Incandescence - Le Coeur de l'Homme

Chronique CD album (42:16)

chronique Incandescence - Le Coeur de l'Homme

Sous ce superbe artwork (œuvre d'Adam Burke) se cache l'un des albums qui à le potentiel de rejoindre le top de l'année d'un certain nombre de blacksters qui traînent en ces pages. Ouep, c'est de vous que je parle, celles et ceux des fans de black qui ont remisé leur trousse à maquillage et l'ont troquée contre une caisse de IPA.

 

Parce qu'il faut dire ce qui est : Le Cœur de l'Homme, d'Incandescence, c'est un objet chiadé et au goût particulier en bouche. Il faut dire qu'aux manettes, il y a un nom bien connu de la scène Montrealaise : un certain Philippe Boucher.

 

Si vous n'évoluez qu'en de noires contrées musicales, ce nom ne vous dira probablement pas grand chose. Par contre, si vos paysages auditifs sont nivelés par d'autres horizons, de death technique par exemple (au hasard), et bien vous aurez probablement déjà croisé le monsieur du côté de chez Beyond Creation ou Chthe’ilist. Et depuis un peu plus de dix ans, Incandescence est son navire secondaire : accompagné de Louis-Paul Gauvreau au chant, Boucher se charge de toute l'instrumentation du projet. Et vu le niveau de l'ensemble, ça force le respect tant la virtuosité est au rendez-vous.

 

La batterie est tout simplement stupéfiante d'un bout à l'autre, et ce dès l'entame du disque, avec des blast-beats de l'enfer qui surgissent dès le départ (après une courte intro) et ne lâcheront pas souvent la place à la respiration.

Mais Le Cœur de l'Homme ne se cantonne pas du tout au black metal, bien qu'il soit effectivement largement prédominant, et il est évident à l'écoute que les écoles dérivées du death figurent en bonne place dans la liste des inspirations pour la composition de ces morceaux. Il faut dire que le pedigree du musicien aide. Pour rire, on a même le droit à un simili- « blegh » typé deathcore à la fin du premier morceau, parce que pourquoi pas.

 

L'ambiance est en général superbe et très travaillée (les superbes tremolos du début de « Avide de cris » par exemple), tandis que le chant francophone apporte aussi un petit quelque chose en terme de cachet, qui peut ici et là faire penser à Au Champ des Morts (dans le septième « la spirale de l'echec », entre autres).

Parlons rapidement du chant, d'ailleurs. S'il est clairement orienté black metal, on sent quelques notes death poindre là encore, ce qui lui donne quelques nuances appréciables, bien qu'il soit relativement homogène sur l'ensemble de l'album. Mais point fort (en ce qui me concerne) : il ne part jamais en grandes envolées à la con, pour rester toujours proche du propos et de la musique qui martèle sans relache.

 

Bref. Sur Le Coeur de l'Homme, le duo Incandescence propose un disque relativement hors du commun pour un album de black metal (ou alors c'est moi qui n'y connaît rien, ce qui est possible), avec notamment un niveau technique hallucinant, hallucination d'autant plus grande qu'il n'y a qu'une seule personne derrière tous les instruments : des plans de batterie époustouflants au travail de guitare ultra travaillé (dans la rythmique comme dans les mélodies ou les solos).

Difficile donc de transposer tout cela sur scène, j'imagine, mais c'est un projet qui a a minima l'ambition d'ouvrir des horizons vraiment intéressants pour le black metal, que vous aurez compris ne pas être trve sur cet album. C'est en tout cas une vraie réussite, dont l'écoute est chaudement recommandée.

 

A écouter quand on aime mettre les petits blasts dans les grands.

photo de Pingouins
le 12/07/2022

7 COMMENTAIRES

8oris

8oris le 12/07/2022 à 08:47:52

Super chronique qui suscite bien la curiosité.

Seisachtheion

Seisachtheion le 12/07/2022 à 11:06:28

Très bonne came ! J'adhère !!!

Pingouins

Pingouins le 12/07/2022 à 11:07:55

Merci les amis :)
Et merci pour le groupe surtout !

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 12/07/2022 à 17:27:39

J'écoute et je lis la chro après, une fois n'est pas coutume.

Bon, un niveau technique hallucinant d'un musicien de Black correspond à celui basique d'une musicien de Death. Faut pas trop délirer, la batterie se place bien mais pas de quoi brûler une église. Tu retrouves ça dans le Black brutal suédois. 
Mais qu'est-ce sue tu viens nous coller du Deathcore dans cet chronique ? Il faut arrêter avec les sous-forme musicales, une bonne fois pour toute !!

Cependant... cependant, c'est carrément bien gaulé.

Pingouins

Pingouins le 12/07/2022 à 17:43:47

"Mais qu'est-ce sue tu viens nous coller du Deathcore dans cet chronique ? Il faut arrêter avec les sous-forme musicales, une bonne fois pour toute !!"

C'est pour voir s'il y en a qui suivent :D
Non, sérieux, ça m'a toujours fait marrer cette culture du "blegh", du coup je ne peux pas m'empêcher de le remarquer même quand y'a des trucs semblables dans des styles qui n'ont rien à voir ^^

Ensuite sur le niveau technique, c'est quand même le batteur de Beyond Creation quoi. Un poil plus que "celui basique".

Cependant.... c'est bien foutu, en effet.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 12/07/2022 à 19:18:34

C'est quoi le "blegh" et c'est qui "Beyond Creation" ? Au bout d'un moment, il faut poser les vraies questions.

8oris

8oris le 13/07/2022 à 10:36:50

Alors, effectivement, très bonne galette. Par contre, le niveau technique n'est pas hallucinant même s'il est très bon. Après, c'est le genre de considérations hautement subjectives, difficile de t'en tenir rigueur. ;) :*
Merci en tout cas pour la découverte.

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