Gloomy Grim - Agathonomicon

Chronique CD album (54:36)

chronique Gloomy Grim - Agathonomicon

Juillet 2001. Centre de loisirs de La Daudie. Périgueux. Alors qu’approchait une veillée « horreur », le directeur du centre demande au jeune animateur que j’étais d’organiser l’univers sonore de cette douce nuit qui devait se dérouler dans les forêts environnantes. Ahahaha ! Quelques brefs instants m’ont alors été nécessaires pour me mobiliser, avant d’extraire un nectar flippant de la discographie d’un des groupes de « horror metal » du moment : Gloomy Grim ! Quelques secondes de "Arrival of the Antichrist", suivies d’une pincée de "My Domain", tous deux extraits de Life ?, leur dernier méfait d’alors, auront suffi pour extraire du corps de ces pré-ados une grosse dose de jus de fion, qu’une lampe ultraviolet à la mode « Les Experts » aurait aisément permis de détecter…

 

…Il existe ainsi quelques groupes finlandais qui ont bercé ma jeunesse de metalhead. Je ne m’étendrai pas sur le cas des …And Oceans, sur lequel je me suis suffisamment exprimé ! En effet, quel retour de ces derniers après près de deux décennies de silence ! Pour les autres, je laisse très volontiers de côté les Impaled, Archgoat et consorts pour ne retenir que ce projet mené depuis ses débuts en 1995 par Juha Hintikka alias « Agathon ». L’Horror Black Metal allait fort à bien à cette époque (la fin des années 1990-le début des années 2000), à une époque où la seconde vague commençait à se diluer en maintes nuances. Gloomy Grim m’avait fait passer un moment sympatoche en octobre 2001 quand, alors dans le roster de Holy Records, ces Finlandais avaient accompagné leurs compatriotes de Yearning et leur patron de Misanthrope dans une tournée hexagonale. En ce temps-là Agathon, encapuchonné comme un moine, menait la danse, crachant du feu et buvant du sang dans un skull. Il faut bien admettre que tout cela relève de la nostalgie aujourd’hui, tant il est vrai qu’il ne s’agit que d’un sous-genre quelque peu décati, qui n’existe guère que chez quelques formations, avec les Hollandais de Carach Angren en tête-de-gondole somme toute peu convaincante.  

 

Pour être tout à fait honnête, j’ai totalement perdu le fil depuis Life ?, la faute me revenant. Pas de traversée du désert ici pourtant chez Gloomy Grim, mais seulement un lien qui s’est desserré puis resserré, sans se rompre totalement. La création s’est délitée peu à peu avec des albums sortis par la suite en 2001, 2004, 2008 et … 2016. La plaque sous revue malicieusement intitulée Agathonomicon est la septième. L’orchestration creepy si emblématique des débuts n’est (quasiment) plus ; de toute façon, elle était moins perceptible dès Under The Spell Of The Unlight (notons tout de même "October - Cellar Dweller") et surtout dans le précédent méfait The Age of Aquarius. Il n’en reste là qu’un frémissement ("Master Inside"), voire une mince suggestion (premiers instants de "Blood, Monsters, Darkness"). Meilleur tout de même que les deux dernières offrandes, Agathonomicon déploie dans les règles de l’art noir un Black Metal symphonique de bon aloi. La production est assez granuleuse – une intention sans doute –, au point qu’elle lessive un peu trop le grain vocal d’outre-tombe si jouissif d’Agathon. Les fûts organiques animés par Agator laissent un effet bien plus intéressant que la batterie programmée dont le fondateur abusait. Quelques tics créateurs 100% Gloomy Grim demeurent, et ce pour notre plus grand plaisir, à l’exemple des matraquages à la double bien troussés sur "The Hermit" et "To the Death I Have Sworn", qui rappellent ceux de 2008 ("September - Invoking the Flames") et de 2016 ("One Night I Heard A Scream") ! Et que dire de ces saillies incantatoires à la fin de "They Are Waiting" ou parsemés ici et là ("Purity, Beauty, Freedom") et qui nous embarquent de suite dans le souvenir brumeux de certaines pièces passées, comme "Born In Fire" en 2000 ! Espiègle cet Agathon ! Vicieux aussi quand il prend en otage l’auditeur d’une outro de 18 mn, en fait deux segments vénéneux séparés par un silence assourdissant de près de … 9 minutes !

 

Bon, il semble bien que s’impose ici un double remerciement aux labels MurdHer Records et Satanath Records, l’un italien, l’autre russe, pour avoir soutenu cette dernière plaque de Gloomy Grim, dont j’ai apprécié « l’invitation ».

 

Il ne me manque plus qu’à souhaiter à Agathon un complet rétablissement, après une sérieuse détérioration de son état de santé fin 2019. En effet, sans ce type, figure historique – si, si – du Beuh Meuh continental, la scène européenne ne serait peut-être pas tout à fait la même…

photo de Seisachtheion
le 24/09/2021

3 COMMENTAIRES

Xuaterc

Xuaterc le 24/09/2021 à 11:16:06

Que de souvenirs. J'ai en gros le même parcours concernant ma connaissance des finlandais.
Et il ne faut pas oublier Beherit!

cglaume

cglaume le 24/09/2021 à 12:01:03

Putain Life?, le vieux souvenir...

Pingouins

Pingouins le 24/09/2021 à 20:33:34

Ahah pour moi juillet 2001 c'est d'abord Carlo Giuliani au G8 de Gênes et ensuite Chris Sharma à Ceüse pour Biographie, le premier 9a+ au monde. Comprenne qui voudra :)

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