Give Us Barabba - Il Canto del Cigno

Chronique CD album (24:01)

chronique Give Us Barabba - Il Canto del Cigno

« Cinque lunghi anni, Mamma mia ! »

 

Eh oui, cela faisait 5 longues années que l’on n’avait pas eu de nouvelles des facétieux Give Us Barabba, pourtant fournisseurs officiels de nawakeries au sein de la Cité des Doges. Avaient-ils succombé à un excès de ces baisers empoisonnés dont ils vantaient les mérites sur le sémillant Sadomasokissme ? Avaient-ils péri comme ils avaient vécu, en brûlant la merguez par les deux bouts (remember le semin-al dente Penis Barbecue) ?

 

Ont-ils profité de cette demi-décennie pour se constituer un portefeuille d’actions Pfizer/Moderna ou pour écrire un guide comparatif des meilleurs Barolo, on n’en saura probablement jamais rien. Et on s’en fout à vrai dire, l’essentiel étant qu’ils reviennent aujourd’hui avec Il Canto del Cigno, leur 3e album longue durée.

 

« Quoi : vingt-quatre minutes seulement ? Et vous osez appeler ça « Longue durée » ? »

Je suis d’accord, ‘y a de l’abus. L’avantage par contre, c’est que l’on n’a pas l’occasion de trouver le temps long, ni de pester contre une inutile couche de gras…

 

« Quoi : Le Chant du Cygne ? Dites-moi pas qu’c’est pas vrai et qu’ils ne reviennent pas juste pour nous faire leurs adieux !! »

On va demander ce qu'il en est au groupe et croiser fort les doigts : c’est vrai que ce serait ballot. Voire franchement les boules…

 

« Quoi : elles sont où les grosses guitares et la sueur acre du Metal qui rugit le soir au fond des clubs ? Parties à dos de gondole ? »

Oui, c’est vrai, le groupe a mis le holà à ses penchants les plus veste-à-patchesques. Et ce sont des accents plus Pop & Rock qui émergent dorénavant de nos enceintes. Trahison ? Oui mais non. Parce que le groupe ne nous doit rien. Et parce que les zigotos continuent d’écrire des putains de bons morceaux ! Et c’est ça qu’c’est le plus important, ‘di diou !

 

« Quoi : pourquoi ces crochets autour de « Nawak » au niveau du Style affiché en tête de chronique ? Ils ont troqué leur nez rouge pour une cravate ? »

‘du tout. Mais de même qu’ils ont réduit la voilure sur la disto’, ils ont également raboté un peu les youplaboumeries les plus protubérantes. Par contre je vous confirme qu’ils n’ont pas abandonné les bouffonneries joyeuses. Et pas seulement dans leurs textes : une écoute de « Microphone » – avec son solo de flûte à piston, les élucubrations d’Alessandro et le clin d’œil à Metallica – devrait suffire à rassurer les plus anxieux.

 

Au menu d’Il Canto del Cigno, donc, 8 petits titres, certes moins punchy et moins rigolards qu’auparavant, mais 8 titres carrément bonnards, qui sentent le printemps, les apéros en terrasse, les jupes voletant avec insouciance, et la brise tiède sur les routes de campagne… 8 titres qu’on a beaucoup de mal à ne pas repasser en boucle tant ils constituent la bande-son parfaite d’une vie heureuse par météo clémente.

 

« Love Stories In History » fonce tranquillement sur un tempo Punk Rock contrôlé en manifestant l’énergie sereine de leurs compatriotes trop tôt disparus de Spellbound Dazzle. « Microphone » est ce genre d'élucubration musicale que l’on était en droit d’attendre d’eux, dotée d’un refrain contagieux superbement rehaussé de piano Rock. « Happy Pt.2 » n’a rien à voir avec le premier du nom, mais joue avec à propos les intermèdes décalés typés « Elvis & gomina ». « Log Out » est à la fois plus ensoleillé, plus synthétique, plus cuivré et plus pétillant – non, ces qualificatifs ne sont pas incompatibles. Super accrocheur, son refrain vous restera dans le crâne et vous forcera à garder vos lunettes de soleil même devant l’écran, histoire d'avoir la classe en toutes circonstances. « Dr Nowzaradan » est nettement plus crémeux que la moyenne, mais il déroule une histoire à la fois grotesque et touchante qui le rapproche d’un Toehider cédant à un instant de tendresse nostalgique. Puis « Effetto Coolidge » écarte à nouveau les rideaux pour faire entrer un soleil Ska vif et cuivré plein d’accents italiens. Alors oui, sur les deux derniers morceaux, on retombe un peu trop du côté rose de la Force, alors qu’on aurait apprécié une dernière espièglerie plus nerveuse. Mais tout compte fait le mélange Saxo / Piano de « Let It Go » ne fonctionne pas si mal – et puis merde, ça cause de poupée gonflable : ce rose est celui de muqueuses en caoutchouc ! Quant à « L’Era del Cinghiale Bianco », malgré la relative fragilité de sa colonne vertébrale, il déploie de belles hélices mélodiques ascendantes – tant pis si celles-ci sont un peu-beaucoup synthétiques. Après tout il s'agit d'une reprise.

 

Alors OK, je vous mentirais si je prétendais qu’on n’aurait pas pu améliorer 2-3 trucs dans les coins de ce Il Canto del Cigno – en enlevant un peu de sucre par-ci par-là (sur la face B surtout), et en rajoutant une pincée de poils et de rires. Sauf que l’album a beaucoup tourné depuis que je l’ai reçu. Et pas seulement parce que je mets un point d’honneur à beaucoup écouter les albums avant de les chroniquer : pour la seule et unique raison qu’il est tout simplement très bon. Pas flashy, pas grande gueule, pas Aldo-la-classe, paillettes et dents blanches. Non, juste amical, bien dosé, original et coloré. Ce genre d’album qu’on pense « mineur » au premier abord, puis qui s'invite doucement mais sûrement dans vos playlists des soirées réussies et des albums « bouées de sauvetage », vers lesquels on se tourne quand on ne sait plus quoi écouter mais qu’on a besoin de bon son.

 

PS : vérification faite, le groupe ne sait pas encore s'il continuera l'aventure pour un 4e album. Chant du cygne ou non, les paris sont donc ouverts... (ce que je peux détester ce genre d'incertitudes !)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: plus vraiment Metal, plus tout à fait Nawak non plus, sur son 3e album Give Us Barabba a pourtant gardé l’essentiel : le talent. Ce genre de talent qui fait les albums printaniers imparables, les mélodies insidieuses, et les squatteurs récurrents de playlist. Invitez donc Il Canto del Cigno dans vos oreilles, comme une connaissance sympa pour l’apéro : il ne vous quittera qu’à la nuit tombée, après être devenu votre ami pour la vie.

 

 

photo de Cglaume
le 09/05/2022

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