Asg - Blood Drive

Asg - "Blood Drive"
chronique Asg - Blood Drive

Ce Blood Drive me fait effectivement penser à un voyage en bagnole, et ça pourrait commencer par une main posée sur un capot brûlant au soleil en guise de larsen sonnant le départ, et je déteste les larsens surtout en intro, ça me fout de mauvais poil, mais comme je suis un mec sympa n'en parlons plus.

 

Prenons plutôt la route ensemble, enfin non, puisqu'il n'y a pas de place pour une troisième personne pour ce départ en vacances, ce n'est pas que je ne vous aime pas (enfin je ne vous déteste pas plus que les autres), mais quand je pars en vacances prévues depuis des lustres c'est direct après la sortie de l'usine.

Donc à 13 heures on fout le bleu au sale, j'étais du matin, donc arrêt de la ligne dans la matinée, rangement et entretien de l'outillage, ce sont les camarades de l'aprèm qui vont se fader le nettoyage, et la préparation pour le redémarrage post vacances.

Sorti de l'usine je prends le El Camino vert pomme et je file au diner's récupérer la nana qui va m'accompagner. Comme elle finit son service à quatorze heures ça me laisse le temps de manger un banana-split au caramel servi par la patronne (la classe). Un beignet à la framboise et une limonade plus tard on charge la benne, on met les glacières sous la banquette ; oui j'ai une mono banquette en alcantara crême surpiquée gris.

Je donne les clés du big block à la chouette nana qui me supporte, et là elle sort de sa besace un disque et dit : "mon frère en m'amenant le matos tout à l'heure m'a donné ça en espérant que ça plaise à ton mec"... Heureusement que ses yeux pétillaient quand elle a fini sa phrase, car en tant qu'individu je déteste qu'on s'approprie ma personne (oui bon d'accord uniquement quand c'est elle qui me le chuchote à l'oreille mais ça, ça reste entre nous... j'dis ça je dis rien, enfin j'me comprends).

D'ailleurs, j'ai toujours pas compris pourquoi elle m'as dit ça ??? puisque c'est celui qui est derrière le volant qui est le maître de l'auto-radio. Je sais donc que je ne vais pas avoir du bourrin et violent pendant le voyage, au mieux un Tool ou un Helmet, de toutes façons comme je suis crevé de ma semaine de taf (je déteste bosser du matin) je vais tranquillement roupiller sur du stoner (parce-que ça elle aime, autant que le grunge) avec en fond sonore les vibrations du V8. Elle peut même mettre le ...Like Clockwork des QOTSA je ne rechignerais pas. L'amour dites vous ??? non la fatigue.

 

Trêve de blah-blah, direction le ranch à moitié abandonné / à moitié habitable de beau papa. Enfin plutôt une ferme transmise par un aïeul. Pourquoi ils l'ont gardé alors qu'elle se trouve au milieu de nulle part, en sortie d'une ville fantôme ? Peut-être parce qu'elle est juste au dessus d'une source, ce qui en fait un endroit exceptionnel et tranquille pour se reposer (enfin une fois que le groupe électrogène a réussi à démarrer, oui j'aime bien avoir un minimum de confort, même et surtout loin de tout). Et oui c'est ça le rêve américain : une certaine idée de la transmission, et dans ce cas la ça m'arrange bien pour passer quinze jours de vacances à ne rien faire.

Et en parlant de transmission, c'est à peine assoupi que j'entends pester la conductrice à propos de ce tas de ferraille, car elle déteste passer l'overdrive ; remarquez y a pas de synchro faut donc être au bon régime pour que ça passe sans soucis ou alors tu entends un gros crac ramasses tes dents de chien.

Ce passage signifie aussi que nous quittons la ville et que la prochaine étape est une grotte dans laquelle nous passerons une nuit en amoureux (oui on peut voir le cosmos, si ça c'est pas romantique... j'dis ça j'dis rien ; enfin j'me comprends). Et autre soucis c'est que le compte-tours dysfonctionne, c'est donc à l'oreille qu'elle passe "cette saloperie de putain de vitesse de merde de bagnole à la con, juste bonne à transporter un tocard, que je te foutrai ce caisson à la casse moi"... Après lui avoir signifié le manque d'élégance de ses propos, je boude. Oui c'est comme ça, son joli minois n'est pas fait pour ce genre de chose, je tolère une unique exception pour les matchs de roller-ball, mais là c'est le côté guerrier qui veut ça, puis si je veux laver les tenues de ces dames je suis bien obligé de faire profile bas (sous vêtement compris...).

Je prends l'un de ces bandana dans la boîte à gant pour m'en faire un petit oreiller et c'est contre la vitre que je m'endors, pour me réveiller contre son épaule et chose plus surprenante (encore plus que le contact humain intime par 106 degrés Fahrenheit) son bandana est pin-up'ment posé sa tête. Soit je couche avec Gérard Majax (qui serait vraiment mais alors vraiment un immense illusionniste) soit elle s'est arrêtée pour faire le plein et se repoudrer le nez. Vu la jauge je pense pour la deuxième solution (ce qui me rassure énormément), surtout que mademoiselle en a vraiment profité pour se repoudrer le nez, enfin surtout se faire ses yeux de biche et s'empourprer les lèvres de cette couleur rouge cerise très mure et sucrée, en gros avec le bandana, ses cheveux courts (sauf les pâtes, pour garder cette touche de féminité ultime comme elle aime tant à me le faire remarquer, alors que je lui dis tout le temps qu'elle est très jolie... je pense que c'est juste pour que je lui dise combien elle est choupinou...) elle est crocro-mimi.

 

En plus d'une vision qui me réjouis, l'auto-radio diffuse un gros rock à la fois velu mais surtout posé. « Il est cool ce Fu-Manchu »... Et paf, coup de coude dans les côtes (l'école roller-ball n'a pas que des avantages, j'dis ça j'dis rien enfin j'me comprends) : « C'est pas le Manchu c'est ASG le disque que m'as prêté le frangin ». Rho le boulet, j'me disais bien aussi ; enfin non c'est ce que j'essaie de me faire croire (l'illusion du truc qu'on sait pertinemment qu'on ne sait pas, mais on s'auto-persuade qu'on sait...). Oui malgré plus d'une décennie passée je découvre seulement ce groupe. Je plonge dans la boîte à gants pour jeter un coup d'œil à la magnifique pochette (détail qui fait regretter de ne pas avoir la version vinyle, chez soi, oui même avec des pneus de dimension normale mon véhicule est un peu trop tap'cul d'où la mono banquette au rembourrage ultra moelleux). En plus avec ce joli son chaud, rond mais pas agressif, je dirai volcanique avec les vibrations éruptives la production est un régal. D'ailleurs pochette + son me fait dire : « on dirait une prod de Savannah»... Paf, sentence immédiate coup de coude dans les côtes « T'es con ou quoi, y pas d'écho shoegaze sur la voix ».

Rho la pique... mais véridique. Déjà ici le chant est parfaitement assuré. Les compositions ultra faciles d'accès ne révolutionneront pas le rock mais leur diversité vous feront passer un agréable moment, et il y en a pour tous les goûts : de la ballade légère presque lunaire "earthWalk" au stoner-rock nettement plus terre à terre "Day's Work" voire carrément magmatique et groovy comme "Castlestorm" en passant par le plus bluesy-cotonneux "Blues For Bama". Ce disque ne se résume pas qu'à ces trois morceaux, puisqu'en général ces trois styles sont plus que bien intégrés dans chaque morceau, pour révéler une richesse qu'on ne soupçonne pas les premiers miles de route bouffés à son écoute. Et du paysage qui défile derrière le pare brise on va en entendre, de la toundra rocailleuse noyée de soleil qu'on trouve en périphérie post-industrielle de ville au paysage un peu plus luxuriant mais toujours brûlé au soleil.

Et comme le soleil commence à descendre, on ne va pas tarder à déployer les pare-soleils, et là j'ai un coup de panique : je ne crois pas avoir enlevé la photo où elle apparaît juste en petite culotte, je sens que si elle pile je vais devoir me fader les derniers miles à pieds.

 

Pas grave on se réconciliera sous les étoiles.

 

Achat ou pas achat ? Achat, même si ce n'est pas le disque de l'année il est moins mensonger qu'Ultraviolet, plus intéressant que Yellow & Green, plus musclé qu'harmonicraft, aussi ensoleillé que Fu Manchu et aussi cool que Monster Magnet.

photo de Sepulturastaman
le 25/09/2013

2 COMMENTAIRES

pidji

pidji le 25/09/2013 à 10:28:46

Excellente chronique, surtout avec ce temps ensoleillé actuellement ;)
Et disque agréable à écouter en effet, il passe bien.

daminoux

daminoux le 25/09/2013 à 13:42:57

Ce disque me fais le même effet que torche l'année dernier... un disque parfait pour l'été et les barbecues...

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