Eximperitus - Šahrartu

Chronique CD album (37:15)

chronique Eximperitus - Šahrartu

Une chronique sur le web, c’est en général deux à trois mille caractères. Alors quand tu tombes sur un groupe comme Eximperitus, tu sautes sur l’occasion. Parce que Eximperitus, c’est la version raccourcie du nom choisi en 2016 par trois mysterieux (trolls) bielorusses inspirés: Eximperituserqethhzebibšiptugakkathšulweliarzaxułum. 51 lettres, il y a pire mais c’est déjà pas mal. Et pour briller en soirée, plutôt que préciser le score obtenu au Scrabble par ce nom (qui pour information fait lamentablement planter les calculateurs de score de Scrabble en ligne), vous pourrez expliquer que ce néologisme est un agglutinement qui emprunte à la fois au latin, à l’ancien égyptien, à l’acadien et au Sumérien.

Après deux démos, un premier album sobrement intitulé Prajecyrujučy Sinhuliarnaje Wypramieńwańnie Daktryny Absaliutnaha J Usiopahłynaĺnaha Zła Skroź Šaścihrannuju Pryzmu Sîn​-​Ahhī​-​Erība Na Hipierpawierchniu Zadyjakaĺnaha Kaŭčęha Zasnawaĺnikaŭ Kosmatęchničnaha Ordęna Palieakantakta​.​.​., Eximperitus est de retour avec ce Šahrartu, un retour version raccourci donc.

 

Signé chez WillowTips Records, c’est, presque sans surprise, que l’on se retrouve face à une galette de Death qui vaut son pesant de lourdeur.

Guitares plus abyssales que techniques, riffs psalmodiants, leads chorusés à souhait, tempos majoritairement lents et appuyés, chant caverneux, shamanique et gonflé de reverb, titres long dépassant généralement les sempiternelles 3 minutes 30, ambiances mystérieuses et prophétiques aussi travaillées qu’efficaces, artwork, son typique du death des années 90, Šahrartu est un de ces albums qui rend, sans faux-pas ni faiblesse, ses lettres de noblesses au death originel.

Conceptuel (chaque titre représente un des stades de la vie), il sera à ranger dans la catégorie “à écouter d’une traite”, le premier titre étant une longue intro et le dernier un long épilogue. Entre les deux, 4 longs chapitres desquels se dégagent cette espèce d’aura malsaine que l’on peine de plus en plus à trouver dans le death moderne et dans lesquels on se fait envelopper avec un plaisir entier tout au long des 37 minutes de l'album (qui passent très vite soi-dit en passant).

 

Cependant, alors que le dossier de presse nous promet un groupe qui “porte le death au delà de l’imagination” et un album comme d’une “magnifique représentation d’une nouvelle ère du death metal”, la nouveauté et l’originalité ne sont pas les premières impressions que l’on a. Ma première aura plutôt été d’écouter un clone moins oriental (mais aussi moins chaotique (pour être poli), moins nourri au cheeseburger et beaucoup plus crédible) de Nile qui aurait fait une surconsommation de peyotl.

En outre, et malgré des incursions d’instruments folkloriques bien sentis, Šahrartu est globalement très linéaire, pas vraiment inventif (malgré l'utilisation d'un biélorusse soi-disant ancestral) et donne parfois l’impression de faire du surplace, de s’être empêtré lui-même dans sa lourdeur. Par exemple, je ne vois pas véritablement d’évolution musicale au fil des morceaux alors qu’ils sont censés représenter différentes étapes de la vie (personnellement, j’aurais fait quelques choses de plus grindcore pour l’étape “bébé” et du bon gros doom long et chiant pour l’étape “EHPAD” mais bon, si je savais correctement faire de la musique, ça se saurait).

 

Sans être un “game changer”, Šahrartu est malgré tout un bon album de death crédible, que l’on ne se lasse pas de ré-écouter. Il remportera très certainement les louanges des amateurs du genre, en tout cas de ceux qui ne sont pas à la recherche d'originalité dans le style.

 

 

On aime bien: du death originel, conceptuel et solide, les ambiances mystérieuses/malsaines; le son death, le vrai, l’unique, le seul

On aime moins: un peu linéaire, pas très inventif

photo de 8oris
le 18/02/2021

1 COMMENTAIRE

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 18/02/2021 à 10:53:28

Bien torché tout ça

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