Monster Magnet - Mastermind

Monster Magnet - "Mastermind"
chronique Monster Magnet - Mastermind

Monster Magnet en 2010, est-ce bien utile ?

Pour ceux qui ont vidés leurs bongs au son de Dopes to Infinity (1995), il y’a fort à parier que le groupe n’évoque plus rien ou tout au plus un intérêt poli. Pour les aficionados (oui), le monstre est de retour. Objectivement, la vérité se trouve comme toujours entre les deux.

 

Première demi-surprise, c’est toujours le lourdaud logo (botoxé !) qui sert d’artwork et donc d’accroche à cette cuvée 2010. Ah, cela va en faire fuir plus d’un. Dur à imaginer, qu’un groupe de la trempe des jerseyiens n’a même pas eu l’élémentaire politesse de nous gratifier d’une pochette digne de ce nom. Autre enseignement, deuxième demi-surprise si vous voulez, Dave Wyndorf affiche un visage plutôt serein sur les photos de presse, un rictus malin, les flammes vacillent à nouveau dans son regard. C’est le souci avec les groupes Disney – comprenez, ceux qui sont « people » - c’est que l’on s’attache aux détails, à la forme avant le fond.

 

Monster Magnet est devenu un peu –fashion- le jour où Wyndorf, grand ordonnateur en chef, a déclaré vouloir la libération des drogues dures tout en vendant ses titres à des franchises comme Matrix ou WWE Catch Raw. Il a levé un tollé d’indignations dans le chef de la guilde des bien-pensants – Tipper Gore – en tête, tout en  froissant une partie de son public avide de rock dur et psychédélique. Wyndorf connu donc un passage à vide (comme ses seringues) durant la décennie écoulée, le monstre magnétique délivrant ça et là des disques poussifs, peu inspirés, véritables parodies des œuvres antérieures. Difficile de succéder à la flamboyante trilogie Superjudge – Dopes to Infinity- Powertrip. Oh rien de mal fait, même que le riffeur en chef des Atomic Bitchwax  (power trio garage impeccable) s’est acoquiné à la bande du Dude pour muscler le tout sans réussir toutefois  à sauver les compositions fadasses du monstre de moins en moins magnétique. On a beau consulter son Hawkwind pages après pages quand ça ne prend pas, ça ne prend pas.

Nous sommes chez Disney, vous ai-je dit, oui c’est ici qu’arrive le happy end. Après une décennie de fixettes, cures, postcures, sevrages,  la bête est de retour. Mastermind qui égaie cette fin d’année 2010 est de loin une des meilleures sorties du combo depuis… le siècle passé.

 

Je vous le dit tout net, j’ai tapé du pied en opinant du chef plus d’une fois en écoutant le disque, savant mélange de riffs catchy, de mélodies évidentes, de rythmes massifs et… cette voix juste parfaite. Pas d’emballement non plus, des titres comme « ghost story », « Time machine » nous ramènent aux pires moments de leurs méfaits discographiques. Mais rien que pour le titanesque « Hallucination Bomb » qui ouvre le bal, ça vaut la peine. Titre avant-coureur, doom en puissance, vraie perle. La triplette d’ouverture est tout simplement un modèle dans le genre doom et psychédélique  que d’aucuns appellent le –Stoner Rock-. Du travail d’orfèvre, je vous dis, et on se plaît d’imaginer le groupe vêtu de longs manteaux en cuirs noirs face à de gigantesques ventilos, occupés de tourner leur clip dans le Titty Twister exhumé pour le coup. Les clichés ont parfois du bon, non ?

 

Comme toutes les productions, on a droit au produit redneck d’usage. Ici, il s’appelle « Gods ans Punks » et finira dans la playlist de la série Sons of Anarchy dans les plus brefs délais (gasp !).  Autre trio réussi « The Titan who cried like a bab », « 100 Million Miles”, “Perish in Fire” ; subtiles déclinaisons du genre Space-Rock. MM aurait du avoir le bon goût de s’arrêter là et ne pas vouloir remplir à tout prix les heures de studios.

Retour gagnant ? Loin de l’échec en tout cas.

photo de Eric D-Toorop
le 17/01/2011

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