, l’écoute se termina avec le constat d’une réussite absolue. Les 47 minutes semblèrent n’avoir duré qu’un instant et c’est le cœur léger des mauvais souvenirs du passé que j’ai pu entreprendre l’écriture de cette chronique. Comme quoi, tout peut arriver !

 

La conclusion de tout ce blabla est donc logique et sans appel : écoutez cet album, achetez le, offrez le même à votre belle-mère pour sceller votre entrée dans la famille mais en tout cas, faites un truc en faveur de ce moment offert par Dälek ! Il y a fort à parier que vous y reviendrez avec plaisir et délectation, sans vous poser de questions tant sa bonne tenue générale en fait une évidence. Bonne écoute donc à celles et ceux qui craqueront car je sais qu’il y a en aura… Comment pourrait-il en être autrement ?

photo de Domino
le 07/05/2022

1 COMMENTAIRE

FEDAYKYN

FEDAYKYN le 11/05/2022 à 12:43:34

Pour ma part très bon album. En live, je garde un excellent souvenir de leur passage à Lyon en 2009. Un mur de son.

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