Mastervoice - Avalanche

Chronique CD album

chronique Mastervoice - Avalanche

Top, le premier titre de l’album, "Avalanche" accroche direct. Instrumental bien maîtrisé, direct et incisif, des accroches guitare avec des « hammer » et des « pulling off » (c’est du langage de musicien qui se la joue) pour des mini mélodies dissonantes que l’on retrouve dans les morceaux math-rock ou de groupes noise intru en général (les très bons Room 204 et Papaye de Nantes comme exemples). Du coup on est sur une structure « classique » de chanson des genres précités : passage court qui tabasse – passage court qui tabasse un peu plus en boucle – passage posé parce qu’on a un cœur avec des sentiments dedans alors on fait couler un arpège (cf. "Nothing Else Matters" de qui vous savez) – passage court qui tabasse bis – passage court qui tabasse plus en boucle bis – et puis voilà. Et c’est très bien tout ça ! Mégatop, je lis qu’il n’y a pas de guitare créditée sur le disque ! Ce serait donc la basse – à l’instar des Gâtechien -  qui arriverait à assumer tant les parties basses que guitare. Un bon point de départ quant aux capacités des deux musiciens de nous surprendre.

 

Pas top, dès le deuxième morceau, "One Day For Nothing", alors que le premier avait foutrement bien réussi son rôle d’ouverture, arrive une voix, un chant, que dis-je, des mots sur des lignes mélodiques. Et là, pas que ce soit vraiment raté – bien qu’un peu monocorde - mais grands dieux, que cette façon de chanter et ce son de voix sont typés ! Typé punk rock mélodique, aka. emo français des fin 90-début 2000. Paf, flash-back, retour sur les terres des Seven Hate, des Uncommonmenfrommars du début et autres Seconde Rate. L’arrivée de cette voix mène nos deux bonshommes, car c'est bien d'un duo qu'il s'agit,  à revenir vers une structure « bateau » pour leurs morceaux : intro – couplet – refrain – couplet bis – break – refrain bis – outro. C’est beaucoup plus prévisible, beaucoup moins excitant, et surtout, c’est dommage… Alors certes, comme le disent beaucoup de musiciens, le « poum – poum – tchak » du duo instrumental a ses limites, mais c’est quand même bien dommage que Mastervoice n’ait pas orienté un peu plus dans cette direction au lieu de se conforter pour la majorité du disque dans cet emo impersonnel. Surtout que sur plusieurs passages (intro du 7e titre, "Noise Gate", millieu du 8e, "Fire Power" comme exemples), si on n'écoute que la partie musicale du morceau, il y avait moyen qu’ils aillent au-delà des limites du format « chanson ».

 

Au final, mi figue, mi raisin, je reste sur mes attentes et on verra quel parfum ils choisiront pour la suite.

photo de R.Savary
le 20/02/2012

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