Iskra - Bureval

Chronique mp3

chronique Iskra - Bureval

Iskra (nom du journal du Parti social-démocrate ouvrier russe, ou P.O.S.D.R., traduisible par L'Étincelle et qui paraît du 11 décembre 1900 au 8 octobre 1905) naît en 2002 à Victoria en Colombie-Britannique. Avec ce combo, ses membres ont cherché à créer une musique influencée par le Crust britannique et le son scandinave des débuts du Black Metal. Bien que le terme Blackened Crust fut plus ou moins inventé par le groupe Black Kronstadt dans les années 90, Iskra devint rapidement un fer de lance du genre.

Lyriquement parlant, le groupe fustige généralement les dérives des État et met l'accent sur l'importance du pouvoir de la culture pour mener à bien des projets libertaires. Il évoque également les guerres passées et leurs cortèges d'atrocités fomentés par les tyrans de tout poil. D'autres textes sont plus obscures, créant une espèce de poésie lugubre.


Pendant dix ans, la musique du groupe évolue drastiquement pour se définir actuellement comme du Metal anarchiste.
À l'automne de 2012, Iskra fête son dixième anniversaire avec une tournée européenne, en effectuant 45 dates, dans quatorze pays à travers toute le continent. Une tournée célébrée par une démo de très bonne qualité, sortie la même année.

 

Pour être franc, les débuts du combo très criards ne m'avaient pas laissé un souvenir impérissable mais Bureval, précédant de trois ans leur dernière sortie évoquée plus haut, change radicalement la donne.

Au premier abord on pourrait penser qu'un vieux BM moisi raisonne dans nos esgourdes mais il faut s'intéresser d'un peu plus près à la composition des morceaux pour distinguer des petits détails vicelards qui élèvent Iskar bien au-dessus d'un bande de pandas lambda, même poloniais. En effet, Iskra tire maintenant également vers la sauvagerie Grind et l'opacité Death tout en conservant un grain de son propre au Crust.

Après cet aperçu succinct, passons maintenant aux détails.

En premier lieu, le chant de la donzelle évoque une sorte d'Amy Miret atteinte d'un cancer de la gorge. D-War est le surnom de la gisquette en question. Un pseudo parfaitement raccord avec la méchanceté déployée par ses coreligionnaires musiciens. En effet, tout semble concourir ici pour la palme des Gros Véner remise au Festival de Crâne.

Le batteur ne ralentit jamais le tempo ultra rapide de chaque morceaux, mise à part peut-être sur le titre éponyme de l'album, soutenu en cela par une basse très présente et métallique, parfois en slap. Cette section rythmique, associée aux riffs façon scie et gouine, participe au maelstrom général, nous berçant ainsi dans les ronces et la boue. Si un aspect chaotique se dégage de l'ensemble des compos, des structures sont pourtant redondantes sur certaines pistes de l'album tel ces arpèges étouffés et vicieux sur "Okhrana". Cela permet de conserver des points de repère, si vous êtes comme moi, plutôt terre à terre, à tous les niveaux.

Mais, le groove de la Mort n'est pas absent pour autant comme sur l'intro de "Okeanos" ou les breaks de "80 000".

Le son est sec comme un coup de trique de bouc, froid comme la semence d'un pendu, participant ainsi à l'ambiance mortifère de la plaque, très BM oldschool pour le coup.

 

Alors, si le son de l'Art Noir (lol) vous flatte parfois les esgourdes, si le fumet nauséabond du Metôl De La Mort vous titille les naseaux, mais que vous trouvez les imageries liées aux genres plutôt rigolotes, foncez sur Iskra.

 

Pas de blague avec eux.

 

photo de Crom-Cruach
le 13/10/2013

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