Domino And The Ghosts - With decay... and no compassion

Domino And The Ghosts - "With decay... and no compassion"
chronique Domino And The Ghosts - With decay... and no compassion

With decay... and no compassion fait partie de ces albums qui questionnent. Encore, lorsque je dis album, ici il s'agit d'un EP de 12 minutes bien tassées. 12 minutes navigant pendant des mois avant d'atterrir sous la forme d'une chronique. 12 minutes qui nécessitent quelques heures d'écoute... la production tirée à 4 épingles pour un propos qui s'avère vite expérimental pousse inéluctablement l'auditeur à devoir prendre le temps. Ce disque repose depuis juin 2012 dans ma sélection d'albums à raconter.

Si un rapide tour de lecteur nous fait penser à une aimable carte de voyage entre grunge historique et sludge propre, les écoutes qui s'enchaînent trompent leur monde. Le monde urbain photoshopé en pochette attire l'oeil, un tel cliché n'inaugure pas de bonnes dispositions. Pourtant lorsque l'on déplie le carton de la pochette, on sent que quelque chose va se passer dans cette rondelle de musique de nuit. Oui, il s'agit d'un ensemble à écouter exclusivement la nuit. Tout est apaisé, le silence, le calme rendent plus propice l'absorption de ces mélodies tiraillées. En choisissant, 2 courants sales de la Rock Music mondial, on imagine facilement où l'on va se retrouver... tiens, je ferais une allusion à l'un ou l'autre 45t des Melvins, ça fera plaisir au Gep... peine perdue.

 

On n'évite pas les entrées convenues dans cet EP. Domino and the ghosts a un chic pour faire baver les basses, une facilité dans les mélodies et les notes ténues. On trouve cette évidente facilité à faire tourner le format chanson dans ces morceaux et paradoxalement, l'essai-échec n'est jamais loin. L'énergie repose sur une base bien métal, néo diront-les puristes. Mais, il ne s'agit pas pour autant de Metal même moderne, dans cette oeuvre. 12 minutes un peu tracassées, bien en place, d'une sobriété remarquable si l'on excepte cette basse souvent grassouillette. Grunge, Sludge, Expérimental, nous voilà bien marris pour entrer dans ce bout de musique. Qu'est-ce que cela va être, à l'heure de l'album.

Alors, on cherche, et on découvre que le Pater Domino a partagé un opus électrique avec Madame B, voilà pour le côté obscur de la pièce et son pendant de trouvailles. Si la dame est habituée aux collaborations, celles-ci ne sont jamais gratuites. L'oeuvre du duo est une synthèse lancinante des deux univers favoris réunis. Forcément abscons pour celui qui n'a pas le feu malin qui vacille en lui. La pièce apporte aussi des réponses à With decay... and no compassion. Finalement, cet Ep n'est pas un apparat même si une production brillante reflète de beaux atouts. Il y'a des musiciens derrière, des rencontres et bien sûr de l'humain entier avec ses contradictions.

 

With decay... and no compassion décevra donc les férus de Metal opaque, fut-il néo ou proche de Deftones. On les frôle parfois. Si il fallait poser sur la table de salon, 3 albums de chevet pour ces 4 titres, ce serait ; A day of nights de Battle of Mice, In Utero de Nirvana et Closer de Joy Division... pas vraiment la Mickey Family, en effet ! D'un coup l'effet Bloc Party/Battles/PVT de la pochette en prend un sacré coup. Cette musique bleue nuit, ample, déployée, a son souffle,... ses défauts, ses tics, mais surtout sa pertinence. Domino and the Ghosts aura pris le temps (7 ans) pour la réalisation d'un premier opus singulier, bien à part sur la scène frenchie décidément débordante de générosité et de pulsions électriques.

photo de Eric D-Toorop
le 08/03/2013

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