Månegarm - Fornaldarsagor

Månegarm - "Fornaldarsagor "
chronique Månegarm - Fornaldarsagor

Quand on cause Viking Metal, l'ignorant débutant pensera à Amon Amarth, le reître vétéran, lui, causera de MÅNEGARM.

 

Désormais réduits à trois loups carnassiers (dont deux membres fondateurs), les Suédois synthétisent parfaitement, avec ce neuvième album, l'évolution notablement mélodique de leur dernière plaque, le très bon éponyme, et de leurs racines plus brutales.

Car depuis ce qui reste pour moi leur apogée, l'album Nattväsen datant de 2009, jamais les Suédois n'avaient fait démonstration d'autant d'inspiration. (Bon j'avoue, la première place de leur discographie est aussi trustée par l'excellent Vredens Tid de 2003).

 

Exécuté avec une passion et une classe bluffante, Fornaldarsagor demeure d'une fidélité absolue au style du groupe depuis ses débuts en 1995 tout en développant un équilibre au poil de barbe, entre passages bastons et moments d'accalmie.

"Sveablotet", le morceau d'ouverture, traitant de la christianisation de la Suède, s'impose d'entrée comme maître étalon. Le titre souffle ainsi un vent de sauvagerie contrebalancé par des leads mélodiques et un break en forme de complainte. Le Pagan Black des origines se mêlent alors aux accents heavy qui trouvaient une place d'honneur au banquet de 2015.

Le Speed Metal vindicatif de "Hervors Arv" est construit grosso modo sur la même structure sans pour autant qu'on y voit une redite.

 

Car chaque morceau possède sa petite touche perso. Pour "Slaget vid Bråvalla", ce seront les chœurs guerriers et le chant très agressif d'Erik, avec un refrain qu'on se surprend à siffloter au rayon fruits & légumes. Un rythme parfait pour le récit d'une bataille… au supermarché.

La power ballade (comme on disait dans l'Ancien Temps)"Ett sista farväl", impose sa mélancolie et sa touche féminine au chant. En duo avec Erik, l'effet avait déjà fait mouche sur l'album précédent. Pour "Spjutbädden", ce sera la lourdeur, et le chant très rauque suivi par la ligne de violon qui le mettra en avant.

Car si les aspects folks sont moins présents que dans le passé, ils parsèment toujours la musique des Suédois comme une composante indispensable. En témoigne encore le finalement assez dispensable "Krakes Sista Strid". Månegarm semble un peu en roue libre sur ce titre même s'il demeure très agréable à écouter.

"Tvenne drömmar" paraît aussi trop facile car finalement très similaire à "Hervors Arv". Mais son refrain encore une fois très efficace, hisse le morceau au-dessus de la mêlée d’une bonne tête casquée.

L'acoustique "Dödskvädet" se fait par contre particulièrement accrocheur. Pas de putasserie avec les Suédois pour le coup, depuis leur EP purement folk, Urminnes Hävd – The Forest Session (2006). l'exercice est bien rodé.

Une petite surprise se niche aussi en neuvième position avec une reprise  Live de Motörhead, le bien nommée "(Don't Need) Religion" issu d'Iron Fist.

 

Fornaldarsagor n’innove pas.

Mais dans un genre balisé et gavé de formations sans intérêt, il est un phare dans la nuit, une lueur d'espérance dans un océan de déception, le hareng sauce airelles qui redonne espoir. 

photo de Crom-Cruach
le 17/07/2019

0 COMMENTAIRE

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements

  • BLACK BOMB A + Dagoba + Mugslug au Séchoir (L'Atelier À Spectacle) le 12 octobre 2019