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Drive Blind - "Be A Vegetable (réédition)"

Drive Blind - "Be A Vegetable (réédition)"
chronique Drive Blind - Be A Vegetable (réédition)
10/10 0

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CD album CD album (57:00)

 

Style musical : 

post hardcore

 

Année : 

2016

 

Tracklist :

1 Fear
2 My Second Rate Fulfilment
3 Vegetable Vendetta
4 Five Seconds Of Your Conversation
5 Soul Beauty
6 Fiasco
7 One Reason To Smile
8 Placebo
9 Subdued
10 Jagger's Tattoo
11 The Last Temptation Of The Modern Man
12 14th January
13 Wrecking
14 Lose²
15 1 2 3 Get Rid Of Me

 

Label : 

Head Records
Dans le même style :
Guns Love Stories - The beauty of irony

Et ouais, le climax des 90’s, c’était il y a 20 piges. Du coup, on s’en mange des semi-remorques de reprises, de concerts hommages, de reformations et de rééditions. Des rééditions surtout  oui, ça colle bien avec la hype du vinyle aussi. Bref, on va pas non plus cracher dans la soupe. J’avoue volontiers que l’effet madeleine de Proust ne me déplait pas d’autant plus que ça caresse bien dans le sens du poil ma tendance de vieux connard à décréter que « c’était quand même vachement mieux avant ».

 

Donc, cette fois, c’est les chics types d’Head Records qui nous font une petite gâterie maison en nous ressortant ce monument qu’est Be a Vegetable des Drive Blind. A l’époque, ce disque avait été la rondelle de la révélation, le sésame vers les tournées internationales et un sacré virage potentiel dans la carrière d’un petit groupe français. Mais, Ô destin tragique, ces onze titres s’étaient aussitôt transformés en un foutu chant du cygne faisant du quatuor une jolie ribambelle de beautiful losers… Bon y’en a quand même un qui s’en est allé monter Tantrum derrière mais c’est une autre histoire.

 

Du coup, que reste-t-il de tout ça aujourd’hui ? Y a-t-il une réelle utilité à ce que je dise tout le bien que je pense de ce disque depuis vingt ans ?... Ben oui.

 

Tout d’abord, le merdier n’a pas spécialement pris une ride mais, bonus, le groupe s’est visiblement payé le luxe de nous pondre un truc que très peu de groupes d’aujourd’hui sont capables de restituer avec autant de sincérité et de fraîcheur. T’auras beau lui coller toutes les chemises à carreaux du monde, lui  infliger toutes les peines de cœur possibles et lui faire écouter dix fois l’intégralité du catalogue de Dischord, je vois pas spécialement quel gugusse pourrait de nos jours me coller d’aussi gros frissons dans le style. C’est bien simple, sur ce disque, tout sonne juste (je parle d’interprétation là, pas des notes… parce que le chant des fois hein… Bon vous voyez quoi).  Tout sonne neuf aussi, comme si ça avait été composé la veille. Et ce n’est pas pour autant que la musique de Drive Blind n’est pas écrite, bien au contraire : des montées, des breaks, des accélérations et des arrangements de bâtards, il y en a bien assez pour la discographie complète d’un groupe de rock, le tout condensé sur un seul album. Il se trouve juste que chaque inflexion que le groupe inflige à ses compos semble aller invariablement dans notre sens, un peu comme si les quatre niçois savaient déjà ce que nous souhaitions entendre en 1996 ET en 2016. Il est vrai qu’à l’époque, Drive Blind s’inscrivait totalement dans la mouvance post hardcore à la française aux côtés d’autres monuments tels que Condense, les Thugs, Sloy,  ou encore Deity Guns, mais, explosait dans la foulée le cadre contextuel ET les frontières géographiques du merdier. Tout se confirme bien donc aujourd’hui.

 

C’est donc le cul entre les chaises du grunge, du noise rock, du hardcore et même de la pop qu’on se (re)mange ce disque et c’est un plaisir inégalable de redécouvrir des pépites absolues comme « Fear », « One Reason to Smile », « 14th of January » ou encore « Subdued » et son explosion finale à vous exploser la caboche sur le mur le plus proche (ouais, en vingt ans, ça en fait de sacrées bosses). A noter la présence de deux petits inédits sur la galette (dont un à peine redécouvert sur le master original du disque, le groupe lui-même en aurait oublié l’existence) :  « Lose² », compo très émo et grungy dotée d’un riff parfait pour les petites déprimes adolescentes ainsi que « 1 2 3 Get rid of me », plus noise et expérimentale (Sonic Youth n’est pas bien bien loin), assez chouette dans son genre même si moins évidente. Après on s’en branle gentiment : si la résurgence de ce disque peut permettre à la jeunesse d’aujourd’hui de goûter une petite partie des saveurs de la nôtre, et bien sa réédition, son achat et son écoute inconditionnelle ne fera de mal à personne, bien au contraire.

 

photo de Swarm
le 08/06/2016

Commentaires

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 08/06/2016 à 13:37:19

The Fuckin' "One reason to smile" wé !!

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