Månegarm - Legions Of The North

Månegarm - "Legions Of The North"
chronique Månegarm - Legions Of The North

Il en va de la musique comme de la pègre : quand le boss est en vacances (ou en tôle), les sous-fifres se précipitent pour briguer sa place, souvent sans le moindre talent, n'arrivant qu'à semer la pagaille et la discorde.

Pour ma première chronique dans le genre, je me suis attaqué au retour du Capo di tutti i capi : j'ai nommé Månegarm, le loup qui dévore la Lune (aussi nommé Hati dans la mythologie scandinave).

 

Månegarm se forme par la réunion de trois amis de Norrtäjle (un bled de Suède), en 1995. Après avoir joué dans différentes formations, ils décident de créer leur propre horde, avec comme but de jouer un Metôl aussi boeuf et primitif que possible, en utilisant le suédois comme langage.

Commençant leur carrière en pratiquant un BM de cave, les Suédois ajoutent rapidement des touches Folk et Heavy dans leur potion magique pour accoucher enfin, en 2005, d'un album qui deviendra bientôt un maître étalon du genre :Vredens Tid (l'âge de la fureur).

Pour la sortie de leur EP accoustique, Urminnes Hävd – The forest session (2006), ils utiliseront de nombreux instruments traditionnels : tambours, djembé, guimbarde, flûte, violons, guitares acoustiques, des choeurs et des voix claires masculines et féminines. Certains de ces éléments deviendront, rapidement, leur marque de fabrique.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, un mot sur la belle pochette de l'album. Hel, fille de Loki et déesse du monde des morts y apparaît, triomphante, encadrée par le loup Fenrir et le serpent de mer Jörmungandr (ses frangins un peu soupe au lait) avec au premier plan des Berserkir, les guerriers fauves d'Odhinn.

Nous ne sommes donc pas dans le monde des joyeux pochtrons de Korpiklaani, des mignonnes baudruches d'Amon Amarth ou des bardes roses bonbon d'Ensiferum.

 

En quelques minutes d'écoute, je retrouve, avec plaisir, le style inimitable de Månegarm, soufflant une brise délicate ou un fort vent du Nord dans un mélange toujours mélodiques mais sans jamais tomber dans la mièvrerie où se complaisent trop souvent des groupes en bout de course.

Månegarm n'innove peut-être en rien mais sans jamais se caricaturer ni s'auto-parodier, les Suédois dirigent fièrement leur herskipp (Cobra, bannis-moi drakkar de ton vocabulaire).

En effet, dans l'océan soporifique des sorties Viking-Folk-Metal-Pouêt-Pouêt-En-Kilt, le dernier Månegarm apparaît comme une bouffée de testostérone balayant la concurrence en un morceau.

 

Car dès "Legions Of The North", une rythmique et un beuglement typiquement Black vous assène un grand coup de Mjollnir derrière les oreilles. C'est rapide, viril et diablement efficace. Le break au violon associé aux chœurs vient adoucir le propos mais un instant seulement. Les Månegarm savent, qu'après trois années de silence, il s'agit de poutrer la face du païen, de le scotcher à son casque pour qu'il attende la suite, le pagne hérissé, la hache brandie.

Même si l'intro de" Eternity awaits", très Folk Metal à la mode, augure d'une baisse de régime immédiate, le chant barbare à souhait rassure le bourrin qui ne sommeil jamais longtemps en nous. La double n'est jamais loin et force est de constater que le batteur abat un boulot dantesque, à la fois vindicatif et tout en nuance.

"Helvegr" propose un intermède rapide, typiquement folk, permettant de reprendre son souffle quelques secondes avant de se prendre "Hordes Of Hel" dans le plastron. Lourd et lugubre, son mid-tempo écrasant est renforcé par des lignes de violon particulièrement sinistres. Les envolés lyriques de chant manegarmien sont ici parfaitement placées sans jamais se la jouer et même les oooh oooh oooh de rigueur sont juste au poil.

Je pourrai continuer jusqu'à la fin de la tracklist à vous détailler la furie musicale habitant cet album, le puissance épique de chacun de ses morceaux, leur juste dosage entre violence et parfois mélancolie. Mais je n'arriverais au final qu'à me répéter et à employer encore et encore les mêmes superlatifs.

 

Ainsi, la bête est de retour après son exil volontaire. Les prétendants au trône baissent la tête et courbe l'échine de peur de subir le juste courroux de ses légions. Que les Ases et les Vanes tremblent devant les pouvoirs du fils de Fenrir.

photo de Crom-Cruach
le 05/07/2013

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