Dragunov - ARKHIPOV

Chronique CD album (44:29)

chronique Dragunov - ARKHIPOV

Je vous ai déjà parlé du PIP ? Non, ce n’est pas une nouvelle banque ni un nouveau syndicat des travailleu(r)ses du sexe. Il s’agit là d’un festival, encore tout jeune, dédié au Post. À Paris. D’où le nom. Post in Paris. Souhaitant, je cite, «rassembler la communauté de fans de post rock, post metal, post hardcore et math rock de France et de Navarre. » L’équipe du PIP n’a de cesse, depuis 2017 de nous proposer de jolies affiches. Dirge, Corbeaux, Ovtrenoir, Mutiny on the Bounty, Lost in Kiev , Fall of Messiah, Forge (entre autres) sont déjà passés. L’occasion de voir de jolies tête donc. Mais pas que. « C’est une manifestation organisée par des passionnés, pour des passionnés dans un esprit purement DIY. » L’endroit idéal pour en découvrir de nouvelles. Comme Montagne, Cendres ou encore Dragunov, duo parisien orienté post metal/indus, sujet de cette chronique. Ils ont sorti Arkhipov au début de cette année. Ne serait-ce que phonétiquement, vous commencez à tâter l’ambiance proposée. N’est-ce pas Komrade Sergueï ? Allez.

Анализ !

 

La première impression sera la bonne. Effectivement, les deux russophiles n’ont pas lésiné sur le paysage sonore. L’ambiance angoissante se créé à l’aide de multiples samples et autres bruits laissant venir tranquillement (sournoisement?) rythmique et guitare. On se prend donc les premiers gros riffs dans les dents sans les avoir vu venir. On enchaine déferlements d’accords sur moments suspendus, laissant facilement imaginer le chaos d’un champs de bataille, entre vacarme et silence de mort. Un des mots phare pour qualifier l’album serait « nervosité ». Très bien retranscrite, on la retrouve à chaque descente de médiator. Le jeu est rapide, tendu, agité. Agréablement surprenant pour du post. Moins pour de l'indus. On peut dire que la symbiose est effective et efficace.

S’ajoute à cela une batterie furieuse à la caisse claire reverbée (qui me rappelle les 80’s, ce qui ne manque pas de faire écho à l’ère soviet) qui martèle la cadence plus qu’elle ne donne le rythme. Libre et expansive (c’est un duo en même temps, il faut bien occuper l’espace sonore!) elle réussi, tout autant que la guitare à suinter la nervosité, la panique, la détresse dans ses soubresauts spontanés, ces écarts, ces frasques rythmiques.

Ressentant tout de même une légère indigestion quant aux ajouts sonores et l’ambiance asphyxiante on respire légèrement mieux à partir de « Ledokol Somov ». Mais ce n’est que pour mieux étouffer sur le reste de l’album à coup de discours, d’enregistrements vocaux et de bruitage martiaux. Je finis par me dire que c’est volontaire et qu’à l’instar du clip sorti ce printemps, on a ce sentiment d’étouffer dans un masque à gaz. Si l’effet est réussi, il n’en reste pas moins dommageable. Excepté les membres des clubs SM, on étouffe pas vraiment par plaisir.

 

Arkhipov est donc une expérience à vivre, de préférence en live. On a ici un album très  « humain », sensible et expressif. Sans se targuer d’explorer les multiples facettes de la psyché humaine, on en explore (et ressent) ici une frange assez peu mise en musique, du moins pas sur un album complet ( voire carrément un groupe, puisqu’on va pouvoir commencer à parler ici de leitmotiv). Peur et rigueur. Voila donc ce que nous amène Arkhipov. Cohérence totale donc avec cette esthétique soviétique. Background dont nous n’avons malheureusement pas forcément envie de garder tous les stigmates.

photo de Vincent Bouvier
le 23/11/2020

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