Mustasch - Killing It For Life

Chronique mp3 (36:03)

chronique Mustasch - Killing It For Life

On se demande si les sons de cloche alarmants de « fin du monde » que l'on nous fout continuellement sous le nez n'ont pas trouver écho chez moult groupes depuis la seconde moitié 2019. Genre « Vite, le temps nous est compté, il faut qu'on donne tout pour sortir des trucs qui déchirent ». Et les claques n'ont pas manqué et ne semblent pas forcément se tarir tant 2020 réserve quelques croustillades alléchantes à venir.

 

Et puis, il y a les autres. Ceux qui s'en branlent total de tout ça. On continue notre bout de chemin sans se poser de questions sur ce qu'il adviendra demain. Et indubitablement, c'est le cas des cuir-Mustasch suédois qui nous a sorti un nouvel opus, Killing It For Life, en fin d'année dernière. Moins de deux ans de battement depuis le sympathique Silent Killer, c'est que ça ne mégote pas chez Mustasch. C'est qu'au final, s'ils s'en branlent du déclin de l'Humanité, c'est surtout parce qu'ils sont à fond dans l'ère capitalo-libéraliste. Toujours plus en toujours moins de temps donc. Sauf qu'on ne va pas se le cacher, on le voit bien assez dans le milieu professionnel : on arrive certes à du résultat en jouant la carte du flux tendu mais ça impacte grandement sur la qualité de service. Et donc, de la satisfaction client.

 

Killing It For Life en est une parfaite démonstration justement. Pas qu'il soit vilain, bâclé ou foutage de gueule comprenez bien. Juste qu'il ne revêtit d'aucun intérêt particulier. Mustasch nous fait une nouvelle démonstration de ce qu'il sait faire et comme les Suédois ont un beau bagage de compétences, le résultat ne peut être fondamentalement mauvais. La forme est là, le problème reste le fond : ça pue le disque écrit par automatisme. Inspiration, conviction, voilà ce genre d'étincelle que l'on cherche désespérément à la première écoute. En vain. Et comme l'on n'est pas des odieux connards expéditifs, on se dit que l'on finira bien par déceler quelque chose à force de se le relancer. Et rien n'y fait, on a beau lancer encore et encore ce nouvel opus et tout rentre d'une oreille pour ressortir de l'autre. Ni de riffs ou autres refrains ne s'impriment réellement dans les esgourdes. On ne s'en agace pas, le fond sonore n'étant pas désagréable, juste qu'on s'en désintéresse aussi vite qu'on le lance. Pour un groupe jouant dans une cour où prime la simplicité et l'efficacité, se dire que cela ne fait ni chaud ni froid qu'ils jouent ou non une partie de cette nouvelle sélection de morceaux au cours de leurs prochains concerts, ça la fout mal.

 

Bon, allez, j'exagère, il y a peut-être « What Is Wrong » et son petit côté heavy punk qui donnera bien envie de se bouger dans la fosse. Pour le reste, hormis quelques autres moments plus costauds entre heavy, punk et rock'n roll mais terriblement convenus (« Ransacker », « Where Angels Fear To Tread »), on se situe pas mal dans le mid-mou (« Go To Hell »), voire carrément sirupeux (« Before A Grave »). Même aller lorgner vers les premiers Queen pour un « Freddy Mercury » hommage ne donne aucune espèce d'émotion. Bref, on laisse couler tout ça et pendant que le disque se déroule, on réfléchit à ce que l'on mettra ensuite pour se sentir (enfin) concerné. Mais sans trop se montrer hésitant non plus, c'est que ça file plus vite qu'on ne le pense 36 minutes. Oui, c'est qu'au moins, Mustasch est bon prince, il est peut-être en mode OSEF, il ne nous fait pas perdre trop de temps non plus. C'est déjà ça...

photo de Margoth
le 05/03/2020

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