Infected Rain - TIME

Chronique CD album (54:24)

chronique Infected Rain - TIME

Infected Rain peut constituer une découverte intéressante pour ceux pour qui le metal made in Moldavie demeure nimbé de mystères, ou pour qui ne se satisfait pas de l’offre actuelle en termes de chant guttural féminin. Pour les petits curieux comme les inconditionnels du groupe, 2024 est en mesure d’offrir un cru d’autant plus intéressant qu’il se veut synthétique de l’évolution de son géniteur, tout en accueillant une nouvelle bassiste au sein de sa formation. « Un hommage à chaque seconde fugace, à chaque battement de cœur et à chaque souffle qui nous a menés jusqu'à ce moment », appuie Infected Rain non sans une certaine emphase à la mesure de son ambition.

 

Le titre du skeud parle de lui-même : Time, fort et concis, pensé comme une invitation à suivre la beauté de son flux et de ses circonvolutions. Un choix esthétique mieux pensé qu’il n’y paraît, inscrit dans un genre aussi structuré, syncopé et rythmé que le nu metal, et d’autant plus à l’aune des hybridations qu’il peut proposer. Touches trip hop par-ci (« Because I Let You »), instrumentations orientales par-là (« Never to Return ») et synthétiseurs éthérés (« Pandemonium ») expriment tout à la fois la mélancolie et l’universalité de l’expérience du temps que rien ne peut rattraper.

 

Du même coup, chaque break prend la forme d’une suspension aussi reposante que jouissive, parcourue de touches synthétiques enveloppantes, à la limite du mystique. M’étonnerait qu’Infected Rain ait cherché à se donner de faux airs métaphysiques, pour autant la structure de leurs tracks ne cherche pas moins à dégager une certaine philosophie, ou à tout le moins une émotion certaine. La voix caverneuse de Lena Scissorhands se fait volontiers plus douce et mélodieuse, à l’instar de « Lighthouse », sans abandonner son scream puissant (« Vivarium »).

 

Entre Jinjer et All That Remains, entre Walls of Jericho et Abandon All Ships, Infected Rain propose une fulgurance de nu metal modernisé par petites touches électroniques et atmosphériques pour enrichir son expérience d’écoute. Parfois trop linéaire (« Paura »), parfois quelque peu poussif sur leur construction (« Game of Blame »), un peu trop souvent sirupeux (notamment sur la balade « A Second or a Thousand Years » en guise de touche finale, là où un final plus mélodique aurait constitué un magnifique point d’orgue), Time n’en conserve pas moins une réelle prestance. Ne serait-ce que grâce à une modernisation très efficace du style du groupe, un virage bienvenu pour l’enchaînement infatigable de ses tournées.

photo de Aldorus Berthier
le 04/03/2024

3 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 04/03/2024 à 11:17:31

Que vient faire WOJ dans ce bateau à rames (je parle du groupe) ? J'appelle de suite mon avocat !

Aldorus Berthier

Aldorus Berthier le 05/03/2024 à 08:36:47

La marine c'est un petit métier ; les galériens y sont souvent dans le même bateau !

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 05/03/2024 à 11:16:18

En effet mon capitaine mais là on frise la mutinerie.

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